Contact Médias: Arlindo Constantino tél.: 01.49.29.44.79

Les communiqués de presse Act Up-Paris
deuxième trimestre 98.


  • Communiqué de presse du 30/06/98  : Banque Mondiale : des millions de morts de dette.
  • Communiqué de presse du 30/06/98 : Schering Plough se moque des usagers de drogues
  • Communiqué de presse du 30/06/98 : Act Up-Paris dénonce l'hypocrisie de Bernard Kouchner à la conférence de Genève
  • Communiqué de presse du 29/06/98 : Act Up-Paris perturbe la cérémonie d'ouverture de la 12ème Conférence Mondiale sur le sida à Genève
  • Communiqué de presse du 26/06/98 : 12ème Conférence Mondiale sur le sida à Genève
  • Communiqué de presse du 20/06/98 : Jospin homophobe
  • Communiqué de presse du 19/06/98 : Rapport Dormont
  • Communiqué de presse du 05/06/98 :
    Toxipride. Dimanche 7 juin 1998, 15 heures, place de la Bastille.
  • Communiqué de presse du 29/05/98 : Combattez le sida pas les toxicos
  • Communiqué de presse du 18/05/98 : Que cache la censure de Super 8 1/2 ?
  • Communiqué de presse du 06/05/98 : soutien à Jean Pierre Galand :
  • Communiqué de presse du 17/04/98 : Chevènement démission
  • Communiqué de 17/04/98 : Chiffres du sida : la manipulation continue
  • Communiqué de presse 8/04/98 : Procès de Philippe Mangeot: une condamnation politique
  • Communiqués de presse du premier trimestre 98
  • Communiqués second semestre 97

  • Communiqué de presse du 30/06/98  : Act Up-Paris/Banque Mondiale :
    Des millions de morts de dette.

    Act Up-Paris a interrompu mardi 30 juin a 17h00 la session "International Funding and Policy"à la suite du discours de M. Madavo, vice-président de la Banque Mondiale pour réclamer un engagement public sur l'accès aux soins et aux traitements dans les pays en developpement.
    Aux cris de "Release the funds, access for all", quarante activistes du Nord et du Sud ont conspué la Banque Mondiale.
    M. Desire N'Dah Koua, séropositif de Cote d'Ivoire a lu au public le texte suivant.

    La Banque Mondiale doit aux pays endettés les millions de morts qu'elle a provoqué en contraignant les Etats à restreindre leurs dépenses de santé, en misant obstinément sur le développement des services de santé privés, en favorisant une politique de "recouvrement des coúts" qui oblige les malades du sida à payer leurs soins et leurs traitements dans les services publics. Jusqu'ici son attitude a été d'ignorer les 30 millions de malades qui souffrent et vont mourir. Il y a six mois à la conférence d'Abidjan, dans un rapport honteux, elle n'affichait toujours qu'un objectif : limiter l'expansion de l'épidémie en prétant aux Etats des millions de dollars pour des politiques de prévention inefficaces, plutôt qu'améliorer l'accès aux traitements.
    Alors qu'aujourd'hui des initiatives se multiplient dans ce sens, la Banque Mondiale ne peut refuser de s'impliquer publiquement et de participer cette dynamique d'accès aux soins et aux traitements. Il n'est désormais plus décemment possible d'opposer prévention et soin ; il est clair pour tous que ces deux approches doivent être menées de front et coordonnées.
    La Banque Mondiale engage certes ponctuellement des sommes colossales pour l'accès aux traitements contre les maladies opportunistes et les MST, en Ouganda et au Malawi notamment. Mais ces programmes se soldent par des échecs retentissants parce qu'ils ne s'inscrivent pas dans des politiques véritables de restructuration des systèmes sanitaires des pays et ne sont pas coordonnés aux autres efforts internationaux.
    La Banque sera responsable au même titre que les autres bailleurs internationaux si d'ici deux ans le sida est considéré comme une de ces maladies exotiques propres aux pays en développement, si la distribution sauvage de traitements antirétroviraux se poursuit dans un contexte sanitaire toujours plus précaire, et si l'épidémie poursuit son expansion.
    La Banque doit désormais s'impliquer officiellement dans l'accès aux soins et au traitements: traitement des maladies opportunistes, réduction de la transmission mère-enfant, mise à disposition de traitements ARV.
    Elle doit faire de la lutte contre le sida une priorité, engager un playdoyer pour l'obtention de fonds additionnels, désavouer les politiques de recouvrement des fonds.
    Elle doit rendre aux Etats les moyens d'une prise en charge médicale décente des millions de personnes atteintes par une épidémie qu'elle a elle-même favorisée.


    Communiqué de presse du 30/06/98 : Schering Plough se moque des usagers de drogues

    Lundi 29 juin à 20H15, les activistes d'Act Up-Paris sont intervenus durant le symposium organisé par Schering Plough. Yves Tevessin, usager de drogue est monté sur l'estrade pendant que d'autres activistes bloquaient le déroulement de la séance. Il a expliqué les raisons pour lesquelles Act Up-Paris dénonce le groupe pharmaceutique :

    Le choix des usagers de drogue en France lorsqu'ils veulent un traitement de substitution se réduit aujourd'hui à deux produits et à deux galéniques :

    Le laboratoire Schering-Plough a conquis une position monopole sur la substitution en France : produit joué contre les autres formes de substitution, notamment le Sulfate de Morphine, rachat de licences, quasi-exclusivité sur la formation des médecins prescripteurs, travail médiatique exploitant les tabous des drogues ( injection, plaisir, etc...). Avec des méthodes de marketing, il a imposé son produit et sa conception de la substitution, avec un pur mépris pour les usagers de drogues et leurs aspirations.

    Schering Plough met les usagers en danger :

    Il n'y a toujours pas de prise en compte des avis et des pratiques des usagers, alors même que le SUBUTEX® a fait depuis 1996 au moins 20 morts par manque de mise en garde dans les notices d'utilisation (interaction avec les benzodiazépines). Le directeur médical du laboratoire a estimé que Schering-Plough n'avait aucune responsabilité dans ces décès.
    Les galéniques injectables ne sont toujours pas disponibles, alors que les consommateurs de SUBUTEX® éprouvent le besoin d'une substitution par shoot. Pourtant les excipients qui enrobent les cachets de SUBUTEX® ont des conséquences graves sur la santé des usagers qui l'injectent : veines bouchées ou sclérosée, abcès graves.

    Malgré cette évidence, Schering-Plough s'obstine à vouloir réaliser son "idéal": une substitution sans injection pour préserver leur image de marque. Sa réponse est le SUBOXONE®, un SUBUTEX® "inshootable" en passe d'être mis sur le marché,

    Schering-Plough rend son travail le plus opaque possible. Aucune des études demandées voilà 6 mois par Act Up-Paris n'ont été engagées. Les seules réalisées, sur le SUBUTEX® ont été financées par le laboratoire lui-même et présentaient le SUBUTEX® comme la panacée. Les vrais problèmes n'ont jamais été abordés.

    Schering Plough ne cherche que son profit :
    Pour Schering-Plough la santé des usagers est une entrave à ses bénéfices et a donc décidé de l'ignorer. Schering-Plough profitant de son monopole sur le marché de la "substitution à la française" bafoue les règles les plus élémentaires de la pharmacologie et décrédibilise la substitution aux yeux du grand public. Totalement insensible à ces arguments de santé publique.



    Communiqué de presse du 30/06/98 : Act Up-Paris dénonce l'hypocrisie de Bernard Kouchner à la conférence de Genève

    Mardi 29 juin 1998, lors d'une conférence de presse, Act Up-Paris a interpellé B. Kouchner sur la censure de la campagne de prévention en direction des homosexuels, ainsi que sur l'attitude du gouvernement face aux 80 000 personnes sans papiers qui sont rendues à la clandestinité. Pris en défaut devant la presse internationale, Bernard Kouchner s'est engagé à assurer l'accès aux soins et aux traitements pour les étrangers maintenus dans la clandestinité, et a annoncé que la campagne censurée paraîtra prochainement.

    Pourtant, Act Up-Paris peut difficilement accorder crédit aux engagements de Bernard Kouchner. Depuis son arrivée rue de Ségur, il nous a habitué à des effets d'annonce sans suite et tout indique aujourd'hui qu'il baisse les bras dans la lutte contre le sida :

    Nous dénonçons l'hypocrisie d'un ministre qui met en scène son engagement pour les pays du Sud alors qu'il démissionne face à l'épidémie dans son propre pays.


    Communiqué de presse du 29/06/98 :
    Act Up-Paris perturbe la cérémonie d'ouverture de la 12ème Conférence Mondiale sur le sida à Genève

    Dimanche 28 juin 1998, après un rassemblement devant le bâtiment des Nations Unies pour réclamer l'accès aux soins et aux traitements du sida dans les pays en développement, 40 activistes ont interrompu la cérémonie d'ouverture de la Conférence Mondiale sur le sida afin que les personnes atteintes de ces pays puissent enfin parler en leur propre nom.

    Désiré N'Dah, Président du Club des Amis, association de lutte contre le sida à Abidjan, a pris la parole et a dénoncé l'absence de volonté politique, d'engagements matériels et financiers concrets. Six mois après, l'annonce faite pendant le conférence d'Abidjan de plusieurs initiatives d'accès aux soins et aux traitements est restée lettre morte. Il a par ailleurs exigé que cette conférence soit l'occasion d'une coordination des efforts politiques et financiers, et non la mise en scène d'une solidarité factice.

    Dans la foulée, Joshua, membre de l'association de Migrants contre le sida, a dénoncé l'expulsion de Monsieur M. Congolais, séropositif, séjournant en Suisse et frappé d'une double peine. C'est à ce moment là que les militants d'Act Up-Paris ont interpellé Madame Dreyfuss, Ministre de l'Intérieur, des Affaires Sociales et de la Santé suisse aux cris de "Shame! Shame!" ("Honte! Honte!")

    Texte du tract distribué pendant la prise de parole de Désiré N'Dah

    Plus de 90% des personnes atteintes par le sida vivent dans les pays en développement, sans traitement : il y a six mois lors de la conférence d'Abidjan personne ne pouvait plus démentir ces chiffres.

    Des engagements ont certes été pris et des initiatives lancées pour permettre l'accès aux soins et aux traitements dans les pays du Sud : l'ONUSIDA et ses programmes pilotes d'introduction des traitements, la France et le Fonds de Solidarité Thérapeutique International . Mais sans engagement politique réel, sans moyens financiers conséquents, ces initiatives restent de belles intentions humanitaires. Aujourd'hui, les discours de Peter Piot, cent fois entendus, servent d'alibi au désengagement de la communauté internationale. Après 15 ans de politique de prévention sans accès aux soins et aux traitements, la Banque Mondiale et l'Union Européenne, ses Etats membres, les Etats du G8, en particulier les Etats Unis doivent maintenant payer pour l'attentisme, les morts causées par des politiques inadaptées à la réalité. Le plus cynique d'entre eux, la Banque mondiale, après avoir mis les systèmes de santé à genoux et favorisé la propagation de l'épidémie doit rendre des comptes.

    Nous exigeons des Etats qu'ils manifestent une volonté politique claire et des bailleurs internationaux qu'ils engagent les moyens nécessaires. Cette conférence doit être l'occasion d'une coordination des efforts financiers, pas la mise en scène d'une solidarité factice.


    Communiqué de presse du 26/06/98 :12ème Conférence Mondiale sur le sida à Genève

    Act Up-Paris participe à la 12ème conférence mondiale sur le sida à Genève du 28 juin au 3 juillet 1998.
    Les deux axes de travail principaux d'Act Up-Paris durant cette conférence seront l'accès aux traitements dans les pays en développement et les questions relatives à la toxicomanie (accès aux soins, politique de substitution).

    Ce travail s'inscrit naturellement dans nos activités courantes, qui sont la défense des droits des malades et des minorités ainsi que les questions de recherche et de traitements

    Act Up-Paris appelle à la manifestation du dimanche 28 juin 1998 à 14 heures qui aura pour thème : l'accès aux traitements dans les pays en développement. Rendez vous Place des Nations en face du Bâtiment des Nations Unies.

    Act Up-Paris a été retenu pour présenter 2 posters :

    Le jeudi 2 juillet de 8h à 18h, au Posters sessions.

    Act Up-Paris interviendra, à plusieurs reprises, à des Workshops :

    Samedi 13h, Samuel Somen.
    Samedi 13h, Gaelle Krikorian.
    Dimanche 8h, Christophe Martet.
    Dimanche matin, Marie de Cenival.


    Communiqué de presse du 20/06/98 : Jospin homophobe. Le jour de la Gay Pride, Matignon bloque une campagne de prévention ciblée

    Ce matin, vous ne verrez pas dans Libération la campagne de prévention sida initialement prévue par la DGS (Direction générale de la santé) et le CFES (Comité français d'éducation à la santé). Vous ne la verrez pas parce que Lionel Jospin l'a censurée.

    Il s'agissait d'une affiche montrant deux hommes s'embrassant, avec pour slogan "il n'y a pas que le sexe dans la vie".
    Elle nous avait été présentée par la DGS le 20 mai . Elle devait paraître aujourd'hui dans les pages Gay Pride de Libération. Le SIG (Service d'Information du Gouvernement, une administration rattachée à Matignon qui avalise les campagnes de communication des différents ministères) a opposé son veto à cette campagne en dernière minute, dix jours avant sa publication. Une réaction d'homophobie instinctive reprise à son compte par le cabinet du Premier ministre, dont l'arbitrage a été sollicité : "l'Etat n'a pas à faire la promotion de l'homosexualité". Le secrétariat d'Etat à la santé, pourtant signataire de cette campagne, ne veut pas affronter Matignon. La santé publique recule devant l'ordre moral.
    Nous savons désormais ce que Lionel Jospin veut dire lorsqu'il évoque "un certain ordre qu'il ne faut pas transgresser". Il s'agit d'un puritanisme d'Etat identique à celui qui a retardé jusqu'en 1987 les premières campagnes de prévention, la publicité pour les préservatifs ou la vente libre de seringues propres, et décimé les minorités. Aujourd'hui, comme ses prédecesseurs, Lionel Jospin refuse de mener la prévention ciblée en direction des différentes populations et des différentes pratiques qui, seule, permettrait de descendre sous le seuil des 6000 contaminations par an.
    Aujourd'hui, les masques sont tombés. Si un gouvernement de gauche a peur de montrer des pédés qui s'embrassent un jour de Gay Pride, on peut se demander ce que pèsera son engagement à donner des droits à nos couples lorsque les rues seront vides.

    Act Up-Paris dénonce une censure homophobe. Nous exigeons de Lionel Jospin des explications et des excuses publiques. Nous réclamons des campagnes de prévention explicites et ciblées. Nous réclamons une pleine reconnaissance de nos couples. Nous voulons l'égalité des droits.

    Contact presse: Brigitte Tijou tel 06 80 747 748


    Communiqué de presse du 19/06/98 :
    Rapport Dormont : Des questions capitales sont encore sans réponse et la recherche doit se poursuivre.

    Si Act Up-Paris ne peut que se réjouir de la rapidité avec laquelle les experts ont réactualisé les stratégies antirétrovirales, nous considérons que la réussite du rapport Dormont se mesurera dans l'application rapide de ses nombreuses recommandations pour tous les patients atteints par le VIH.

    Au lendemain de la présentation du rapport, nous souhaitons attirer l'attention sur plusieurs points :

    Ce dernier point souligne la nécessité de poursuivre l'effort de recherche pour lutter plus efficacement contre l'infection à VIH et il est indispensable que soit maintenue en France une structure de recherche spécifique sur le sida.


    Communiqué de presse du 05/06/98 :
    TOXIPRIDE. Dimanche 7 juin 1998, 15 heures, place de la Bastille.

    Au discours convenu sur les drogues, énoncé de loin et de haut, nous avons osé substituer un aveu à la première personne. A l'image simpliste du toxicomane, nous avons opposé celle d'un usager de drogues hédoniste, irrégulier, non-dépendant et récréatif. Rupture insupportable pour tous ceux qui ont pris l'habitude de parler des usagers de drogues à leur place, avec haine ou compassion. Pour tous ceux qui, du manière ou d'une autre, font métier de la représentation du "drogué" et tirent profit de son silence : le drogué des médecins et des psychiatres, des policiers et des juges, des conservateurs de droite et de gauche; ce drogué pathologique et criminogène, à la fois misérable et dangereux.
    Ensemble nous avons inventé une parole neuve, une politique à la première personne en quelque sorte, qui fait voler en éclats les vieux clichés. Cette irruption salutaire, il faut la prolonger.
    C'est pour cette raison qu'Act Up-Paris sera présent à la manifestation et au rassemblement prévu à 18 heures, Port de la Tournelle.

    N'hésitez pas à venir nous rencontrer pendant la manifestation ainsi qu'à notre stand, où nous pourrons vous exposer notre position : la légalisation contrôlée de toutes les drogues.


    Communiqué de presse du 29/05/98 : Combattez le sida pas les toxicos

    Vendredi 29 mai, 15 militants d'Act Up-Paris ont zappé le service du Professeur Coulaud à l'hôpital Bichat afin de dénoncer la discrimination dont a été victime une malade du sida. Le 9 avril dernier, cette personne a été mise à la porte de ce service alors qu'hospitalisée pour des problèmes pulmonaires, elle crachait encore du sang et avait une forte fièvre. L'équipe médicale n'a donné aucune raison valable à cette exclusion. C'est parce que cette malade est usagère de drogues qu'elle a été mise à la porte.

    L'action d'Act Up-Paris qui a constitué à occuper le service du Professeur Coulaud et à peindre à l'extérieur des formes humaines avec cette formule "combattez le sida pas les toxicos", a permis une rencontre avec la directrice de l'établissement et deux médecins. A l'issue de cet entretien, la directrice a convenu qu'une réflexion était necessaire sur l'accueil des usagers de drogue à Bichat. Une réunion se tiendra dès la semaine prochaine avec l'ensemble des acteurs.

    Malgré quelques progrès, la prise en charge médicale des usagers de drogues continue d'être supendue à des préjugés moraux. Suspicion, obsession du mensonge, chantage, infantilisation restent le lot quotidien de ces patients. Pourtant les usagers de drogues ont montré leur capacité à lutter contre le sida en intégrant des pratiques de prévention. Ils ont également montré qu'ils étaient capables de prendre en charge leur santé.

    Mais certains médecins leur en demandent toujours plus, ils préfèrent les savoir malades ailleurs, même si cet ailleurs signifie la rue. Pour eux, les usagers de drogues sont indésirables.

    Act Up-Paris exige que le système hospitalier assure enfin une prise en charge satisfaisante des usagers de drogues. Les discriminations à leur égard doivent cesser.

    Contact presse: Marc Nectar tel 01 49 29 44 75


    Communiqué de presse du 18/05/98 : Que cache la censure de Super 8 1/2 ?

    Alors que No Skin Off My Ass de Bruce La Bruce a obtenu son visa de censure, Super 8 1/2, du même réalisateur, a été proposé au classement X.
    Déjà, l'année dernière, Hustler White, un autre film réalisé par Bruce La Bruce, avait subi le même sort.
    En effet, Madame la Ministre de la Culture avait à ce moment-là levé cette interdiction.

    Le film avait donc pu sortir en salle assorti d'un avertissement.

    Cette fois, la commission de contrôle s'est insurgée officiellement contre des images de pénétration dans Super 8 1/2 . Elle a trouvé outrageante une scène de sodomie jugée «trop longue». Mais « l'intolérable» a été atteint avec des scènes de pénétration d'une femme sur un homme, ainsi que par des introductions d'objets, dixit.
    La sexualité et ses représentations à l'écran demeurent normatives et hétérosexuelles.
    Le classement X signifie la mort de Super 8 1/2 les salles de cinéma «X» ayant presque complètement disparu.
    A ce jour, Madame la Ministre semble moins disposée à intervenir.
    Chercherait-elle à gagner du temps, alors que la sortie du film est prévue le 24 juin 1998 et que nous lui avons fait part des délais contraignants de distribution?

    Il est urgent de clarifier les questions cruciales de la représentation des corps et de la sexualité à l'écran.
    Où en est la réforme de la commission de contrôle des films que Madame Trautmann avait évoqué l'année dernière ?
    Nous exigeons une réponse immédiate de Madame La Ministre.

    Contacts presse :


    Communiqué de presse du 06/05/98 : soutien à Jean Pierre Galand :

    Nous exprimons notre colère, suite au résultat du délibéré du procès de Jean-Pierre Galand, président du CIRC, pour l'opération « Chanvre des Députés ».
    Il est condamné en vertu de l'article L630 du code de la Santé Publique, à payer :

    Cette condamnation au total s'élève à 65 000 Frs environ, ce qui porte maintenant à 180 000 Frs la somme totale à laquelle sont condamné les responsables du CIRC.
    Cette opération du CIRC n'était pas ambigüe puisqu'adressée à des députés responsables, et elle était clairement et publiquement présentée comme une invitation ouverte et conviviale au débat sur les drogues. Les défendeurs de ce débat, sont encore une fois, muselés par une répression financière. C'est une preuve du chantage au silence et au maintien du tabou sur les drogues pour éviter un discours différent de celui de l'Etat. Le choix d'utiliser « la pression financière », c'est à dire la raison d'être des mafias, contre des associations non-subventionnées qui proposent des initiatives, manque vraiment d'à propos.
    L'Etat nous donne donc la preuve qu'il préfère entretenir le silence plutôt que de se donner les moyens d'une information sincère et efficace par peur d'y faire participer des associations et surtout tous les groupes d'usagers responsables, qui pourtant, à juste titre, sont évidemment les mieux informés.
    De plus, l'Etat, de fait, condamne le CIRC à soutenir financièrement, deux associations qui se sont clairement positionnées en faveur de la loi 70 qui provoque des condamnations arbitraires, des overdoses, « la circulation » de produits frelatés et donc des milliers de morts !

    L'idée d'une subvention indirecte à ces groupes, est la preuve ultime du caractère pervers de l'article L630.

    Pour la commission Toxicomanie d'Act Up-Paris Yves Tevessin


    Communiqué de presse du 17/04/98 : Chevènement démission

    Aux cris de "Chevènement réveilles-toi, les sauvageons sont là" et "Chevènement démission, arrêt des expulsions", les militants d'Act Up-Paris ont, vendredi 17 avril, réveillé à son domicile Monsieur Jean-Pierre Chevènement. Les militants ont été interpellés par les forces de l'ordre et amenés au commissariat, pour être ensuite relâchés 4 heures plus tard.
    Act Up-Paris entendait ainsi dénoncer les propos tenus, à plusieurs reprises, par le Ministre de l'Intérieur. A propos des associations de soutien aux sans-papiers, il dit : "Ce sont des petits groupes d'extrême gauche instrumentés par des formations étrangères".
    Jean-Pierre Chevènement s'obstine à ne pas rompre avec la politique de ces prédécesseurs, et conscient que nous serons de plus en plus nombreux à nous opposer à sa politique, le Ministre de l'Intérieur sombre dans la paranoia et l'insulte.

    Act Up-Paris exige :


    Communiqué de 17/04/98 : Chiffres du sida : la manipulation continue

    Act Up-Paris exprime son désaccord sur l'interprétation des dernières données épidémiologiques concernant le sida. Le 9 avril, le Secrétariat d'Etat à la Santé annonçait la chute de 70% des décès dus au sida entre 1995 et 1997 et la baisse de 50% du nombre d'hospitalisations sur la même période.

    Délivrées dans le but de faire les gros titres, ces interprétations sont incomplètes. En tronquant la réalité, elles sont contestables.

    La référence à l'année 1995 n'a d'autre objectif que de produire des chiffres spectaculaires. En effet, on sait que depuis 1996 avec l'arrivée des antiprotéases et la mise en place des multithérapies, les décès ont fortement chuté. L'annonce du 9 avril ne fait que confirmer cette donnée. Cependant, elle occulte une information publiée par le BEH n° 9/1998 : sur l'ensemble de l'année 1997, le nombre de décès ne diminue plus. Par rapport à 1996, ce nombre est resté stable. 902 personnes sont mortes du sida l'an dernier.
    Concernant les hospitalisations, la diminution du nombre de journées masque un autre phénomène. Celui de la lourdeur des prises en charge (grande précarité des malades, affections opportunistes graves, échappements thérapeutiques, atteintes neurologiques, etc.) attesté par l'accroissement de la charge de travail des personnels soignants et médicaux. Il est temps que les autorités en charge de l'hospitalisation mettent en place des enquêtes de qualité afin que l'exacte réalité de cette situation soit connue.

    On assiste donc à une nouvelle manipulation politique des chiffres du sida, prélude à un désengagement de l'Etat.

    Pourtant, la réalité reste inquiétante et appelle des ajustements significatifs :

    Plutôt que des annonces fracassantes, Act Up-Paris exige de Bernard Kouchner qu'il se mette au travail.


    Communiqué de presse 8/04/98 : Procès de Philippe Mangeot: une condamnation politique

    Aujourd'hui, à 13h30, a été rendu le délibéré du procès de Philippe Mangeot, inculpé au titre de l'article L630 du code de santé publique. Il a été reconnu coupable et condamné à verser 30 000F d'amende.
    Juridiquement ce procès est parfaitement illégitime : Philippe Mangeot n'était pas président d'Act Up-Paris à l'époque du tract, de plus la rédaction de ce tract s'est faite collectivement. Cela veut dire que l'on peut donc inculper n'importe quel membre d'Act Up-Paris pour un tract. C'est donc bien un procès politique.
    En nous interdisant de parler de toxicomanie, cette condamnation aboutit à interdire à une association de lutte contre le sida d'exercer son activité.

    "...le comportement de Philippe Mangeot est d'autant plus inadmissible qu'il exerce la profession d'enseignant, et que le but affiché de l'association Act Up-Paris est de "lutter contre le sida" alors que l'usage d'ecstasy dans des ambiances collectives favorise les relations sexuelles non protégées et que, de plus en plus souvent, il s'accompagne d'une toxicomanie à l'héroïne..."

    Cet extrait du jugement montre clairement ce qui se joue dans ce procès. Le fait d'être enseignant constitue donc une circonstance aggravante; de plus le tribunal se mêle de santé publique et s'appuie sur un raisonnement sans fondement pour tenir un discours moralisateur et idéologique.

    Nous faisons appel de ce jugement, et nous sommes décidés à aller jusque devant la cour européenne des Droits de l'Homme.




    Nous restons à votre disposition pour vous communiquer tout communiqué de presse antérieur.

  • Communiqués de presse du premier trimestre 98
  • Communiqués second semestre 97
  • actupp@compuserve.com pour les sujets d'ordres généraux, les aspects sociaux et d'accès aux soins
  • acttrait@actupp.org pour tout ce qui concerne les traitements et les protocoles
  • actpress@actupp.org pour tout ce qui concerne les médias et la communication

  • Act Up-Paris:
    BP 287
    75525 PARIS Cedex 11
    Tél.: 01.48.06.13.89
    Fax: 01.48.06.16.74
    Minitel: 3615 ACTUP (1,29F la minute)
    E.mail: actup@actupp.org


    ©Act Up-Paris, juin 98.