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Communiqué de presse 31/03/98 : le SAMU social exclut
Lundi 30 mars 1998, à 19h, une vingtaine de militants d'Act Up-Paris et d'AC! ont occupé le service des lits infirmiers du Samu social, situé à l'hôpital Corentin Celton. Pendant une heure, ils ont manifesté en criant : "Sida : La précarité tue, le Samu social exclut" et "Assez de charité, exigeons l'égalité".
Sous couvert de bonnes intentions et au nom de l'urgence sociale, le Samu social organise un système de relégation sociale, il légitime une médecine discriminante. De part et d'autre d'un mur les réalités divergent. Il y a «ici» et «là». «Ici» vous êtes dans un hôpital de l'Assistance Publique/Hôpitaux de Paris, vous venez vous faire soigner, «là» les médecins sont absents; on ne soigne pas, on cache, on entasse.
Une douche pour environ vingt-cinq, deux wc et un lavabo, ces conditions sanitaires qui rappellent l'hospice public du début du siècle en disent long sur l'intérêt que l'on porte à ces populations : chômeurs, précaires, sans domicile, marginalisés. De vagues soins infirmiers mais pas de soins médicaux, aucun traitement sérieux, aucune analyse n'y sont dispensés. La bobologie est aujourd'hui la seule réponse apportée à des centaines de milliers de personnes interdites des systèmes de santé ordinaires.
Jacques Chirac à la ville de Paris puis à l'Elysée ; Bernard Kouchner, l'actuel Secrétaire d'Etat à la Santé ; Xavier Emmanuelli et Dominique Versini à la tête du Samu social sont les responsables de cette situation. Dominique Versini, directrice du Samu social n'a pas cru bon de répondre à notre demande de rendez-vous. Nous continuerons nos actions tant qu'elle ne se sera pas expliqué sur ce scandale de santé publique.
Act Up-Paris exige l'augmentation des budgets hospitaliers et des minimas sociaux pour le droit à la santé pour tous.
Communiqué de presse 27/03/98 : par le sang, par le sperme, par les urnes.
« Sidaïque », « sidatorium », « sida mental » : si le Front National a déployé autant d'imagination verbale autour du sida, c'est qu'il y trouve une grande puissance métaphorique. La métaphore de tout ce qu'il déteste : pédés, toxicos, étrangers, prostituées, prisonniers, déviants et marginaux en tous genres. La métaphore de ce que nous sommes tous, dans la mesure où nous ne cadrons pas avec les normes du travail, de la famille ou de la patrie. En septembre 1994, dans un article prévisible dès le titre (« étrangers, clandestins, sidéens »), National Hebdo écrivait : « Ceux qui se présentent comme le fer de lance, à l'américaine, du combat contre le sida, sont en réalité membres d'une légion homosexuelle qui ne rêve que d'une chose : faire des invertis les moteurs et les modèles de la société. Act Up n'est pas une association de lutte contre le sida, c'est un syndicat qui donne dans le prosélytisme homosexuel ».
Aujourd'hui, fort d'avoir fait élire certains présidents de région, le FN dispose d'un pouvoir de nuisance qui n'est plus symbolique. On sait que les régions construisent les lycées, financent les CRIPS (Centres régionaux d'information et de prévention sur le sida), subventionnent des associations de lutte contre le sida. On sait aussi qu'elles peuvent, si elles le désirent, s'emparer de certaines compétences dans les domaines social et sanitaire. On frémit à l'idée d'une prévention auprès des lycéens inspirée des principes familialistes du FN, d'une d'information sur le sida purgée de tout prosélytisme (homo)sexuel, ou d'une politique d'accès aux soins fondée sur la préférence nationale. On pressent le genre de solution sanitaire que le FN appliquerait aux usagers de drogues, aux sans-papiers ou aux travailleuses du sexe.
S'il faut en vouloir à la droite qui s'offre au FN, il faut aussi en vouloir à cette gauche qui semble oublier, alors qu'elle défile contre lui, qu'elle lui a déjà concédé l'essentiel. Laurent Fabius avait ouvert la voie : « Le Pen pose de bonnes questions mais donne de mauvaises réponses ». Aujourd'hui, c'est un ministre de l'Intérieur très républicain, pas le FN, qui expulse des sans-papiers en les ligotant dans du scotch ; c'est un ministre de la santé du PRG qui refuse de changer de politique des drogues; c'est une municipalité socialiste qui déporte les prostituées lilloises hors du centre-ville ; c'était un maire communiste qui détruit les foyers immigrés de Montreuil. Et caetera.
Si Act Up-Paris manifeste demain, c'est donc pour refuser toute forme de pouvoir au Front National : celui qu'il revendique, celui qu'il est en passe d'obtenir, mais aussi celui qu'il exerce déjà par procuration.Act Up-Paris sera présent à la manifestation contre le Front National le samedi 28 mars 1998 à 15h00 à République, sous la banderole "Act Up-Paris lutte contre le sida".
Communiqué de presse
du 24/03/98 :
L'ANRS enfonce des portes ouvertes, au mépris des malades et des
règles d'éthique internationales
L'ANRS vient d'annoncer l'arrêt de l'essai COTRIMO-CI 059 (Côte d'Ivoire), qui visait à étudier l'efficacité et la tolérance du cotrimoxazole (Bactrim ®) dans la prévention des maladies opportunistes chez les personnes atteintes par le VIH. Les résultats intermédiaires concluent à une évidence : réduction de 50% des événements graves dans le groupe cotrimoxazole par rapport au groupe placebo !
Cet essai est un scandale, dénoncé par Act Up-Paris dès sont lancement en 1995 : l'efficacité du cotrimoxazole en préventif est connue de tous depuis des années et largement prouvée par l'expérience. Il s'agit en outre d'un produit bon marché et dont la dispensation ne pose pas de problème majeur. Dans ce domaine, ce n'est pas de recherche que l'Afrique avait besoin mais d'un accès large et immédiat au traitement.
Par l'utilisation d'un placebo, l'ANRS s'est rendue coupable de manquement aux règles d'éthique les plus élémentaires. Un essai de ce type n'aurait jamais dû voir le jour, car il était symptomatique du cynisme des promoteurs de recherches occidentaux qui abusent trop souvent des populations des pays en voie de développement.Qu'aujourd'hui l'ANRS ne tire aucune gloire de sa démonstration, mais qu'à l'avenir ce genre d'abus ne soit plus possible !
Communique de presse du
23/03/98 :
"Quand une loi est dangereuse, se taire est criminel"
La loi 70 est une loi d'exception. La loi 70 est hypocrite et criminogène. En 28 ans, elle a largement fait preuve de son inefficacité. Elle marginalise et clandestinise les usagers, elle est responsable de catastrophes sanitaires, en terme de contaminations VIH et hépatites, overdoses.
Le L630, entre autres articles, réduit les usagers au silence, en les contenant dans un rôle de malades / irresponsables et/ou de délinquants. La liberté de parole et d'opinion est une des étapes nécessaires pour que les usagers remettent main sur leur avenir et redeviennent des citoyens à part entière. A l'heure actuelle, les autorités ont beau jeu d'utiliser la caricature du toxicomane : ils utilisent le L630 comme une arme dès que le discours répressif officiel est contredit. L'article L630 en nous empêchant de parler, notamment des plaisirs des drogues, maintient les mensonges, et évite de remettre en cause l'efficacité de la loi du 31 décembre 1970
Il est impossible qu'une réelle information et une véritable éducation puissent être réellement mises en place sous le L630. Aujourd'hui seules la gendarmerie et la police sont considérées comme "apte à s'en occuper". En matière de prévention, nous dénonçons la schizophrénie de l'Etat qui, d'une part, finance les initiatives associatives en matière de réduction des risques (petit manuel du shoot à risques réduits d'ASUD, et autres supports de prévention vers les usagers), et qui, d'autre part, poursuit ces mêmes associations ou particuliers pour d'autres initiatives publiques tout aussi indispensables (manifestations publiques).
Il est urgent que les spécialistes et les laboratoires puissent faire des études, des analyses et des essais à grande échelle sur les interactions entre les drogues illicites, les produits de substitution et les médicaments et, que les résultats soient publiés. Prohibition et santé publique sont incompatibles. Ce sont maintenant aux défenseurs de la loi de 1970 de justifier pourquoi ils défendent une politique aussi destructrice. Ce n'est pas à nous de rendre des comptes
L'article L630 instaure le délit d'opinion A une époque où ont lieu de nombreux procès, de nombreuses associations sont poursuivies au titre du L630. la nécessité de faire front commun face à la prohibition et à leurs tenants, s'est imposé. C'est pourquoi Act Up-Paris fait partie du groupe d'associations à l'initiative du Collectif Pour l'Abrogation de la loi du 31 décembre 70.Un véritable débat public ne peut avoir lieu sans l'abrogation de l'article L630. Act Up-Paris appelle à la désobéissance civile: Pour la liberté d'en parler, pour le droit d'en user, ne respectons plus l'article L630. L'article L630 instaure le délit d'opinion
A une époque ou ont lieu de nombreux procès, de nombreuses associations sont poursuivies au titre du L630. La nécessité de faire front commun face à la prohibition et à leurs tenants, s'est imposé. C'est pourquoi Act Up-Paris fait partie du groupe d'associations à l'initiative du Collectif pour l'Abrogation de la loi du 31 décembre 1970
COLLECTIF pour l'ABROGATION de la LOI du 31 DECEMBRE 1970
Nous voulons dans un premier temps :
Communiqué de presse 19/03/98 : homophobie : Act Up-Paris réveille Jean-Luc Aubert
Aux cris de "Aubert tu ne rêves pas, les pédés sont en bas" et "sida : l'homophobie tue", vingt militants d'Act Up-Paris ont, jeudi 19 mars, réveillé à son domicile Monsieur Jean-Luc Aubert, conseiller près la Cour de Cassation.
Act Up-Paris entendait ainsi dénoncer les prises de position de ce juriste sur l'homosexualité, publiées dans le Dalloz du 5/03/98.
S'exprimant sur l'arrêt de la Cour de Cassation du 17 décembre 1997, refusant de reconnaître les mêmes droits au logement à tous les concubins, hétérosexuels comme homosexuels, Jean-Luc Aubert écrit :"l'homosexualité est par nature un comportement mortel pour la société".
Pour lui, il s'agit d'"une constatation biologique élémentaire".
Joint par téléphone au cours de cette action, Monsieur Aubert a confirmé sa position en déclarant : "je pense avoir été mesuré dans mes propos".Act Up-Paris exige :
Contre l'homophobie et tous ses alliés, Act Up-Paris reste mobilisé.
Communiqué de presse 18/03/98 : Tandis que les sans papiers s'apprêtent à commémorer le deuxième anniversaire de l'occupation de Saint Ambroise, M. Chevènement rend hommage aux méthodes répressives de son prédécesseur.
Aujourd'hui, comme l'explique le Monde dans son édition datée du 18 mars, le gouvernement a décidé de s'accommoder de l'existence d'un nombre indéterminé d'étrangers en situation irrégulière sur le sol français. Plus de 75000 sans papiers vont se voir invité à quitter le territoire, comme seule réponse à leur demande de régularisation. Un grand nombre (50000 ? 150000 ?) n'ont même pas déposé de dossier, tant la circulaire du 24 juin leur apparaissait restrictive. Il est bien sûr peu réaliste d'imaginer qu'on saura, humainement et dans le respect des principes de la République, déporter une telle population. Alors, pour faire croire que le problème est réglé, le gouvernement Jospin, qui se souvient qu'il était arrivé au pouvoir à la faveur du mouvement des sans papiers et de la mobilisation contre les lois Debré choisit la répression, espérant, en les terrorisant, faire disparaître ceux qui osent protester.
Lundi matin, les forces de l'ordre ont délogé les membres du collectif du 13e arrondissement qui avaient investi l'église Jeanne d'Arc. Elles ont ensuite brutalement réprimé le mouvement spontané de solidarité qui s'était rassemblé devant la préfecture pour demander la libération des personnes arrêtées, ce qui ne s'était pas vu depuis des années. Ce matin, à la suite de ces arrestations, 12 sans-papiers sont en rétention, 3 sont passés en correctionnelle pour infraction à la loi sur les étrangers, 2 autres ont tout simplement disparu. L'attitude du gouvernement est malheureusement d'une logique implacable : d'un côté, on refuse de revenir sur des lois qui produisent de la clandestinité, de l'autre, on lutte avec énergie contre ceux qui se battent contre les injustices, les drames humains, ou les conséquences sanitaires désastreuses de ces lois : aujourd'hui les sans papiers, demain, également, les individus ou les associations qui les soutiennent et qui n'auront pas obtenu l'agrément du Ministre de l'Intérieur, comme le laisse craindre le nouvel article 10 bis de la loi Chevènement. Avec un avantage : cette répression-là, un gouvernement de droite n'aurait même pas osé l'envisager.Act Up-Paris exige la libération des détenus, la régularisation de tous les sans papiers et la refonte du droit des étrangers.
Communiqué de presse
17/03/98 :
Grâce à Act Up-Paris, un antivomitif efficace pourra être
enfin prescrit en France: le Nabilone.®
L'Agence du Médicament autorise l'importation, en ATU nominative, du Nabilone®, un antivomitif à base de cannabis synthétique utilisé depuis vingt ans en Grande Bretagne dans le cadre de chimiothérapies. De nombreux malades soignés par chimiothérapie s'étaient plaints auprès d'Act Up-Paris du peu d'efficacité de la gamme d'antiémétiques actuellement disponibles en France. Des vomissements, souvent spectaculaires, les empêchaient de poursuivre leur trithérapie durant le traitement de leur cancer.
Depuis quelques mois, Act Up-Paris s'est attaché à recueillir les témoignages et les plaintes de séropositifs soignés pour un lymphome par chimiothérapie. Chez de nombreux malades, la plupart des antiémétiques traditionnels se révèlent impuissants à contenir des vomissements, qui peuvent se produire toutes les heures : Primpéran®, Kytril® et Vogalène® n'ont quasiment aucun effet sur eux. Le Zophren® réduit, au mieux, de moitié la périodicité des vomissements. Les corticoïdes leur sont déconseillés à cause de leur effet immunodépresseur. Outre la souffrance due aux nausées, les pertes de poids, les brûlures au gosier dues au passage de la bile, ces vomissements répétés empêchent le malade de garder ses pilules et donc de poursuivre sa trithérapie pendant la chimiothérapie, sur des périodes qui peuvent atteindre 6 mois : on sait les conséquences d'une interruption de traitement anti-VIH. Ces raisons sont parfois la cause d'un refus du malade de poursuivre jusqu'à son terme la chimiothérapie.
Act Up-Paris a donc entrepris des recherches sur les antivomitifs utilisés ailleurs qu'en France et a découvert qu'il existait un médicament couramment employé en Grande Bretagne dans le cadre de chimiothérapies, et fabriqués par Cambridge Laboratories : le Nabilone® , version synthétique de la substance active du cannabis (Delta 9 Tetrahydrocannabinol); de nombreuses études comparatives ont établi la faible toxicité de ce produit, son absence d'effets secondaires, et son efficacité pour une grande majorité de malades précisément là où les autres antivomitifs échouent
Ce produit est d'ores et déjà
disponible en ATU nominative, grâce à la pression d'Act Up-Paris.
Les patients peuvent le demander à leur médecin. Ces derniers
devront s'adresser à l'Agence du Médicament (Direction de
l'Evaluation, Unité Autorisations Temporaires d'Utilisation, Tél
: 01 48 13 20 00).
Act Up-Paris exige des pouvoirs publics l'Autorisation de Mise sur le Marché
dans les plus brefs délais de ce médicament.
Communiqué de presse
06/03/98 :
Le Ministre de l'Intérieur instaure un tri entre les bonnes associations
et les associations indésirables.
Act Up-Paris invite les associations de défense des étrangers
à résister.
Dans l'indifférence générale, la loi Chevènement a été votée mardi soir à l'Assemblée Nationale.
En première lecture, les députés avaient souhaité supprimer enfin le délit de solidarité. L'article 10 bis protégeait contre des poursuites les " associations à but non lucratif qui apportent aide et conseils à un étranger [ en situation irrégulière ], et en particulier les associations qui viennent en aide aux étrangers dont l'état de santé nécessite un traitement médical. "Le Sénat a évidemment annulé cet article, comme la quasi-totalité du projet.
En seconde lecture, l'Assemblée a rétabli un à un la plupart des articles dans leur rédaction antérieure. Mais l'article 10 bis a fait l'objet d'un traitement particulier. A l'initiative de Julien Dray, le rapporteur Gérard Gouzes a soumis aux députés une version modifiée. Vidée de sa substance, la nouvelle rédaction ne permet aux associations d'apporter leur aide qu'à " un étranger entré régulièrement sur notre territoire ". Va-t-on poursuivre ceux qui aident des réfugiés, souvent entrés illégalement, à déposer leur dossier de demande d'asile ?
Mais il y a pire. A la demande de M. Chevènement, les députés ont, à la hâte et presque sans débat, adopté un amendement qui précise que ne seront protégées que les " associations à vocation humanitaire, dont la liste est fixée par arrêté du ministère de l'Intérieur, et les fondations. "
Cet amendement est inquiétant, parce qu'il est l'expression d'une pensée totalitaire : celle d'un pouvoir qui, non content de prétendre contrôler les allées et venues de tous les étrangers, voudrait aussi décider de qui peut leur venir en aide.
Cet amendement est pervers - la volonté du gouvernement est claire : sous couvert d'instaurer une protection légale des associations qui défendent les étrangers dans un but non lucratif - et qui jusqu'à présent n'avaient jamais été poursuivies - il pourra désormais attaquer celles qui lui déplaisent et n'ont pas les appuis politiques suffisants pour être défendues : petites associations, collectifs de sans papiers Puisqu'on ne veut pas revenir sur des lois qui produisent, et continueront de produire de la clandestinité, on préfère s'en prendre à ceux qui luttent, avec leurs moyens, contre les effets catastrophiques de ces textes.Le gouvernement veut à tout prix maintenir dans la loi le délit de solidarité : Act Up-Paris espère que les associations sollicitées refuseront la complicité qu'on leur demande et n'accepteront pas de sacrifier leur indépendance en figurant sur la liste noire des bons serviteurs de l'Etat.
Communiqué de presse
04/03/98 :
C'est parce qu'Act Up-Paris soutient le Pacte d'Intérêt Commun
(PIC) qu'il revendique l'ouverture du mariage aux homosexuels.
Au printemps 1997, le gouvernement s'est engagé à instaurer un contrat d'union sociale, à l'étude depuis 1989. Depuis février, des articles de Libération et du Monde laissent entendre la présentation à l'Assemblée d'un projet de Pacte d'Intérêt Commun (PIC) avant la prochaine Lesbian and Gay Pride. Act Up-Paris se réjouit d'un tel projet qui, en ouvrant des droits aux couples homosexuels et hétérosexuels, comblera un vide juridique.
En leur permettant d'organiser leur vie commune en matière patrimoniale et fiscale, ce pacte résoudra des situations parfois dramatiques que rencontrent notamment les malades du sida. Ce projet est d'autant plus essentiel qu'il repose sur un dispositif juridique non discriminatoire, garantie d'égalité entre tous.
Au nom de cette égalité, Act Up-Paris restera vigilant pour l'obtention d'un certain nombre de droits fondamentaux (titre de séjour pour les étrangers, droit du travail, adoption,...) et pour leur application immédiate.
Au nom de cette égalité, Act Up-Paris estime également qu'il devient urgent de mettre un terme aux discriminations que le droit installe entre couples hétérosexuels et couples homosexuels en refusant à ces derniers l'accès au mariage. Act Up-Paris revendique l'ouverture du mariage sans aucune restriction et réclame l'inscription de cette question à l'ordre du jour de la prochaine conférence de la famille annoncée par Martine Aubry le 3 février dernier.Act Up-Paris estime que les associations d'homosexuel(les) et de lutte contre le sida devraient être reçues et représentées par qui de droit, au même titre que les associations familiales et les organisations syndicales et patronales avec lesquelles une concertation est prévue.
Act Up-Paris soutient le PIC et revendique l'ouverture du mariage afin de rendre réellement possible le choix de chaque citoyen.
Communiqué de presse
du 26/02/98 : Drogues : l'appel
des 111 continue.
Le gouvernement doit répondre.
Contact presse : Gaëlle Krikorian / Arlindo Constantino
Act Up-Paris continue de faire signer la pétition «Ce risque, je le prends» qui a déjà recueilli plus de 300 signatures. Aux 111 personnalités qui ont reconnu avoir "à un moment ou à un autre de leur vie consommé des produits stupéfiants" se sont joints de nouveaux signataires comme les cinéastes Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville ou Arnaud Marty-Lavauzelle de AIDES-Fédération.
Aujourd'hui, Act Up-Paris a décidé d'étendre la pétition au plus large public.L'objet de cette pétition est d'abord de mettre en cause l'article L630 du code de la santé publique qui sanctionne la présentation sous un jour favorable de produits stupéfiants. La législation actuelle sur la toxicomanie contient en effet dans son intitulé l'interdiction de sa contestation. Comment, dans ces conditions, pouvoir mener un véritable débat de santé publique?
Cette pétition intervient alors que plusieurs militants anti-prohibitionnistes, dont Philippe Mangeot, président d'Act Up-Paris, sont poursuivis par les tribunaux. Au-delà de l'innocence des accusés, au-delà du droit à la libre expression, c'est bien la législation en matière de stupéfiants qui est en cause.
De plus en plus de personnes, qu'elles soient responsables politiques, médecins, intervenants en toxicomanie, travailleurs sociaux, militants associatifs, usagers de drogues ou non, s'accordent sur un point : la politique du tout-répressif est un échec total de santé publique. Il reste à espérer que le gouvernement saura engager un véritable débat sur ces questions et qu'il se gardera bien d'adopter la posture puritaine et dangereuse de Ségolène Royal. Cette dernière dénonçait hier l'initiative «de banalisation des interdits» des 111 personnalités. La santé publique et la vie de plusieurs centaines de milliers de personnes a plus de prix que le confort moral de Ségolène Royal.
Rendez-vous à la 16ème chambre correctionnelle du TGI,
Philippe Mangeot, président d'Act Up-Paris, comparaîtra demain mercredi à 13h30 devant la 16ème chambre du tribunal de grande instance : l'Etat l'incrimine au titre de l'article L.630 de la loi du 31 décembre 1970 pour "présentation sous un jour favorable de produits stupéfiants." Il est reproché à Philippe Mangeot d'avoir distribué un tract intitulé "j'aime l'ecstasy" lors d'une manifestation contre la fermeture de cinq boîtes de nuit en septembre dernier.
Il s'agit là d'un procès politique. L'article L.630 est un arme dont se sert l'Etat pour faire taire les opposants à la prohibition des drogues. Outre Act Up, ASUD (Auto-support des usagers de drogues) et le CIRC (Collectif d'information et de recherches cannabiques) sont poursuivis en ce moment.
C'est pourquoi Act Up-Paris a lancé une pétition qui a recueilli jusqu'à présent 200 signatures. Comme les 343 "salopes" qui avaient déclaré publiquement avoir avorté, des artistes (André Téchiné, Patrice Chéreau, Marina Vlady, Annette Messager, Noir Désir...) des journalistes (Gérard Lefort, Didier Eribon, Elisabeth Lebovici...), des universitaires (Etienne Balibar, Yann Moulier-Boutang, Anne Coppel...), des médecins (Léon Schwartzenberg, Rony Braumann...), des responsables politiques (Daniel Cohn-Bendit, Alain Lipietz...), des responsables associatifs (Fabrice Olivet d'ASUD, Alain Danand de Sol en Si, Jean-Pierre Alaux du Gisti...) ont décidé d'assumer publiquement des pratiques illégales : "à un moment ou à un autre de ma vie, j'ai consommé des produits stupéfiants. Je sais qu'en admettant publiquement être un usager de drogues, je peux être inculpé. Ce risque, je le prends".Au-delà de l'innocence de l'accusé, au-delà du droit à la libre expression, c'est bien la législation en matière de stupéfiants qui est en cause. De plus en plus de personnes, qu'elles soient responsables politiques, médecins, intervenants en toxicomanie, travailleurs sociaux, militants associatifs, usagers de drogues ou non, s'accordent sur un point : la politique du tout-répressif est un échec total de santé publique ; la loi de 1970 doit être profondément révisée et l'article L.630 doit être abrogé. C'est ce procès là qu'il faut faire demain.
Un an après le procès devant le tribunal de grande instance de Strasbourg, rejetant de l'exception d'illégalité (utilisation d'un article du code pénal allemand de 1871 ) invoquée lors du procès, la Cour d'appel a condamné, le 28 janvier 1998, les cinq militants associatifs d'EGALES et d'Act Up-Alsace.
Cette condamnation apporte une caution inadmissible aux propos de Mgr Elchinger.
L'affaire Elchinger doit faire réagir :
En France propos homophobes et discriminatoires peuvent être tenus en toute impunité,
La protection des minorités n'est pas assurée par la loi française face aux discriminations qu'elles subissent,
Occasionellement la justice, au gré de ses particularités locales et des convictions personnelles, peut aménager des décisions qui vont à l'encontre du principe d'égalité des citoyens devant la loi.Act Up-Paris tient à rappeler son soutien aux militants d'EGALES et d'Act Up-Alsace.
Soutenez EGALES et Act Up-Alsace afin de leur permettre de réunir la somme de 100 000 francs pour payer les amendes et se pourvoir en cassation.
en savoir plus.
Communiqué de presse
du 22/02/98 :
Ethique des essais dans les PVD : Act Up-Paris attend des actes
En 1994, l'OMS recommandait la mise en place d'essais cliniques contre placebo visant a reduire la transmission mere-enfant. L'objectif était clair : aboutir a un régime allegé d'AZT par rapport au regime défini par l'ACTG 076/ANRS 024, qui puisse servir de standard aux pays en développement. S'en est suivi une polémique internationale autour d'une dizaine d'essais, déclarés non éthiques.
Le 18 fevrier 1998, le CDC est le premier a communiquer des résultats : le schéma de durée réduit le taux de
transmission périnatale a 9,6% avec AZT, contre 18,6% sous placebo. Sous la pression internationale des activistes, l'ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida), le CDC (Center for Disease Control Atlanta), le NIH et l'ONUSIDA ont recommandé de supprimer les groupes placebo dans les études sur la prévention périnatale ou de les remplacer par le schéma court d'AZT de l'essai du CDC.
Act Up-Paris veillera a ce que ce soit fait.
Mais cela n'est pas suffisant. Depuis la conference d'Abidjan, les enjeux de santé dans les PVD s'inscrivent dans une perspective nouvelle d'accès aux traitements. Les laboratoires pharmaceutiques sont maintenant désireux d'inscrire durablement leur présence dans ces pays ; des tractations entre organismes internationaux et laboratoires sur le coût de l'AZT et des autres antiviraux sont en cours ; l'arrivée officielle de ces traitements
avec le programme pilote de l'ONUSIDA va bousculer la recherche internationale.
Les promoteurs d'essais y voient déjà l'opportunite d'entreprendre de multiples recherches sur des régimes allégés pour toutes les combinaisons de traitements imaginables. Pourrait s'en suivre une longue liste d'abus.
Ces nouveaux enjeux internationaux imposent un recadrage de l'éthique dans les essais thérapeutiques. Les agences internationales doivent prendre les devants et prevoir un cadre éthique qui assure un contrôle des essais afin de juger de la pertinence de ces recherches, de proscrire l'usage de placebo lorsqu'il y a une alternative, et de prevoir systematiquement l'apres essai dans les pays concernés. Une instance internationale doit être créée pour veiller au respect des regles d'éthique internationales. Ce travail doit être mené en collaboration avec les ONG de personnes atteintes. Comme cela est le cas en occident, les malades peuvent, quand il s'agit de recherches menées dans les pays en developpement, critiquer lesprotocoles et exiger le respect de l'éthique. Et si les africains ne disposent pas encore de toutes les informations pour juger de l'intérêt qu'ils peuvent avoir a participer a des essais, ou des risques qu'on leur fait prendre, les malades occidentaux seront la pour les aider.
Pour garantir l'éthique dans la recherche therapeutique, Act Up-Paris exige que des garde-fous soient instaurés.
A la demande d'Act Up-Paris, le Conseil National du Sida a été saisi. Le Secretaire d'État a la Santé,
Bernard Kouchner, est alerté. ONUSIDA se dit preoccupee par la question. Nous attendons des actes.
Texte du tract diffusé durant la manifestation du 31 janvier : La mort au cas par cas.
70.000 : c'est sans doute le nombre de sans papiers que la circulaire de régularisations au cas par cas imaginée par le gouvernement Jospin va laisser sur le carreau. Ces personnes seront condamnées à la clandestinité, à moins que M. Chevènement sache comment expulser dignement et humainement une telle population. Préparée dans le même esprit,, sa loi promet les mêmes gâchis. Elle ne revient sur aucune des dispositions catastrophiques des textes antérieurs. Grâce à elle, on continuera d'exiger des caisses de sécurité sociale le contrôle de la régularité de leurs affiliés, encourageant ainsi des pratiques discriminatoires, de délation et de flicage, alors que l'on sait aujourd'hui qu'une telle mesure a des conséquences désastreuses pour la santé publique. On continuera de soumettre la délivrance d'une carte séjour à des considérations vagues d'ordre public, maintenant dans la loi des catégories de personnes non expulsables ni régularisables, alors que l'on prétendait corriger les dérives absurdes des lois Pasqua et Debré. On continuera de refuser l'asile à tous les laissés-pour-compte de la convention de Genève, femmes, homosexuels, minorités, qui risquent la prison ou la mort dans leur pays d'origine.
Ces renoncements étaient prévisibles, car ce qui est ici en cause, ce n'est pas tel ou tel article de la loi Chevènement, ce ne sont pas les critères de la circulaire : c'est toute la logique de soupçon d'un projet qui part du principe que de bonnes frontières sont des frontières fermées, et veut distinguer à tout prix les bons étrangers des mauvais. Le résultat inévitable, ce sont ces dizaines de milliers d'étrangers sans statut et sans droits. Pour tous ceux-là, le métro, l'école, l'hôpital, sont d'abord des lieux où l'on risque d'être contrôlé, dénoncé ou arrêté ; il est impossible d'étudier, de travailler ou de se soigner. Par expérience, Act Up-Paris sait que lorsqu'on stigmatise une population, on la prive de l'accès aux soins et aux campagnes de prévention, on la rend plus vulnérable à la maladie, on la condamne à mort.
Act Up-Paris exige la régularisarion de tous les sans-papiers et une refonte totale du droit des étrangers, basée sur l'abrogation de l'ordonnance du 2 novembre 1945.
Communiqué de presse du 29/01/98 : Non au Subutex "inshootable"
Aujourd'hui à 15h00, 15 militants d'Act Up-Paris ont perturbé la commission nationale des traitements de substitution, qui réunissait des intervenants en toxicomanie ainsi que Schering Plough, qui présentait à cette occasion une forme non-injectable du Subutex®: le SUBOXONE (buprénorphine/naloxone).
Cette réunion avait pour but de présenter ce produit, en vue d'une autorisation de mise sur le marché (A.M.M.).
Act Up-Paris exige que ce produit n'obtienne pas son A.M.M., car remplacer le Subutex (qui n'a pas réalisé "l'idéal" d'une véritable politique de substitution) par une autre forme de Subutex "inshootable", c'est amener les usagers de drogues qui ne désirent pas arrêter le shoot, à retourner dans la rue, c'est leur faire prendre à nouveau des risques.
L'introduction de ce produit sur le marché français constitue une régression inacceptable de la politique de réduction des risques "à la française".
Au contraire, il faut une galénique injectable pour élargir la palette de substitution et développer l'accès aux seringues.
Dans le contexte actuel de répression maintenu par la loi de 1970, la seule manière d'éviter de "galérer" est de faire le choix forcé de la substitution: faux choix qui ne deviendra vrai pour l'usager que lorsqu'il pourra choisir lui-même sa voie.
Dire oui au Subutex "inshootable", c'est préserver "le tabou de l'injection", pour forcer à l'abstinence et exiger sournoisement le sevrage.
Act Up-Paris prédit une catastrophe sanitaire si l'A.M.M. de ce produit est accordée au laboratoire Schering Plough.
L'amélioration de la condition sanitaire et sociale des usagers de drogues ne peut être pensée sans une remise en cause radicale de la loi de 1970.
En savoir plus.
Communiqué de presse
du 23/01/98 :
Bernard Kouchner répond à Act Up-Paris
Le 12 janvier 1998, Act Up-Paris publiait un encart dans Libération concernant la prescription de l'AZT en première intention. A ce propos, Act Up-Paris exigeait de Bernard Kouchner qu'il convoque le groupe d'experts présidé par le Professeur Jean Dormont.
Il aura fallu 9 jours pour que le Secrétaire d'Etat à la Santé prenne position. En effet, il indique aujourd'hui que ce groupe devra rendre ses conclusions au plus tard le 11 mars à la suite des travaux de la conférence de Chicago.
Une fois de plus c'est Act Up-Paris qui a dû faire le travail des autorités sanitaires et contrairement à ce qu'ont dit certains, en publiant cet encart, Act Up-Paris a pris ses responsabilités.
Communiqué de presse
du 21/01/98 :
Minima sociaux : Act Up-Paris reveille Lionel Jospin
Puisqu'il se moque de nous, Lionel Jospin aura la guerre. Aujourd'hui, à 6h30, vingt-cinq militants d'Act Up-Paris l'ont réveillé à son domicile, rue du Regard, à coups de sifflets et de cornes de brume.
Si nous nous permettons de troubler l'intimité de nos ministres, c'est qu'eux-mêmes semblent faire peu de cas de nos vies.
Les déclarations de Lionel Jospin à l'Assemblée nationale, hier, sont inacceptables. En refusant de revaloriser les minima sociaux, dont l'allocation adultes handicapés (AAH), il officialise la précarité et insulte les précaires.
Peut-on soutenir aux malades du sida qu'ils devront se satisfaire de 3470 F par mois ?
Peut-on sérieusement nous opposer le spectre de la "société d'assistance" et nous vanter le caractère "central" du travail, alors que notre état de santé nous pousse hors du salariat traditionnel ?
Lionel Jospin espère peut-être opposer l'impatience des chômeurs à la prudence des contribuables, et la paresse des allocataires au labeur des "bas salaires".
Quant à nous, la maladie nous interdit de choisir entre la misère et l'exploitation, et notre durée de vie ne nous permet pas d'attendre des budgets meilleurs. Nous refusons d'être maintenus dans la précarité par un gouvernement obtus.
Nous refusons les allocations à 50% du SMIC, les droits à mendier, l'injonction au travail. Avec les chômeurs et les précaires en lutte, nous continuerons notre combat jusqu'à ce que des ressources décentes nous soient garanties, qui nous permettent de vivre.
Act Up-Paris exige une revalorisation immédiate et conséquente de tous les minima sociaux, dont l'allocation adultes handicapés.
P.S. : L'action s'est conclue par une retraite au café Cluny où se déroulait l'émission Culture Matin. Suivis pendant le trajet par 5 officiers des Renseignements Généraux, paniqués par la perspective d'une autre action dans la foulée, nous avons eu l'honneur d'être encerclés pendant notre petit déjeuner par une soixantaine de C.R.S. deployés autour du café. Toute sortie en groupe du café était menacée d'interpellation. Nous avons été contraints de sortir par petits groupes et abondamment filmés par les caméras des Renseignements Généraux, puis par celle des C.R.S.
Texte du tract diffusé
lors de la manifestation du 17/01/98
Sida : La précarité tue.
Il y a aujourd'hui dans, la rue, comme une Pride. Une «Précaire Pride », pour reprendre les termes du collectif d'occupation de la rue Vicq d'Azir en juillet dernier. Des gens en colère sortent de la marginalité à laquelle les ont contraints des années de résignation gouvernementale, d'hypocrisie caritative et de discours compassés. Alors forcément, ça nous plaît.
Mais ce mouvement tait mieux que nous plaire. Il nous concerne.
Faut-il rappeler que la précarité tait le jeu du sida ?
Au premier trimestre 1997, 69% des cas de sida déclarés concernaient des personnes n'ayant pas bénéficié d'un suivi médical, éloignées du système de soin par la précarité, c'est-à-dire par le manque d'argent, ou par la pression des flics - par toutes ces impossibilités et ces urgences de la survie précaire qui relèguent au second plan l'attention que l'on prête à son corps. Au premier trimestre 1997, d'ailleurs, 41% des personnes dont nous parlons ignoraient leur statut sérologique.L'épidémie de sida l'a prouvé : l'État n'a jamais su penser ce lien entre conditions sociales et état du corps. Rien d'étonnant, dès lors, à ce qu'il ait laissé se dégrader le montant de l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) : à sa création, en 1975, elle représentait 80% du SMIG ; aujourd'hui, elle n'en représente plus que 51% (3470 F).
Paniqué par l'augmentation du nombre de bénéficiaires d'une aide initialement conçue pour quelques cas médicaux exceptionnels (handicapés moteurs ou mentaux «lourds»), l'État a cherché à en restreindre l'accès. En contrôlant nos vies : puisque les ressources du conjoint entrent en ligne de compte pour le calcul des droits, les inspecteurs de l'aide sociale s'autorisent de intrusions dans nos couples.
Et en nous évaluant systématiquement à l'aune du salariat : en 1994, on a durci les critères médicaux avec un critère d'inaptitude au travail - pour l'État, il n'y a pas de malades, il n'y a que des travailleurs impotents.
Act Up-Paris exige la revalorisation immédiate ce l'allocation adulte handicapés et de tous les minima sociaux.
Communiqué de presse
du 14/01/98 : Revalorisation des minima sociaux :
Act Up-Paris gache le diner de Martine Aubry
Ce soir, Martine Aubry dîne chez Alain Minc avec quelques chefs d'entreprise.
Act Up-Paris a jugé bon de troubler ce dîner, en rappelant une exigence formulée par les malades du sida :
la revalorisation de l'AAH (allocation adultes handicapés). Une cinquantaine de militants d'Act Up, auxquels se sont joints des chômeurs en lutte, ont manifesté sous les fenêtres du 225 rue de l'université, jusqu'à l'intervention de la police.L'AAH fait partie de ces minima sociaux dont le montant s'est perpétuellement dégradé. Lors de sa création en 1975, elle correspondait à 80% du SMIC. Aujourd'hui cette proportion est tombée à 51%. Comment espérer vivre avec 3470 F par mois quand on est malade ?
La revalorisation de l'AAH est une des plus anciennes revendications d'Act Up-Paris.
Avec le mouvement lancé par les chômeurs, auquel nous participons, ce combat trouve une actualité particulière : c'est tout le système des allocations qu'il faut revoir.
Au 1er trimestre 1997, 69% des nouveaux cas de sida déclarés concernaient des personnes éloignés du système de soins par la précarité ou l'absence de droits. 41% d'entre elles ignoraient leur statut sérologique. Nous exigeons donc la revalorisation de tous les minima sociaux. Parce qu'avec le sida, la précarité tue.
Communiqué de presse
du 13/01/98 :
Le gouvernement assiège les chomeurs
Act Up-Paris proteste contre l'évacuation par la force de la Chambre de Commerce et d'Industrie, occupée pacifiquement par les chômeurs à la suite de la manifestation d'aujourd'hui.
De toute évidence, le gouvernement n'a pas d'autre réponse à offrir que la répression.
Vers 15 heures, au terme de la manifestation, plusieurs centaines de manifestants, dont des militants d'Act Up-Paris, ont entamé l'occupation de la Chambre de Commerce et d'Industrie. Moins d'une heure plus tard et après avoir assiégé les occupants, les policiers tentent de les expulser avec des gaz lacrymogènes.
Act Up-Paris proteste contre la solution policière que le gouvernement a choisi. Nous rappelons notre soutien et exigeons la revalorisation des minima sociaux en particulier celle de l'Allocation Adulte Handicapé.
L'AZT (Rétrovir®) ne devrait plus être prescrit en traitement initial aux personnes atteintes par le VIH : en effet, plusieurs études montrent qu'un premier traitement comprenant cette molécule diminue significativement l'efficacité des médicaments de même famille, notamment du d4T (Zerit®) et du 3TC (Epivir®) comme traitement de rechange en deuxième intention.
Act Up-Paris doit une nouvelle fois informer directement les séropositifs et les malades : ni les médecins, ni les autorités sanitaires n'ont jugé bon d'agir pour stopper des prescriptions qui peuvent menacer la durée de vie et la santé des patients. Les médecins le savent : l'AZT est un antirétroviral efficace, mais le traitement du VIH est entré dans une nouvelle phase, celle des stratégies thérapeutiques. Aucun traitement ne reste efficace à long terme contre le VIH. Ce sont donc plusieurs multithérapies successives qu'il faut envisager. Aujourd'hui, des alternatives thérapeutiques existent à l'AZT dans un premier traitement.C'est pourquoi Act Up-Paris exige que le principe de précaution soit appliqué à la prescription de l'AZT en première intention.
Il faut suspendre la prescription d'AZT chez les séropositifs naïfs de tout traitement tant que Bernard Kouchner n'aura pas demandé et obtenu un avisclair du groupe d'experts dirigé par le professeur Jean Dormont sur la conduite à tenir. Pour se prononcer, les experts disposent déjà de plusieurs études. Les essais Altis 1 et 2, conduits par le Pr. Christine Katlama ont montré une efficacité significativement supérieure de la bithérapie d4T + 3TC chez les patients naïfs par rapport à ceux qui avaient préalablement reçus de l'AZT, en terme de charge virale et de restauration des lymphocytes CD4. Lors de la XIème Conférence Internationale sur le sida à Vancouver en juillet 1996, et plusieurs fois depuis, le Pr. Eric J. Arts a présenté des travaux sur les résistances à l'AZT qui conduisent à déconseiller la prescription de cette molécule en première intention. Enfin, les travaux pharmacologiques sur Altis de Jean-Pierre Sommadossi présentés à la conférence de Hambourg en octobre 1997 ainsi qu'une étude du Centre hospitalier de Strasbourg présenté à Toronto lors du 37ème ICAAC vont dans le même sens.
Même incomplètes, ces données sont alarmantes. La prescription d'AZT semble en baisse aux Etats-Unis, et, en France, le groupe AC5 de l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida discute de l'opportunité de poursuivre les prescriptions d'AZT en première intention.Avant d'accepter un premier traitement comprenant de l'AZT, interrogez votre médecin sur les alternatives thérapeutiques. Pour plus d'informations, appelez Sida Info Service au 0 800 840 800
ou Act Up-Paris du lundi au vendredi de 15h à 19h au 01 49 29 04 04.
Plus d'infos.
Act Up-Paris se réjouit des propos tenus par Johnny Hallyday, dans Le Monde du 7 janvier 1998, sur l'usage qu'il a fait et fait encore de la cocaïne. Il n'est pas si fréquent qu'une personnalité témoigne publiquement de pratiques proscrites par la loi de 1970.
Le combat que nous avons engagé, dans le cadre de la lutte contre le sida, contre une loi qui criminalise les usagers de drogues, a tout à gagner à de telles déclarations.
Les propos de Johnny Hallyday nous rappellent aussi qu'une population privilégiée peut avoir accès à des produits de qualité, en faire un usage raisonnable, en jouir sans risques, et même en parler en public. D'autres, faute d'une information nécessaire pour consommer en limitant les dangers, faute de moyens suffisants pour se procurer des produits non frelatés, faute d'une notoriété incontestée pour oser en parler, sont contraints à la clandestinité et aux catastrophes sanitaires, psychologiques et sociales qu'elle génère. La loi de 1970 est directement responsable de cette discrimination.
Faut-il être une star du show-biz pour bénéficier du droit à la santé ?
Communiqué de presse
du 06/01/98 :
Act Up-Paris soutient le mouvement des chomeurs
Les militants d'Act Up-Paris expriment leur soutien le plus chaleureux aux actions et aux revendications des chômeurs en lutte, et se joindront à leurs manifestations. Car ce combat est aussi le nôtre : nous savons par expérience que le manque de droits solides, l'absence de revenus garantis et le maintien dans la précarité font le jeu de l'épidémie de sida. Nous savons aussi, pour l'avoir fait, que les groupes sociaux marginalisés n'obtiennent rien sans l'exiger avec colère, force et fierté. Et nous avons en horreur, pour l'avoir subi, cet argument rituel de "manipulation", "d'irresponsabilité" et "d'extrémisme" qui surgit à nouveau : la gauche officielle n'a sans doute pas été portée au pouvoir pour mépriser les mouvements sociaux que nous, malades du sida, chômeurs ou sans-papiers, cherchons à animer. Ensemble nous le lui rappellerons.
| Nous restons à votre disposition pour vous communiquer tout communiqué de presse antérieur. |
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