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Les communiqués de presse Act Up-Paris
(Deuxième trimestre 99)


 

  • Communiqué de presse 30 juin 1999 : PaCS : la trahison continue
  • Act Up-Paris dans le monde daté du 26 /06/99 : Votre vie privée contre la nôtre
  • Communiqué de presse 15/06/99 : M6 Proxénète
  • Communiqué de presse 14/06/99 : La lenteur des organismes de santé publique et l'indifférence de l'industrie pharmaceutique compromet la santé de 10% des séropositifs pour lesquels plus aucun médicament n'est efficace.
  • Communiqué de presse du 07/06/99 : Substitution en prison : les usagers de drogues sont en danger
  • Communiqué de presse du 02/06/1999 : L'Agence Nationale des Produits de Santé, par son inertie, retarde l'arrivée de nouvelles molécules en France
  • Communiqué de presse 01/06/99 : Un vrai comite sur l'assurabilite des personnes atteintes par le vih?
  • Communiqué de presse 28/05/1999 : La " Boutique " de la rue Beaurepaire doit rester ouverte
  • Communiqué de presse 6/05/99 : Procès en appel des opposants à la loi de 1970
  • Communiqué de presse 3/05/99 : santé en prison ou mourir pour une douche
  • Communiqué de presse 29/04/99 : Aubry brade la C.M.U aux assureurs
  • Communiqué de presse interassociatif du 7/04/99 : assurance et VIH.
  • Communiqué de presse 07/04/99 : PaCS : victoire amère pour les séropos
  • Communiqués de presse du premier trimestre 99
  • Communiqués de presse du quatrième trimestre 98
  • Communiquse presse du troisième trimestre 98
  • Communiqués de presse du deuxième trimestre 98
  • Communiqués de presse du premier trimestre 98
  • Communiqués second semestre 97

  • Communiqué de presse 30 juin 1999  : PaCS : la trahison continue

    La démission des députés socialistes à l'Assemblée nationale le 9 octobre dernier n'aura pas suffi. Après 9 mois de débats sur la PaCS, au cours desquels le gouvernement Jospin a préféré se porter garant d'un "symbolique" que les couples homosexuels menaceraient, plutôt que de répondre aux attaques homophobes de la droite, l'adoption définitive du Pacte Civil de Solidarité prévue aujourd'hui vient d'être repoussée à l'automne.

    Si la droite sénatoriale peut s'enorgueillir de cette nouvelle injure faite aux homosexuels, comment ne pas voir la part que le gouvernement Jospin doit y prendre ? Comment ne pas mettre en doute la volonté politique de Lionel Jospin ? Les personnalités de gauche pouvaient bien s'afficher samedi à la Lesbian and Gay Pride sous le mot d'ordre " l'homophobie et pour le Pacs", le premier ministre a, depuis le début, montré son désintérêt pour un texte de loi, par ailleurs très insuffisant. Son incapacité à imposer le vote du PaCS dans le calendrier parlementaire en apporte une nouvelle preuve. Lionel Jospin fait comme s'il n'y avait pas d'urgence à ce que ce texte soit voté. Nous sommes des malades du sida et nous n'avons pas le temps d'attendre.
    A la rentrée parlementaire d'octobre, les députés devront adopter le Pacte Civil de Solidarité en dernière lecture. Act Up-Paris exige que le Gouvernement Jospin mette tout en oeuvre pour en assurer l'application dans les délais les plus brefs, et prépare d'ores et déjà son amélioration.
    Dans le cadre de la réforme générale du droit de la famille, le gouvernement Jospin devra prendre en compte des questions que le PaCS a soigneusement évitées : famille homoparentale, adoption, aide médicale à la procréation. Enfin le gouvernement Jospin devra encourager l'élaboration d'une loi contre l'incitation à la haine homophobe. Act Up-Paris exige que le gouvernement Jospin cesse d'ignorer les homosexuels et combatte enfin l'homophobie.



    Act Up-Paris dans le monde daté du 26 /06/99 : Votre vie privée contre la nôtre

    Délation, inquisition, pratique policière, terrorisme, totalitarisme, fascisme, etc. La presse n'aura pas manqué de vocabulaire pour dénoncer notre projet d' outing (révélation publique de l'homosexualité d'une personne) . Nous nous sommes déjà exprimés sur les raisons, peu morales en vérité, qui nous ont poussés à y renoncer. La question qui nous intéresse aujourd'hui et que personne, dans l'extase de l'indignation, ne semble vouloir se poser, est la suivante : comment se fait-il que l' outing puisse être une arme ? Comment se fait-il que l'annonce de l'homosexualité puisse même constituer une menace ?
    Tout ce que ces articles dénoncent, c'est une violence. Tout ce que ces articles évitent, c'est le ressort de cette violence. Pour considérer que l' outing peut nuire à celui qui en est l'objet, il faut considérer soit que l'homosexualité est infâme, soit que sa révélation est dangereuse. Ceux qui s'indignent pressentent donc, sans vouloir l'analyser, la pression sociale que subissent les gays et les lesbiennes. Ils prêtent à l' outing une violence qui lui préexiste : celle qui oblige, par exemple, un député homosexuel à se laisser insulter par son électorat dans la rue et par ses collègues à l'Assemblée. Qui l'oblige à entendre, comme nous, les rêves de cendres des manifestants anti-PACS : « sales pédés, brûlez en enfer » ou « les pédés au bûcher ». Et à entendre, mieux que nous, le petit bestiaire illustré de certains députés : les homosexuels comparés à des « animaux de compagnie » (François Vannson, RPR) ou à des « zoophiles » (Jacques Myard, RPR), voués à signer leur PACS dans les « services vétérinaires » (Dominique Dord, UDF) ou à être « stérilisés » (Pierre Lellouche, RPR). Sans pouvoir riposter.
    Ce silence imposé, nous le connaissons bien ; et pour en avoir fait l'expérience à un moment ou à un autre de notre vie, nous savons bien qu'il ne s'agit pas là de l'exercice d'une liberté. A ce titre, parce que nous partageons avec ce député une épreuve de l'adversité, l' outing est plus sympathique, au sens propre, que l'invocation effarouchée du « respect de la liberté individuelle ».
    Ne soyons pas hypocrites, néanmoins. Si la violence de l' outing n'est pas dans l' outing, il n'en possède pas moins une cruauté propre : celle de donner des noms. C'est probablement cette « forme suprême de franchise » qui a conduit nos détracteurs, raidis d'effroi, à traiter d'inquisitoriale une association qui refuse qu'on promette impunément le bûcher aux pédés, et de « fascisant » un groupe qui porte le triangle rose. Et pourtant, l'impossibilité de nommer est au coeur du problème.Aucun de nos détracteurs ne s'est en effet interrogé sur cette embarrassante dissymétrie du droit : il n'est pas possible de dire d'une personne qu'elle est homosexuelle, en revanche il est possible de dire des homosexuel(le)s qu'ils sont des animaux. Il y a quelques années, le tribunal correctionnel de Strasbourg, suivi par la cour d'appel de Colmar, a ainsi jugé irrecevable l'action en diffamation intentée par des homosexuel(le)s contre un évêque qui avait déclaré : « Je respecte les homosexuels comme des infirmes ; mais s'ils veulent transformer leur infirmité en santé, je dois dire que je ne suis pas d'accord. » Les plaignants furent non seulement déboutés, mais obligés de verser des dommages-intérêts au prélat pour procédure abusive, l'insulte en question n'ayant pas été proférée contre une « personne nommément visée ou un corps constitué » (cour d'appel de Colmar, 27 juin 1983).
    Si nous assumons pleinement la violence nominale de l' outing, c'est précisément parce que, en l'état actuel des lois, on peut tout dire des gays et des lesbiennes, sauf leurs noms : tant qu'un délit d'incitation à l'homophobie ne sera pas institué, il sera possible de nous insulter tous sans insulter personne.
    L'hypothèse de l' outing, vérifiée par l'indignation qu'il a suscitée, est qu'une défense effarouchée de la vie privée s'accommode fort bien d'une homophobie ordinaire, pourvu qu'elle soit générique. Les deux discours peuvent d'ailleurs être tenus par la même personne. Emmanuel Le Roy Ladurie peut ainsi, sûr de son bon droit, nous accuser d'être les nouveaux délateurs quelques mois après avoir affirmé que « le fait de confier des enfants à des couples homosexuels masculins (...) ne manquera pas d'accroître encore les risques pédophiliques qui sont déjà en plein essor » ( Le Figaro du 19 octobre 1998). Il peut ainsi insulter les homosexuel(le)s sans risque - ni médiatique ni juridique -, tant que l'objet de son insulte reste abstrait.
    Cette préférence du générique sur l'incarné, des catégories sur les individus, n'est pas le monopole des réactionnaires manifestes. Elle structure un ensemble de discours parascientifiques - psychanalytique, anthropologique, sociologique, juridique, etc. - qui, sous le régime douteux de l'expertise bienveillante, n'hésitent pas à juger nos vies. Irène Théry peut ainsi écrire sans sourciller que nos désirs de coparentalité relèvent d'une « régression biologisante » ( Le Monde du 25 novembre 1997), voire - elle cite Pierre Legendre - d'une « conception bouchère de la filiation » (note de la Fondation Saint-Simon, no 91, octobre 1997), tout en s'indignant de « l'ignominie » de l' outing.
    On pourrait se moquer de ces discours d'experts, s'ils ne trouvaient pas un écho dans les politiques publiques. L'épidémie de sida nous l'a appris. D'un côté, une épidémiologie très officielle nous catégorise dans les « groupes à risque ». De l'autre, des gouvernements refusent des campagnes de prévention spécifiquement adressées aux minorités par peur de la « stigmatisation » ou pour « ne pas faire la promotion de l'homosexualité ». Nous avons de trop bonnes raisons d'être à la fois rétifs à la prise en charge publique de nos vies privées, et sceptiques face à toutes ces précautions prises pour ne pas les exposer au grand jour.
    C'est le fond du problème. En matière de vie privée, l'Etat n'a jamais été un allié. Nous appartenons, avec d'autres, à ces populations dont la vie privée, loin d'être « protégée », est l'objet d'intrusions fréquentes de la part des administrations : malades du sida contraints, pour conserver l'allocation adulte handicapé, de faire état de leurs sensations physiques les plus menues (fatigues, troubles nerveux, etc.) ; homosexuel(le)s obligé(e)s de subir une enquête de moeurs menée par les DDASS pour accéder au droit pourtant reconnu à l'adoption individuelle ; allocataires du RMI soumis aux « visites domiciliaires » des contrôleurs des Caisses d'allocations familiales ; sans-papiers tenus, pour obtenir un titre de séjour, de produire les preuves - et le détail - de leur « vie privée et familiale », etc.
    Il a bien fallu résister à cette « volonté de savoir ». D'abord individuellement, avec de petites stratégies de résistance : mentir, dissimuler, tricher, pour obtenir ou conserver de simples moyens d'existence. Puis, collectivement, avec plus d'assurance, puisque la puissance publique s'autorise un savoir sur nos vies privées, nous avons été obligés de mettre nos vies privées sur la place publique. Nous appartenons, à ce titre, à un plus large mouvement de visibilité : depuis quelques années, les populations soumise à ces petits contrôles d'Etat se mobilisent sur le mode de la sortie de l'ombre.
    Si nous nous sommes exposés en tant que séropos, pédés ou gouines, comme d'autres s'exposent en tant que chômeurs, précaires ou sans-papiers, c'est que l'épidémie de sida ne nous en a pas laissé le choix : puisque la vie privée d'un malade se lit sur son visage, nous avons été obligés d'affronter familles, employeurs, assureurs ou administrations pour obtenir les droits adéquats à nos vie et interdire qu'on statue sans cesse sur elles, de haut - pour inverser les forces qui nous maintiennent dans un « privé » où il est commode de nous gouverner. L' outing s'inscrit dans cette stratégie d'occupation, avec des visages et des noms, d'un espace public habitué à parler de nous sans nous.
    Visiblement, le tracé de la frontière public-privé n'est pas le même pour tous, en droit comme en fait. A cet égard, l' outing est une stratégie de pauvres. Pauvres en droits, là où d'autres sont mieux lotis : la vie privée qui préoccupe tant nos détracteurs, c'est celle des personnages publics, bien protégée par la loi. Le paradoxe de l' outing, c'est qu'il est un moyen de défense de nos vies privées - auto-organisé, puisque l'Etat ne nous en garantit pas d'autre. Même suspendu dans son exécution, nous parions sur son efficacité.

    Ce texte a été rédigé par des militants d'Act Up-Paris. Le Monde daté du samedi 26 juin 1999



    Communiqué de presse 15/06/99 : M6 Proxénète

    L'émission Zone Interdite intitulée " La filière Equatorienne " diffusée sur M6 dans la semaine du 06 au 11 juin a, une fois de plus, été l'occasion de mises en scène sordides sur les transsexuel(le)s et les prostitué(e)s. Ne relevant que du journalisme à sensation, cette émission a non seulement laissé des policiers développer un discours dangereux et criminalisant pour les transsexuel(le)s et l'ensemble des séropositifs, mais s'est également fait l'écho, sous prétexte d'apitoiement, de théories totalement discriminatoires envers les travestis et les transsexuel(le)s.
    Un policier : " Cette fille là, elle est séropositive ... mais grave! .... D'ailleurs, ça fait 8 ans qu'elle est malade ". Le même : " On met des gants parce qu'on peut se faire mordre ..... quand on mène une opération où on a 80% de séropositifs, il faut prendre des précautions .... ce sont des actions à risques ".
    Le présentateur au responsable de l' O.C.R.T.E.H. : " Cette fille, d'après un de vos hommes, est atteinte du sida. On se demande pourquoi la police intervient si tard. Elle risque de contaminer beaucoup de clients. "

    Les transsexuel(le)s et les travestis sont les cibles faciles du journalisme bas de gamme. Cette fois, non seulement cette émission n'aide en aucune façon à lutter contre la discrimination, mais elle en accentue les dangers, en répandant des propos criminels devant des millions de téléspectateurs.
    De plus, rien n'est jamais vraiment dit de la transsexualité. Pour le présentateur qui le rappelle à plusieurs reprises, on n'est transsexuel(le) que par misère sociale. Et c'est d'ailleurs pour éviter qu'un autre discours puisse être tenu qu'on interdit au P.A.S.T.T., association spécialisée dans la prévention auprès des transsexuel(le)s et des travestis, de participer et donner son point de vue.

    Pour Act Up-Paris, ce reportage encourage une triple condamnation : des transsexuel(le)s, des prostitué(e)s, des séropositifs.

    Si M6 n'a rien d'autre à montrer des transsexuels et des travestis que ce type d'image méprisante, misérabiliste, moralisante et discriminatoire, si M6 ne s'intéresse aux transsexuel(le)s que pour faire du chiffre, elle ferait mieux de ne plus en parler.

    Act Up-Paris condamne vigoureusement cet encouragement à la discrimination des transsexuels, à la condamnation de la prostitution et à la criminalisation de la contamination par le virus du sida.
    Act Up-Paris exige que la chaîne M6 accorde un droit de réponse au P.A.S.T.T. et aux autres associations de transsexuels.




    Communiqué de presse 14/06/99 : La lenteur des organismes de santé publique et l'indifférence de l'industrie pharmaceutique compromet la santé de 10% des séropositifs pour lesquels plus aucun médicament n'est efficace.

    D'après les chefs des services spécialisés dans l'infection à VIH, entre 5 et 10% des séropositifs ne répondent plus aux traitements antirétroviraux. Ils sont donc à peu près 8000 que leur système immunitaire ne protège absolument plus d'éventuelles infections opportunistes, du fait d'un taux de CD4 extrêmement bas ; certains ont d'ores et déjà développé des affections graves : tuberculose, pneumocystose, toxoplasmose, CMV, candidose sévère. La résistance du virus aux traitements actuellement disponibles sur le marché français est la cause principale de ces échecs thérapeutiques très préoccupants.
    Plusieurs nouveaux médicaments américains, dans des phases avancées de développement, présentent un intérêt pour ces malades lourdement prétraités ; il s'agit de molécules ayant fait l'objet d'études sur l'homme, et pour certaines (comme l'ABT 378 des laboratoires Abbott) sur le point d'être introduites dans le cadre d'essais cliniques en France. Deux ou trois de ces nouvelles molécules devraient ainsi pouvoir être simultanément mise à la disposition des séropositifs en échec thérapeutique. Mais le système actuel d'accès précoce aux nouveaux médicaments est soit trop lent, soit trop sélectif, soit indifférent.
    Trop lent, c'est la critique que l'on peut faire au dispositif d'Autorisation Temporaire d'Utilisation mis en place pas l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, qui octroie les nouvelles molécules tardivement et de manière trop espacée dans le temps, alors que ces produits doivent au contraire être prescrits simultanément.
    Trop sélectifs, c'est le cas des essais cliniques organisés par l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida dans le cadre desquels sont proposés certains nouveaux médicaments : le nombre de patients recrutés par ces essais est limité, d'autant plus que les critères d'inclusion peuvent parfois en exclure les personnes en échec thérapeutique.
    Indifférente, c'est l'attitude de l'industrie pharmaceutique, qui, le plus souvent, n'ouvre ses essais cliniques qu'aux personnes naïves de tout traitement, afin d'optimiser ses résultats.
    La rémission accordée par l'arrivée des antiprotéases, il y a quelques années, est dorénavant révolue. De nombreux malades régressent vers une situation qui rappelle l'époque précédant l'introduction des trithérapies. La situation est urgente, et ne peut plus se satisfaire d'un rythme routinier.

    Act Up-Paris exige que l'Agence des Produits de Santé, en collaboration avec l'ANRS et l'industrie pharmaceutique, élabore dans les plus brefs délais un système d'octroi compassionnel qui réponde efficacement aux besoins des personnes en échec thérapeutique.



    Communiqué de presse du 07/06/99 : Substitution en prison : les usagers de drogues sont en danger

    La loi de 1994 est claire : les détenus doivent bénéficier d' "une qualité et une continuité de soins équivalentes à celles offertes à l'ensemble de la population "
    Les circulaires ministérielles sont claires  : en cas d'incarcération, les usagers de drogues sous traitement de substitution doivent pouvoir bénéficier de la poursuite de leur traitement (circulaire du 11 janvier 1995) ; les médecins psychiatres en milieu pénitentiaire doivent être associés au suivi de la politique de substitution (circulaire du 31 mars 1995) ; les équipes des Unités de Consultation et de Soins Ambulatoires (UCSA) et des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (SMPR) doivent coordonner leur action pour répondre aux besoins des personnes incarcérées (circulaire du 3 avril 1996) ; les traitements de substitution par la Méthadone ou le Subutex peuvent être poursuivis ou initiés en détention (circulaire du 5 décembre 1996).
    Sur le terrain, l'incohérence est totale :

    On peut traduire sans peine : les usagers de drogues incarcérés sont pour la plupart sevrés d'office - qu'ils soient ou non sous traitement de substitution lors de leur entrée en prison. A la privation de liberté viennent s'ajouter crises de manque et effets dépressifs massifs des sevrages. Or, on le sait maintenant, les sevrages de Subutex ou de méthadone sont beaucoup plus violents et mal vécus que les sevrages d'héroïne. Ils ont des effets dépressifs graves. Encore une fois la prison met en danger la santé des détenus. Où est passé le " devoir d'ingérence humanitaire " de Bernard Kouchner ?

    Les usagers de drogues n'ont rien à faire en prison
    La prison est une réponse dangereuse à l'usage de drogues. Elle sanctionne des choix de consommations sans nocivité pour la société. Elle remet en cause les choix thérapeutiques faits par les usagers avant leur incarcération. Elle les expose à des contaminations. Elle met en danger les malades en les privant des conditions d'hygiène élémentaires.

    Une fois de plus, la logique judiciaire prend le pas sur la logique de soin
    L'épidémie de sida a pourtant contribué à le montrer : seuls les processus thérapeutiques librement consentis et choisis sont susceptibles d'efficacité. La prison vient contredire jusqu'à la liberté de suivre des traitements institués à l'extérieur. Elle remet en cause les choix des individus, comme ceux de leurs médecins. Elle fait régner sa loi ­ au mépris même de ses autorités de contrôle.

    Act Up-Paris exige :



    Communiqué de presse du 02/06/99 : L'Agence Nationale des Produits de Santé, par son inertie, retarde l'arrivée de nouvelles molécules en France

    Aujourd'hui, le 2 juin, 25 militants d'Act Up-Paris ont bloqué l'accès au bâtiment de l'Agence Nationale des Produits de Santé en s'enchainant aux portes d'entrée, empêchant ainsi le personnel de travailler. Cette action a eu lieu quelques jours après une réunion des associations de lutte contre le sida avec l'Agence sur le thème des personnes en impasse thérapeutique.

    Ils sont en effet entre 5 et 10 %, selon les chiffres fournis par plusieurs services hospitaliers, pour lesquelles la totalité des antirétroviraux actuellement disponibles sur le marché français sont parfaitement inefficaces : des intolérances violentes peuvent être en cause, mais aussi une mutation du virus, qui lui permet d'échapper aux traitements. Depuis le début de l'année, les associations de lutte contre le sida se sont efforcées d'intéresser l'Agence Nationale des Produits de Santé sur cette question qui concerne plusieurs milliers de personnes. Car plusieurs nouvelles molécules, certaines profilées justement pour les personnes lourdement prétraitées, ont été mises au point par des laboratoires, principalement américains, et ont déjà fait l'objet d'études cliniques  : l'Adefovir (Gilead), le PMPA (Gilead), le FTC (Triangle), le MKC442 (Triangle), l'ABT 378 (Abbott), le F-dda (US Bioscience), le Tipranavir (Pharmacia Upjohn), le T20 (Trimeris). Il s'agirait donc d'obtenir très rapidement, pour ces malades en échappement thérapeutique lourd, l'accès simultané à plusieurs de ces nouvelles molécules.
    Si l'Agence Nationale des Produits de Santé reconnaît enfin, en la personne de son président Jean-Michel Alexandre, que les associations soulèvent " un vrai problème ", les réponses qu'elle apporte à celui-ci sont dérisoires. A la demande des associations de lutte contre le sida, l'Agence a en effet mené un semblant d'investigation auprès des laboratoires qui produisent ces nouvelles molécules. Les données glanées sont ridiculement incomplètes et partiellement fausses ; elles témoignent de la mauvaise volonté de l'Agence à cet égard, ou pire, de son incompétence. Elles indiquent surtout que le dispositif lent et conservateur d'Autorisation Temporaire d'Utilisation n'est plus adapté aux réalités nouvelles, celles des personnes en échappement thérapeutique lourd.

    L'Agence des Produits de Santé doit remplir sa mission de santé publique. Dans cet esprit, Act Up-Paris exige :

    1. Que l'Agence prospecte de manière systématique en direction des traitements anti-VIH à venir (participation assidue aux congrès internationaux, dépouillement exhaustif de la littérature médicale, rencontre avec les laboratoires).
    2. Que l'Agence, de concert avec Agence Nationale de Recherche sur le Sida, mette en oeuvre un nouveau dispositif d'accès compassionnel à ces molécules, plus rapide que le système d'ATU actuel et moins discrimatoire qu'un essai thérapeutique classique.
    3. Que soit créée dans le cadre de l'Agence une cellule d'information qui prendra en charge la communication sur ces produits en direction des service hospitaliers.



    Communiqué de presse 01/06/99 : Un vrai comite sur l'assurabilite des personnes atteintes par le vih?

    Depuis sa création en 1991, la convention sur l'assurabilité des personnes atteintes par le VIH a montré toutes ses faiblesses et toute son inefficacité :

    Voilà donc des années que les malades du sida se trouvent en situation d'exclusion face à l'assurance alors que celle-ci est très fortement conseillée et rendue obligatoire de fait, dans de nombreux actes de la vie courante.
    Act Up-Paris persiste dans sa revendication d'un droit universel à l'assurance. Il est urgent d'offrir à toutes les personnes atteintes par le VIH des moyens d'accès à l'assurance (couvrant tout type de risque) et d'action contre les injustices commises par les compagnies à leur égard.
    La prise de fonction de M Belorgey à la tête du nouveau comité de suivi sur l'assurabilité des personnes séropositives est donc l'occasion d'une réelle mise en chantier d'un travail allant dans le sens d'une égalité de droit pour les personnes malades.
    Il ne peut donc s'agir d'une réactivation pure et simple d'une convention ayant échouée.
    Nous exigeons que le gouvernement, en concertation avec les parties concernées, prenne un ensemble de mesures permettant l'accès à tous au régime de l'assurance.
    C'est pourquoi Act Up-Paris exige :



    Communiqué de presse 28/05/99 : La " Boutique " de la rue Beaurepaire doit rester ouverte

    Après un an de demi-existence, la " Boutique " d'accueil pour toxicomanes de la rue Beaurepaire est promise à la fermeture.
    Une poignée d'opposants obtient de la DDASS, des élus du Xème arrondissement et du Ministère de la Santé le désaveu d'un projet qu'ils avaient eux-mêmes mis en place.
    Ce renoncement constitue un précédent grave pour les usagers de produits illicites et les structures qui leur sont destinées.
    Aujourd'hui les militants d'Act Up-Paris occupent la DDASS pour exiger le maintien de la " Boutique " dans ses missions d'origine.

    Depuis l'ouverture de la " Boutique " le 20 avril 1998, le trouble n'a pas été créé dans le quartier par les usagers qui la fréquentent, mais par les opposants à son existence.
    Permanences sur le trottoir, harcèlement quotidien, menaces téléphoniques, omniprésence de la police, les usagers de " drogues " se sont vus affubler des pires caricatures et priver des droits qui leur étaient offerts.
    Aujourd'hui les opposants obtiennent gain de cause : la DDASS et le gouvernement proposent de délocaliser la " Boutique " à la Gare du Nord.

    Cette décision est consternante. L'incohérence de la DDASS, la lâcheté du Ministère de la Santé et le silence des ténors de la " réduction des risques " ne le sont pas moins. A peine un an après avoir investi dans la réfection de locaux et la mise en place d'une équipe d'accueil, la DDASS range le dossier dans un tiroir. A peine un an après l'annonce d'une " ambitieuse politique de santé publique dans le champ de la toxicomanie ", Bernard Kouchner entérine une décision honteuse. L'Association Française de Réduction des risques, quant à elle, s'en tient à un silence coupable.
    Si la décision est maintenue, plus aucune " Boutique " d'accueil de toxicomanes ne pourra ouvrir en France. Aujourd'hui c'est un centre qui ferme, demain on exigera la délocalisation, c'est à dire l'éviction, du seul Sleep'in existant ou d'un centre méthadone. Tous les projets de " Boutiques " en attente d'hébergement, pour la plupart déjà élaborés et financés, resteront à dormir dans les tiroirs des DDASS.

    Convenablement exposée et défendue, la nécessité d'un accueil sanitaire et social des usagers de produits illicites pourrait être entendue des riverains. Dans le contexte actuel de prohibition de leurs pratiques, aucune structure d'accueil ne peut être superflue. Les lieux d'hébergement, les boutiques d'échange de seringues, les centres d'accueil sanitaire et social devraient être multipliés. Mais le peu qui existe est systématiquement mis à bas. En France, on préfère donner raison aux affabulations sécuritaires, plutôt que combattre les préjugés sur lesquels elles se fondent. On préfère constituer une classes de parias, plutôt que prendre en compte la réalité des pratiques.
    Depuis trente ans, les usagers de " drogues " font les frais de l'idéologie perverse de la prohibition. Circulation de produits de plus en plus frelatés, exposition aux risques de contamination, éloignement des structures de soin, interdiction d'expression, accusations et désignations permanentes. Sans doute les préfère-t-on morts.

    Act Up-Paris exige l'annulation des décisions prises et l'association des usagers et des riverains partisans de la " Boutique " à la réflexion menée sur le centre Beaurepaire.
    Act Up-Paris exige le maintien de la " Boutique " de la rue Beaurepaire dans ses missions d'origine.
    Act Up-Paris exige la multiplication des structures d'accueil d'usagers de produits illicites.



    Communiqué de presse 6/05/99 : Procès en appel des opposants à la loi de 1970 : La loi de 1970 doit être abrogée

    Depuis 30 ans, les usagers de drogues sont infantilisés, psychiatrisés, incarcérés, réduits au silence
    La loi de 1970 " de lutte contre les drogues et la toxicomanie " comporte des articles d'exception, dont l'article L.630, qui interdit toute expression se démarquant de l'idéologie d'Etat sur les drogues
    Cet article n'entrave pas seulement l'exercice des libertés démocratique et associative : parce qu'il favorise la désinformation des usagers de drogues, il les met en danger
    Aujourd'hui des responsables associatifs et politiques sont jugés pour appel à manifestation interdite et violation de l'article L.630.

    En France, le débat sur les drogues est interdit. Ou plus exactement : le débat n'est autorisé que dans les termes choisis par le gouvernement, avec des intervenants agréés par le gouvernement. Tout désaccord avec l'Etat est interdit, et condamné.
    Depuis 30 ans pourtant, la prohibition des drogues fait des ravages sur la santé publique.

    Ce que les usagers de drogues savent que la prohibition met gravement en danger leur santé ­ l'Etat ne veut pas l'entendre.

    Act Up-Paris soutient les militants incriminés. Act Up-Paris exige l'abrogation de la loi de 1970.



    Communiqué de presse 3/05/99 : santé en prison ou mourir pour une douche

    1994. La circulaire du 8 décembre, circulaire interministérielle d'application de la loi du 18 janvier 1994, fixe comme objectif "d'assurer aux détenus une qualité et une continuité de soins équivalente à ceux offerts à l'ensemble de la population".

    1999. Jean-Michel Treuvey est détenu à la Maison d'Arrêt de Douai. Il est séropositif. Dans le cadre de son traitement, l'unité de consultations et de soins ambulatoires (UCSA) de la prison lui prescrit une douche quotidienne. Ce qu'un gardien lui refuse régulièrement. Faute de recours, il se coupe les veines pour protester.

    1999. Alain Lièvre est incarcéré à la Maison d'Arrêt de Fresnes. Egalement atteint par le VIH, il fait 28 jours de grève de la faim pour avoir droit aux trois douches hebdomadaires prévues par la réforme du code de procédure pénale de décembre 1998.

    Aujourd'hui, en France, des détenus malades sont obligés de mettre leur vie en péril pour accéder aux soins et à l'hygiène élémentaires auxquels ils ont droit. Les cas de Jean-Michel Treuvey et d'Alain Lièvre ne sont pas isolés. Si nous en faisons part, c'est parce qu'ils désirent la médiatisation de leur situation quand d'autres préfèrent rester anonymes.
    Un gouffre sépare les objectifs d'égalité minimale fixés par la circulaire de décembre 1994 et la réalité ordinaire des détenus. L'accès des détenus aux soins communs ne peut pas dépendre de l'arbitraire d'une administration autonome et du bon vouloir de surveillants, en l'absence de recours efficaces et rapide. Tout le monde le sait : la vie en prison est pénible ; quand on est malade, elle devient dangereuse.
    C'est pourquoi, en soutien aux détenus mobilisés, et dans la perspective de la réunion de la Commission interministérielle sur la santé en prison qui se tiendra le 11 mai prochain, nous demandons la libération des personnes atteintes de pathologies graves, pour lesquelles des alternatives à l'incarcération doivent enfin être pensées et appliquées.

    Act-Up Paris,
    Migrants contre le sida,
    Observatoire International des Prisons.



    Communiqué de presse 29/04/99 : Aubry brade la C.M.U aux assureurs

    Le projet de loi relatif à la Couverture Maladie Universelle vient d'être présenté à l'Assemblée Nationale par Martine Aubry et Bernard Kouchner. L'extension de la couverture maladie à toutes les personnes se trouvant en France est urgente et nécessaire : aujourd'hui encore trop de personnes n'ont pas d'accès à la santé du fait de leur précarité. Mais le projet actuel du gouvernement va à l'inverse de ses objectifs égalitaires affichés : il organise sur la santé des plus démunis un système à plusieurs vitesses. Ainsi le maintien pour les seuls étrangers en situation précaire du système d'Aide médicale existant et inefficace, qu'il s'agissait justement de réformer, organise un véritable Apartheid médical. L'ouverture du système général de prise en charge des soins aux organismes complémentaires privés laisse présager l'introduction de la sélection par le risque et un recul du droit à la santé.

    La création d'une complémentaire, gratuite ou " à bas prix ", mise en oeuvre par les organismes privés, mutuelles et assurances, représente pour nous, malades, une menace. Nous connaissons les pratiques des compagnies d'assurances dans le domaine de la santé : discriminations et exclusions des personnes gravement malades, austérité et mesquinerie dans les remboursements. Rien dans le projet CMU ne semble rompre avec ces pratiques : il y aura de la sélection par le risque dans le nouveau système qui prévoit déjà que le Régime général de Sécurité sociale assumera les carences des compagnies d'assurance et des mutuelles. C'est à dire, qu'il récupérera les précaires, trop précaires et trop coûteux pour être pris en charge par les organismes privés.

    Par ailleurs, la CMU comprendra un " panier des biens et services remboursables " limité, au contraire de ce que ces compagnies proposent à leurs autres clients, et révisable chaque année au bon vouloir des assureurs et mutuelles. Cette complémentaire, peau-de-chagrin, pourra donc, d'année en année, creuser le fossé entre les bénéficiaires de la CMU et le reste de la population.
    Le plafond de ressources proposé (3500 Francs, en dessous du seuil de pauvreté reconnu) induit un effet de seuil qui empêchera des personnes à faible revenu de bénéficier de la CMU. Le chantage au médecin-référent instauré par les propositions d'élargissement d'une partie du système aux personnes dépassant légèrement le plafond, la proposition obscène de " cotisation symbolique " sous couvert de responsabilisation, l'absence totale de recours en cas de litige avec un organisme privé et la justification permanente des revenus pour continuer de bénéficier de la CMU, induisent un nouveau contrôle social des précaires.
    Si ce projet organise cadre discriminatoire pour ceux qu'il entend inclure dans l'universel, il en exclut aussi tout une partie de la population. Les sans-papiers, les étrangers en attente de régularisation ou en situation précaire verront maintenu spécialement pour eux l'Aide médicale, que la CMU doit remplacer. Ce système déjà déficient, ne prendra en charge ni la prévention ni la vaccination gratuite, et empêchera tout réel suivi des soins pour les plus précarisés d'entre nous, en les stigmatisant encore un peu plus.

    Act Up-Paris dénonce l'escroquerie qui consiste à introduire de la concurrence entre le régime général de Sécurité sociale et des groupes privés, du contrôle social dans la vie des malades, et un véritable Apartheid médical au sein de la population, le tout au nom de l'universel. Face à cela nous ne pouvons avoir qu'une seule exigence : l'ouverture à tous du Régime général de Sécurité sociale, sans condition de revenu ou de régularité du séjour, et la création d'une complémentaire gratuite pour toute personne au revenu inférieur ou équivalent au SMIC.



     

    Communiqué de presse interassociatif du7/04/99 : assurance et VIH.

    A la veille de l'an 2000, les personnes touchées par le VIH, ou par d'autres pathologies lourdes, sont toujours victimes de discriminations dans l'accès à l'assurance.
    Nous, associations de lutte contre le Sida, constatons une multiplication des questionnaires de santé et des refus de dossiers, et tenons à réaffirmer que :

    la majorité des produits d'assurance ne sont pas accessibles aux personnes touchées par le VIH car la seule réponse aux questionnaires de santé lors de la demande d'assurance équivaut au rejet de cette demande ou contraint à la " fausse déclaration ",

    Aussi, il est urgent de garantir à tous le droit à l'assurance :

    Les associations ont mis en place un groupe de travail qui a déjà émis des propositions de réforme et souhaite les transmettre au plus vite aux assureurs et aux pouvoirs publics.

    A l'heure où le recours à l'assurance est imposé dans la vie quotidienne, il nous semble impératif de défendre, au nom de la solidarité nationale, le principe du droit à l'assurance pour tous et d'exiger sa mise en application dans les meilleurs délais.

    LE DROIT A L'ASSURANCE DOIT DEVENIR UNE REALITE POUR TOUS !




    Communiqué de presse 07/04/99 : PaCS : victoire amère pour les séropos

    Act Up-Paris se félicite de la suppression des délais pour l'obtention des droits de succession dans la proposition de loi relative au PaCS, adoptée aujourd'hui en seconde lecture à l'Assemblée nationale.
    C'est une victoire sans équivoque pour les futurs usagers du PaCS, notamment pour les personnes séropositives. Nous devons rappeler que les situations dramatiques rencontrées par les malades du sida et leurs proches sont à l'origine de cette proposition de loi. Les délais de carence risquaient bien de laisser inchangé ce contexte inacceptable.
    Nous sommes bien conscients cependant des motifs de cette victoire  : le gouvernement ne pouvait assumer le symbole d'un PaCS indifférent aux malades du sida. Evidemment les symboles nous intéressent moins que les droits réels des personnes. De ce point de vue, d'autres injustices, tout aussi symboliques, demeurent dans le texte en l'état : comment expliquer, par exemple, aux allocataires de minima sociaux qu'ils devront choisir entre la signature d'un PaCS et le maintien de leur revenu ? Ce sera en particulier le cas des malades du sida percevant l'Allocation Adulte Handicapé. Comment, par ailleurs, ne pas voir l'absurdité des délais pour l'imposition commune quand la perte des minima sociaux intervient dès la signature du PaCS ? Comment enfin justifier que le PaCS ne donne pas un droit au séjour automatique pour nos amant-es sans-papiers qui vont une fois encore être livré-es à l'arbitraire des préfectures ? Cette dernière restriction témoigne d'une suspicion inadmissible à l'égard des nos couples.

    Act Up-Paris exige que le gouvernement mette au plus vite à l'ordre du jour les débats qui devront régler ces points décisifs. Nous n'acceptons pas que le calendrier s'étire interminablement. L'adoption définitive du texte doit intervenir avant la fin de la session parlementaire



     

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    ©Act Up-Paris, Juin 99.