archivindex

Contact Médias: Arlindo Constantino tél.: 01.49.29.44.79

 

Les communiqués de presse Act Up-Paris
(quatrième trimestre 1998)


  • Communiqué de presse 21/12/98 : Les autorités françaises ont laissé mourir un ressortissant français malade du sida dans une prison marocaine
  • Communiqué de presse 17/12/98 : Act Up-Paris investit la Cotorep
  • Observatoire du PaCS : Communiqué de presse, mercredi 9 décembre 1998
  • Communiqué de presse 08/12/98 : Drogues : l'idéologie rend sourd
  • Communiqué de presse 01/12/98 : Santé/précarité, l'hypocrisie du gouvernement
  • Communiqué de presse 01/12/98 : observatoire du pacs
  • Communiqué de presse 26/11/98 :
    1er décembre 1998 : reprise des débats sur le PaCS
    1er décembre 1998 : journée mondiale de lutte contre le sida
  • Communiqué de presse 24/11/98 : « Double peine » :
    aujourd'hui, un malade du sida risque sa vie à la 25ème chambre.
  • Communiqué de presse 13/11/98 : PaCS : Nous n'avons pas le temps d'attendre
  • Communiqué de presse 07/11/98  : Invitation à la conférence de presse : « Les minima sociaux, même en prison »
  • Communiqué de presse 06/11/98  : Les laboratoires Schering-Plough sacrifient les malades à leur logique commerciale
  • Communiqué de presse 02/11/98  : Act Up-Paris s'engage dans l'Observatoire du PaCS
  • Communiquse presse du troisième trimestre 98
  • Communiqués de presse du deuxième trimestre 98
  • Communiqués de presse du premier trimestre 98
  • Communiqués second semestre 97

  • Communiqué de presse 21/12/98 : Les autorités françaises ont laissé mourir un ressortissant français malade du sida dans une prison marocaine

    Patrice D. est mort des suites d'un sida dans la prison d'Oukacha, à Casablanca. Il aurait pu être sauvé si les autorités françaises lui avaient fourni régulièrement les médicaments nécessaires, ou demandé son rapatriement.
    Patrice D. était détenu à Casablanca depuis le 15 juin 1997. Il était malade du sida et atteint des hépatites B et C. La trithérapie dont il avait bénéficié en France avait été interrompue pendant les cinq premiers mois de son incarcération. Le consulat de France à Casablanca lui avait ensuite fourni son traitement de façon épisodique - malgré les réclamations incessantes de Patrice D. Or, il est de notoriété publique qu'un tel traitement ne doit en aucun cas être interrompu car, dans le cas contraire des résistances virales apparaissent, qui peuvent être irrémédiables.
    Alerté fin octobre dernier, Act Up-Paris avisait aussitôt Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à la santé, de la situation alarmante de Patrice D. Malgré l'urgence, et malgré nos relances, rien n'a été fait. Six semaines plus tard, un conseiller de B. Kouchner se contentait de renvoyer Act Up-Paris au ministère des affaires etrangères.
    C'est donc en toute connaissance de cause qu'on a laissé pourrir la situation, et mourir Patrice D.
    L'indifférence, la négligence et l'inaction des autorités françaises les rendent directement responsables de ce décès. Elles devront rendre compte, dans le cas de Patrice D., de non-assistance à personne en danger.
    Act Up-Paris n'a cessé de dénoncer l'incompatibilité des conditions d'incarcération avec les soins nécessaires à la survie des personnes atteintes de pathologies graves. Ce qui est vrai pour la France l'est plus encore pour le Maroc.

    Act Up-Paris exige que les autorités françaises protègent, comme elles le doivent, la vie des ressortissants français à l'étranger, atteints de pathologies graves, afin qu'ils soient traités comme ils devraient l'être en France, conformément à leur état de santé.


    Communiqué de presse 17/12/98 : Act Up-Paris investit la Cotorep

    Tout ce qui concerne l'Allocation Adulte Handicapé relève du scandale :

    Les malades du sida démunis sont ainsi encore plus précarisés, victimes d'une administration surchargée et soumis à des examens toujours plus tatillons. Nous interpellons Martine AUBRY, pour qu'elle prenne enfin ses responsabilités et mette fin à cette situation odieuse et intolérable.
    Depuis le mouvement des chômeurs de 1997-98, aucune amélioration n'a été constatée. Martine AUBRY se moque des demandeurs d'AAH et refuse de leur répondre.
    C'est pourquoi nous avons occupé aujourd'hui la COTOREP de Paris, 210 , quai de Jemmapes, dans le Xème.

    Suite à cette action nous avons rencontré Mme Morel, directrice de la Direction des Affaires sociales. Après avoir reconnu que les délais de traitements des dossiers étaient de 6 mois, Mme Morel a pris les engagements suivants :

    Mme Morel a, par ailleurs, reconnu les mauvaises conditions d'accueil et d'information à la COTOREP. Sur ce point, les engagements pris pour une amélioration sont restés très vagues.
    Act Up-Paris suivra de très près la réalisation et le contenu des engagements pris.

    Act Up-Paris exige la revalorisation immédiate et conséquente de l'Allocation Adulte Handicapé et de tous les minima sociaux, une amélioration de l'accueil, un raccourcissement des délais de traitement et la fin de la logique du retour forcé au travail.


    Observatoire du PaCS : Communiqué de presse, mercredi 9 décembre 1998 : Il est encore temps d'entendre les usagers du PaCS

    Cet après-midi, les députés devaient adopter, en première lecture, la proposition de loi relative au pacte civil de solidarité. Nous sommes les futurs usagers du PaCS : quelles raisons avons-nous de nous réjouir ?
    Nous sommes des homosexuels/les, exclus/es du droit au mariage, des sans-papiers et des couples binationaux, rendus à l'arbitraire des préfectures, des malades du sida, qui devront prendre le risque de rompre le secret médical pour accéder à leurs droits, des parents ou futurs parents gais ou lesbiens, sans droits pour nos familles, des allocataires des minima sociaux, qui devront choisir entre le PaCS et le maintien de nos allocations.
    Nous sommes celles et ceux dont le PaCS devait améliorer les vies :
    le texte adopté aujourd'hui ne le fera pas.
    Avant que la proposition de loi ne soit adoptée définitivement, le parlement et le gouvernement ont encore le pouvoir de la corriger. Nous exigeons qu'ils entendent, enfin, les usagers du PaCS.
    Nous revendiquons :

    L'observatoire du Pacs s'est donné pour objectif de surveiller les débats parlementaires.
    Après le vote du texte, il s'efforcera d'en dénoncer les incohérences et avec les instruments du droit, d'en corriger les lacunes. L'observatoire est une initiative d'Act Up-Paris, AC!, Aides fédération nationnale, Aides paris Ile de france, APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens ), ARDHIS (Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et transssexuelles à l'Immigration et au Séjour ), Centre gai et Lesbien, Prochoix.


    Communiqué de presse 08/12/98 : Drogues : l'idéologie rend sourd
    Act Up-Paris demande la révision du procès de Philippe Mangeot

    La cour d'appel vient de confirmer la condamnation de Philippe Mangeot, président d'Act Up-Paris, a 30 000 francs d'amende pour infraction à la législation sur les stupéfiants. La justice lui impute la responsabilité d'un tract, distribué par Act Up-Paris en août 1997, intitulé " J'aime l'extasy ". Il s'agit là non seulement d'un jugement idéologique, mais d'une manipulation judiciaire

    1. Un jugement idéologique. On se souvient de l'indignation que ce procès, purement politique, avait soulevé : 111 personnalités, suivies par des milliers de pétitionnaires, avaient apporté leur soutien à Philippe Mangeot en assumant publiquement avoir consommé des produits illégaux : " ce risque, je le prends ", disaient-ils, bravant l'article L630 du code de la santé publique. Cette mobilisation n'aura pas suffit : il est toujours impossible, en France, de parler des drogues autrement que dans les termes qu'impose la loi - autrement que dans le langage de la police, de la psychiatrie ou de la morale. Tout le monde sait pourtant, y compris dans les institutions, que la " guerre à la drogue " est inique, inefficace et meurtrière : son seul effet, loin d'avoir tari les trafics, est d'avoir rempli les prisons et permis la propagation des virus du sida et de l'hépatite C.
    2. Une manipulation judiciaire. Ce scandale politique se double d'un scandale judiciaire. Pour appliquer cette législation absurde, la justice française fabrique des preuves et invente des responsabilités de circonstance :
      Cette décision de justice s'appuie sur des faux. Lors de son procès, Philippe Mangeot et son avocat n'ont cessé de répéter, preuves à l'appui, qu'il n'était, au moment des faits, ni " responsable légal de l'association ", ni " responsable de la rédaction et des publications de l'association" ; c'est pourtant à ce titre qu'il est aujourd'hui condamné... L'idéologie rend-elle sourd ? Il faut le savoir : quand la justice française n'a pas de preuve, elle les fabrique.
      Cette décision invente une responsabilité bâtarde, inédite, et lourde de conséquences. Philippe Mangeot est condamné pour des faits qu'il n'a pas commis, et au titre d'une fonction officieuse, mentionnée sur un document interne datant de... 1993 ! Qu'on se le dise : aujourd'hui, n'importe quel militant de n'importe quel groupe anti-prohibitionniste peut être inquiété par la justice, même quand il n'exerce aucune responsabilité pénale, au titre de son engagement personnel.

    La décision de la cour d'appel va donc au delà d'une simple application de la loi de 1970 et de l'article L630. Cette affaire montre qu'en matière de stupéfiants, le seul souci de la justice française est de faire des exemples, quitte à inventer des preuves. Elle veut faire de Philippe Mangeot le bouc émissaire de sa propre incurie.
    Nous ne le permettrons pas.
    Les militants d'Act Up-Paris exigent la révision du procès de Philippe Mangeot, l'abrogation de l'article L.630 de la santé publique et l'abrogation de la loi du 31 décembre 1970.


    Communiqué de presse 01/12/98 : Santé/précarité, l'hypocrisie du gouvernement

    MM. Kouchner (secrétaire d'Etat à la santé) et Durleman (Directeur général de l'AP-HP) ont été interpellé lors du colloque " santé, précarité, vulnérabilité en Europe " (Maison de la chimie), devant 500 personnes, par des militants de 13 actif, d'Act Up-Paris, d'AC!, de la CGT Pitié-Salpétrière, et de Migrants contre le sida.
    Texte de l'intervention ci-joint.


    Santé et précarité, participer ou lutter ?

    Nous intervenons ici parce que le lien santé/précarité est évident et que nous sommes interpellés. Ce thème dont vous débattez une fois par an est notre combat quotidien. Tous les jours, des gens meurent de froid, de faim, d'un accès impossible aux minima vitaux, dans un monde regorgeant pourtant de richesses.
    A ce titre, l'ouverture de ce colloque par Bernard Kouchner est une formidable hypocrisie: il est membre d'un gouvernement qui organise et développe la précarité.
    C'est bien ce gouvernement qui refuse l'augmentation des minima sociaux aux chômeurs et précaires, qui subventionne l'emploi précaire, qui rend 80 000 sans papiers à la clandestinité, qui pourchasse les usagers de drogues, qui maintient ceux qu'il a choisi d'emprisonner dans un dénuement sanitaire grandissant.
    C'est bien ce gouvernement qui intègre le système de soin dans un vaste marché de la santé, qui " apparente l'exigence du patient à celle du consommateur de soin " (B. Kouchner, 22/09/98, intervention à la commission des comptes de la sécurité sociale), qui diminue le nombre de lits hospitaliers, qui transforme les médecins en gestionnaires du système, qui liquide discrètement les agences de lutte contre le sida (mission sida de la DGS, ANRS), qui privatise une partie de la couverture sociale, démantelant ainsi le système de protection sociale basé sur la solidarité (objectif de la sécurité sociale à son origine).
    C'est ce gouvernement qui préfère des dispositifs de charité (centres de précarité, SAMU social, aide médicale...) à un véritable accès aux soins pour tous: salariés ou précaires, français ou étrangers, avec ou sans papiers.
    C'est ce gouvernement qui s'apprête à mettre en place une couverture maladie universelle dont on pressent qu'elle sera un RMI du soin.
    Il est inutile de se lamenter du lien entre santé et précarité sans identifier et dénoncer les causes de la précarité : des situations d'exploitation, de discrimination, de répression produites par les politiques gouvernementales.
    C'est pour cette raison que nous disqualifions M. Kouchner, responsable de la politique actuelle, et M. Durleman, chargé de la faire fonctionner à l'AP-HP afin de servir de modèle et de l'étendre à l'ensemble du système hospitalier français.

    Ne soyez pas l'alibi de ce gouvernement : il produit les causes de la précarité et ne fait qu'en gérer les symptômes. Pour notre part, à la logique caritative, nous préférons la lutte politique.

    Rendez-vous :



    Communiqué de presse 30/11/98 : observatoire du PaCS.
    PaCS : nous n'attendrons pas plus longtemps

    Aujourd'hui, l'examen de la proposition de loi relative au PaCS reprend à l'Assemblée nationale. Depuis le 9 octobre, les discussions ne sont pas à la hauteur des enjeux de ce texte. Au débat qu'il exigeait, les députéEs ont préféré l'absence ou l'obstruction ; à l'inacceptable homophobie qui s'est exprimée dans l'hémicycle, ils n'ont su répondre que par le silence ou les rires.
    Nous sommes les futurs usagers du PaCS.
    Ce matin, à 8 heures, une trentaine de membres de l'observatoire du PaCS a manifesté à l'Assemblée Natinale devant l'entrée des députés. Nous entendions ainsi rappeler à nos députés que nous n'avons pas le temps d'attendre.
    Par ailleurs, nous publions aujourd'hui (http://www.altern.org/obspacs) un florilège des propos homophobes prononcés à l'Assemblée nationale. Si nous n'avons encore aucun droit pour nos couples, nous avons celui de voter. Nous saurons nous en souvenir.
    Nous sommes celles et ceux dont le PaCS devait améliorer les vies. Nous exigeons de tous les députés qu'ils examinent dignement un texte qui nous concerne. Du gouvernement et de la majorité, nous exigeons qu'ils mettent tout en oeuvre pour faire adopter la proposition de loi relative au PaCS dès le printemps.
    Nous revendiquons :

    Observatoire du pacs
    tél : 01 49 95 38 e-mail :
    obspacs@altern.org
    c/o CGL BP 255 - 75 524 Paris Cedex 11

    L'observatoire du Pacs s'est donné pour objectif de surveiller les débats parlementaires.
    Après le vote du texte, il s'efforcera d'en dénoncer les incohérences et avec les instruments du droit, d'en corriger les lacunes. L'observatoire est une initiative d'Act Up-Paris, AC!, Aides fédération nationnale, Aides paris Ile de france, APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens ), ARDHIS (Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et transssexuelles à l'Immigration et au Séjour ), Centre gai et Lesbien, Prochoix.


    Communiqué de presse 26/11/98 :
    1er décembre 1998 : reprise des débats sur le PaCS
    1er décembre 1998 : journée mondiale de lutte contre le sida

    Act Up-Paris exige qu'une minute de silence soit observée, à l'Assemblée Nationale, en mémoire des morts du sida. Le 26 novembre 1998, Act Up-Paris a envoyé au Président de l'Assemblée Nationale et aux responsables des groupes parlementaires favorables au PaCS, la lettre suivante :

    Paris, le 26 novembre 1998,

    Monsieur,

    Si nous en croyons le calendrier parlementaire, les débats sur le Pacte Civile de Solidarité devraient reprendre le mardi 1er décembre prochain.
    Vous ne l'ignorez pas, le 1er décembre est, depuis plus de dix ans, la Journée mondiale de la lutte contre le sida.
    Nous savons que la coïncidence de ces deux événements est fortuite. Nous y voyons cependant un symbole fort et incontestable. La genèse du PaCS est en effet liée à la volonté de résoudre certaines des situations dramatiques apparues avec l'épidémie de sida. Ceux qui, aujourd'hui, s'opposent à l'adoption de ce projet l'oublient trop volontiers.
    C'est pourquoi il nous semblerait opportun que, le 1er décembre, une minute de silence soit observée dans les rangs de l'Assemblée, en mémoire de toutes les personnes décédées des suites d'un sida.
    Nous voyons mal comment quiconque pourrait s'y soustraire, en ce jour où chacun est invité à prendre part à sa façon à la lutte contre l'épidémie. Ce geste aurait, en outre, le mérite de situer d'une manière à la fois symbolique et tangible le débat sur le PaCS dans son urgence et sa nécessité.
    Nous ne doutons pas que vous répondrez favorablement à notre demande. Nous comprendrions mal en effet un refus, qui serait vécu comme une fin de non recevoir par tous ceux qui, malades ou non, envisagent le 1er décembre comme une journée du souvenir de ceux qu'ils ont aimés, de ceux qu'ils ont perdu.

    Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions de recevoir, Monsieur, l'assurance de nos sentiments respectueux.

    Pour l'ensemble des militants d'Act Up-Paris
    Philippe Mangeot
    Président


    Communiqué de presse 24/11/98 « Double peine » :
    aujourd'hui, un malade du sida risque sa vie à la 25ème chambre.

    Ali B. est tunisien, malade du sida, et frappé d'une « double peine » : comme de nombreux étrangers condamnés par la justice française, sa peine de prison a été doublée d'une mesure d'éloignement du territoire. Expulsé le 7 février 1997 malgré sa maladie, en pleins débats parlementaires sur la loi Debré, il avait pu revenir en France suite à une décision du tribunal administratif. Depuis, il est assigné à résidence. Situation absurde : Ali est inexpulsable du fait de sa maladie, mais privé des droits de survie élémentaires que son état de santé réclame ; interdit de déplacement, il ne peut rencontrer librement les siens, ni choisir librement son médecin.

    Ali a transgressé cet interdit inique : il vient d'être interpellé dans un train entre Paris et Grenoble. Il sera présenté aujourd'hui à 13h30 devant la 25ème chambre en comparution immédiate, et risque une nouvelle peine. Celle-ci annulerait tous ses espoirs de régularisation, et le priverait définitivement de la possibilité de de vivre décemment sur un territoire dont il ne peut être expulsé. Si Ali est condamné, il restera sans droit et sans revenu, dans des conditions de santé et de précarité hypothéquant gravement sa santé. Les traitements contre le sida, extrêmement contraignants, supposent en effet des prises régulières et un suivi constant. Ils supposent donc un minimum de stabilité sociale et de sécurité administrative.


    Aujourd'hui l'Etat français ne juge pas un délit, il statue sur une vie. En appliquant aveuglément une loi injuste, il deviendrait l'allié objectif du sida. Nous ne pouvons pas le permettre.
    Act-Up Paris exige que les personnes atteintes d'une pathologie grave aient accès aux droits et aux revenus que leur santé exige. Nous demandons l'annulation des peines qui frappent Ali B., la levée de son assignation à résidence, et l'abrogation de la « double peine ».


    Communiqué de presse 13/11/98 : PaCS : Nous n'avons pas le temps d'attendre

    Si l'on en croit Le Monde daté du samedi 14 novembre, le gouvernement "envisagerait de n'obtenir le vote définitif du PaCS que dans le dernier trimestre de 1999."
    Faut-il s'étonner de ce nouveau délai ?

    Depuis près de dix ans, nous avons constaté le peu d'empressement des socialistes à reprendre à leur compte les différents projets de Contrat d'Union Sociale qui leur étaient proposés. Il a fallu 18 mois à la majorité pour soumettre au Parlement l'examen d'un texte dont le contenu faisait pourtant l'objet d'une promesse électorale de Lionel Jospin. Le vendredi 9 octobre, nous avons pris acte de la démission des députés de gauche, dont l'absence au Parlement, en partie encouragée par la frilosité du Premier Ministre, a encore retardé d'un mois les premiers débats sur le texte.

    Depuis le début des débats parlementaires, nous devons supporter l'obstruction systématique de l'opposition. Face à une tactique qui se réclame dans la majorité des cas d'une homophobie éhontée, le gouvernement et l'ensemble de la majorité pouvaient mettre un point d'honneur à présenter le texte comme une priorité et à le faire enfin adopter dans les plus brefs délais.

    Au contraire, gouvernement et majorité anticipent la conduite de la droite en retardant encore l'adoption du texte. Ce faisant, ils légitiment cette conduite, et donnent à entendre à tous les usagers potentiels du PaCS que leur avenir vaut moins à leurs yeux que l'hystérie haineuse de l'opposition. Ce faisant, ils acceptent d'être les complices des manuvres indignes de la droite.

    Nous sommes des malades du sida. Nous aurions aimé croire encore que la nécessité de l'adoption du PaCS s'imposerait en raison des situations dramatiques que connaissent aujourd'hui des couples d'homosexuels et de séropositifs. Nous ne le croyons plus.

    Le gouvernement considère manifestement que quelques mois de plus ou de moins ne changeront pas grand chose à l'affaire. Il ignore sans doute ce que " quelques mois " veulent dire pour des personnes atteintes du VIH. Il montre pas là que nous ne vivons pas dans le même temps que lui.

    Nous exigeons du gouvernement et de la majorité qu'ils mettent tout en uvre pour faire adopter le texte du PaCS dès le printemps, comme ils l'avaient d'abord annoncé.


    Communiqué de presse 07/11/98 : Invitation à la conférence de presse :
    « Les minima sociaux, même en prison »

    Depuis le début du mois de septembre 1988, AC!, Act Up-Paris, AIDES, le Génépi, le Groupe Multiprofessionel des Prisons et l'Observatoire International des Prisons se sont réunis pour former une plate-forme commune. Cette plate-forme travaille à ce que les détenus puissent enfin bénéficier des minima sociaux disponibles à l'extérieur.

    Dans le cadre du vote du budget de l'administration pénitentiaire qui se tiendra au parlement le 13 novembre ( et pendant lequel sera débattu la hauteur des lignes réservées aux détenus indigents), et à l'approche du 1er décembre 1998, qui célébrera les dix ans de la création du revenu minimumd'insertion. Nous vous invitons à la conférence de presse que nousorganisons. Cette conférence présentera aux médias notre plate-forme et nous permettra de répondre à vos questions. Elle se tiendra à 11 heures lemardi 10 novembre, au Palais de Justice, dans la deuxième chambre civile (fléchage sur place). Un dossier de presse de 10 pages vous sera remis à l'entrée.

    N'hésitez pas à nous contacter si vous aviez besoin d'informations complémentaires.

    Texte de base de notre plate-forme :

    Les minima sociaux, même en prison

    Tout le monde le sait : ce sont surtout les pauvres qu'on met en prison. Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est que l'univers carcéral accentue la précarité de ses « hôtes », et produit son indigence propre. Aujourd'hui, faute de revenus, 60% des détenus vivent en France en dessous du seuil de pauvreté carcéral; ceux qui travaillent ne perçoivent qu'un salaire dérisoire; la plupart sont contraints à l'inactivité; beaucoup sont exclus des prestations sociales courantes, et tributaires d'aides extérieures extrêmement inégales. Cette précarité propre aux prisons achève de rendre la vie carcérale dégradante, injuste et dangereuse : elle menace la santé et l'intégrité physique des détenus; elle crée et renforce des injustices judiciaires et sociales; elle fragilise sa famille et ses proches.

    1. Dommages sanitaires. Sans revenus, les détenus ne peuvent ni renouveler les produits d'hygiène élémentaire que l'administration pénitentiaire est censée leur procurer, ni compléter l'alimentation de base qu'elle fournit. A ce titre, la précarité carcérale constitue un risque sanitaire : elle empêche les détenus de prendre soin d'eux-mêmes et aggrave les effets despathologies lourdes, particulièrement fréquentes en prison, comme le sida ou l'hépatite C.
    2. Délinquance et insécurité. L'absence de revenus en prison est par ailleurs un facteur d'insécurité pour les détenus. Le manque de ressources entraîne trafics, rackets et prostitution. Les plus pauvres se trouvent par là même surexposés aux sanctions disciplinaires, aux violences physiques et aux pratiques à risques.
    3. Inégalités judiciaires. La précarité propre à l'univers carcéral crée par ailleurs des inégalités judiciaires : l'absence de revenus rend plus difficile l'aménagement des peines, qui exigent des garanties d'emploi et de logement, et un effort actif d'indemnisation des victimes; ils sont en outre pénalisés pour assurer leur défense dans les meilleures conditions.
    4. Désinsertion sociale. La précarité qui prévaut en prison contribue largement à l'exclusion des détenus et contredit l'objectif de réinsertion affiché par l'administration pénitentiaire : incapables, pendant la détention, de faire face à leurs charges extérieures (emprunts, loyers), ils ne peuvent plus dès lors soutenir leurs proches, sanctionnés et pénalisés à leur tour, et risquent de se retrouver sans ressources à leur libération. Il ne faut donc pas s'étonner que le taux de récidive culmine dans les mois qui suivent la sortie de prison.
    5. Cherté de la vie carcérale. Il faut se défaire du mythe d'un détenu « nourri, logé et blanchi », dont les besoins seraient couverts gracieusement par l'administration pénitentiaire. Pour être plus supportable, la vie carcérale coûte cher : le prix des marchandises y est parfois deux fois plus élevé qu'à l'extérieur, et le développement en cours des prisons privées accusera davantage ce phénomène.

    Le système actuel doit être remis en question : rares et inégalitaires, le travail carcéral et les aides extérieures ne peuvent plus être les seules ressources en prison. C'est pourquoi nous demandons que toute personne incarcérée ait droit, du premier au dernier jour de son incarcération, à un minimum de ressources personnelles, ce minimum étant constitué soit par le maintien de ses droits (minima sociaux, notamment RMI), soit par l'ouverture pendant l'incarcération des droits sociaux auxquels elle aurait pu prétendre avant l'incarcération, soit par des prestations particulières lui donnant droit aux mêmes minima pendant toute la durée de son incarcération et l'articulation de sa sortie.


    Communiqué de presse 6/11/98 : Les laboratoires Schering-Plough sacrifient les malades à leur logique commerciale

    Aujourd'hui 6 novembre, 40 militants d'Act Up-Paris se sont rendus à l'usine de Hérouville Saint Clair (banlieue nord de Caen) et bloquent depuis 7 h du matin, toute la production ainsi que l'accès à l'unité de fabrication des médicaments du laboratoire.
    Depuis 1996, Schering Plough prospère en France grâce au marché que lui offre la prohibition des drogues :
    150 000 à 200 000 usagers de drogues par voie intraveineuse constituent le réservoir d'utilisateurs potentiels de ses produits. 30% d'entre eux ont été contaminés par le VIH et 70% par le VHC à la faveur de la précarité imposée par la clandestinité. Près de 60 000 sont sous traitement de substitution, souvent contraints à recourir à ces programmes pour échapper aux prix exorbitants et à l'insécurité régnant sur un marché prohibé.

    Ce marché captif représente une véritable manne pour un laboratoire qui développe sa stratégie commerciale dans le cynisme et le plus pur mépris de la santé de ses clients : aucune étude sur l'intéraction du Subutex® avec les traitements anti-VIH (à l'époque principalement l'AZT) n'a été réalisée à l'occasion de sa mise sur le marché. Depuis le risque d'interaction avec plusieurs antiprotéases est aujourd'hui confirmé par une étude du CRPV de Brest.
    Schering-Plough, sous couvert de substitution, travaille pourtant à la commercialisation de produits destinés au sevrage : antagoniste pur (Nalorex) ou produit "inshootable" (Suboxone).

    Aujourd'hui, cherchant à contourner le refus de la commission de substitution de l'Agence du Médicament en France, il tente de faire homologuer ses produits au niveau européen.

    Le laboratoire Schering-Plough avait déjà manoeuvré espérant obtenir l'A.M.M. européenne du Rebetron, un "pack" de deux médicaments destinés à juguler l'hépatite C : l'Interféron (Introna®), sous forme injectable, et la Ribavérine (Rebetol®), sous forme de cachets. (cf. communiqué de presse du 19 octobre 1998).

    Le gouvernement a laissé tout pouvoir à Schering Plough pour régler le problème de la substitution en France. Laissera-t-il ce laboratoire s'emparer des traitements VHC ?

    Act Up-Paris exige de Schering Plough :

    Act Up-Paris exige de l'Etat :

    Plus sur Schering Plough  : dossier de presse / dossier de presse Subutex®


    Communiqué de presse 02/11/98 : Act Up-Paris s'engage dans l'Observatoire du PaCS

    Un encart dans Libération du 3 novembre annonce la création de l'Observatoire du PaCS.
    Act Up-Paris prend part à cette initiative au côté d'AC!, Aides Fédération nationale, Aides Paris Ile de France, APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens), ARDHIS (Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et Transsexuelles à l'Immigration et au Séjour), Centre Gai et Lesbien de Paris, Prochoix.
    Alors que le PaCS a été créé pour ouvrir de nouveaux droits aux couples non mariés et pour résoudre les situations intolérables que rencontrent notamment les personnes atteintes par le sida, le texte, dans sa forme actuelle, ne corrige pas les injustices auxquelles il prétendait mettre fin. Il place sous condition de délais l'obtention des droits et risque d'entraîner l'amputation des minima sociaux, en particulier l'Allocation Adultes Handicapés dont bénéficient de nombreux malades.
    L'observatoire est un groupement d'usagers, qui a pour but l'amélioration du texte du PaCS.
    Il exercera une surveillance permanente des débats et diffusera auprès des usagers, par tous les moyens, l'information concernant le contenu de la proposition de loi et les modalités concrètes de sa mise en oeuvre.
    Dès l'entrée en application du texte, l'observatoire collectera et rendra public l'ensemble des difficultés rencontrées par les usagers : problème d'enregistrement du PaCS, de délivrance des titres de séjour, d'attribution de prestations sociales, d'habilitation pour l'adoption... Une ligne téléphonique et un E-mail permettent dès aujourd'hui de recueillir cette information qui deviendra une arme pour tous les usagers.

    En pointant de manière systématique les incohérences et indéterminations du texte, l'observatoire entend participer à la constitution d'une jurisprudence, et permettre l'optimisation du PaCS.

    Observatoire du PACS : ligne dédiée 01.49.29.95.38



  • Communiqués de presse du troisième trimestre 98
  • Communiqués de presse du deuxième trimestre 98
  • Communiqués de presse du premier trimestre 98
  • Communiqués second semestre 97
  • actup@actupp.org pour les sujets d'ordres généraux, les aspects sociaux et d'accès aux soins
  • acttrait@actupp.org pour tout ce qui concerne les traitements et les protocoles
  • actpress@actupp.org pour tout ce qui concerne les médias et la communication

  • Act Up-Paris:
    BP 287
    75525 PARIS Cedex 11
    Tél.: 01.48.06.13.89
    Fax: 01.48.06.16.74
    Minitel: 3615 ACTUP (1,29F la minute)
    E.mail: actup@actupp.org


    ©Act Up-Paris, Décembre 98.