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Communiqué de presse
du 30/12/97 :
sida en afrique : la Banque Mondiale se met en retrait.
Alors que la conférence d'Abidjan sur le sida et les MST en Afrique a enfin permis d'ouvrir le débat sur la prise en charge des malades, la réaction des bailleurs de fonds les plus attendus s'est avérée parfaitement inadéquate.
Au mépris de la gravité de la situation, la Banque mondiale a affiché sa volonté de rester en marge du débat sur l'accès aux soins et de toujours concentrer ses investissements sur la prévention.
Les experts de la Banque mondiale sont bien les seuls à n'avoir pas tiré leçon de l'échec retentissant des dix dernières années de campagnes de prévention. Il est clair pour tous qu'on ne peut espérer de prévention efficace en l'absence de perspectives d'accès aux soins. Tant que les malades resteront invisibles, hors de tout circuit de santé, les discours de prévention seront globalement inefficaces. Nul aujourd'hui ne peut prétendre l'ignorer : « l'accès difficile aux soins sur le continent noir joue un rôle majeur dans la propagation du virus » (Peter Piot, directeur d'ONUSIDA).
Les représentants de la Banque mondiale sont allés jusqu'à se montrer hostiles à la création d'un fond international de solidarité thérapeutique, déclarant qu' «un surcroît de dépenses engagées sur le sida nuirait aux malades souffrant d'autres affections », et que « donner l'accès aux malades africains aux mêmes traitements qu'en Occident nuirait à l'équité. »
« Traiter ce qui est traitable et prévenir ce qui peut l'être », voilà toute l'ambition de Mead Over, quand, d'urgence, tous les moyens doivent être mis en uvre pour initier une restructuration et une rationalisation des systèmes sanitaires, pour développer l'accès aux soins primaires et aux traitement des maladies opportunistes, en même temps que peut être entrepris une dispensiation contrôlée des antirétroviraux.
Les experts de la Banque mondiale prétendent craindre les « expériences trop rapides et hasardeuses » ? il ne tient qu'à eux de s'assurer que ces projets soient réalisés dans les meilleures conditions. La Banque mondiale ne peut se soustraire au rôle essentiel qu'elle doit jouer.Act Up-Paris n'hésitera pas à dénoncer toute initiative dangereuse ou insuffisamment maîtrisée; de même nous ne manquerons pas de rappeler aux bailleurs internationaux leurs responsabilités.
Au regard des sommes qui ont pu être engagées sans résultat, il serait indécent que les plus importants bailleurs refusent de s'investir dans la prise en charge médicale des malades africains et se contentent de laisser pourrir la situation.
Contact presse: Act Up-Paris / Gaëlle Krikorian 01 49 29 44 75
Communiqué de presse
du 28/11/97 :
1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida :
par le sang. par le sperme. par la loi.
L'année dernière lors du premier décembre Act Up-Paris était seul à proclamer: "l'épidémie n'est pas finie". Aujourd'hui tout le monde en convient. Le 1er décembre prochain, Act Up-Paris manifeste contre un arsenal légal qui détourne des populations entières de la prévention, des soins et des bénéfices thérapeutiques.
Par le sang. Par le sperme. Par la loi.
C'est le mot d'ordre qui figurera cette année sur notre banderole.
Si Act Up-Paris a déjà eu maille à partir avec un certain nombre de lois, il y a pourtant quelque chose de nouveau dans le fait d'en faire le thème de notre manifestation du 1er décembre.
Il s'agit pour nous de constituer une riposte cohérente à un arsenal légal tout aussi cohérent : faire entendre que des lois répressives sont incompatibles avec la notion même de Santé publique ; faire comprendre qu'à travers le sida, ces lois tuent. Le scénario est sinistre et implacable : des personnes réprimées, harcelée par les forces de polices, sans cesse aux prises avec la justice, auront d'autant moins de chances d'accéder à l'information, de se donner les moyens de se protéger, de bénéficier du système de soins et d'observer correctement des traitements dont on sait les effets catastrophiques chez ceux qui ne les prennent pas avec la rigueur et la régularité requises.
Dans son texte, la loi sanctionne ou pénalise des pratiques habiter sur le territoire français sans en avoir obtenu l'autorisation ; racoler sur la voie publique, à des fins professionnelles ou non ; consommer des substances non autorisées, pour le plaisir ou par nécessité, etc. Dans les faits, c'est la personne qui se livre à ces pratiques, ou qui y est contrainte, qui est condamnée. Car ces lois, cristallisent des identités, forgent des destins précaires et sans cesse menacés : le sans-papier, la prostituée, le toxicomane autant de vies fragilisées, exposées aux risques de la maladie et de la mort. On découpe la vie par tranches, et c'est le corps qui se retrouve en morceaux.Si nous réclamons l'abrogation de certaines lois, c'est aussi parce que nous avons des alternatives à proposer, des exigences à faire entendre. Opposer au dispositif répressif sur la toxicomanie la nécessité d'une légalisation contrôlée des drogues. Opposer à l'idéologie d'une maîtrise des flux migratoires, dont on sait les piètres les résultats, l'idée d'une ouverture des frontières. Opposer à la définition d'un mariage arc-bouté sur le slogan de la différence des sexes la nécessité d'un mariage ouvert à tous ceux qui le désirent, quels que soient leur sexe et leurs préférences sexuelles.
Manifestation le 1er décembre à 18H00 place de la Bastille.
Parmi les rares artistes impliqués dans la lutte contre le sida, Barbara a été la seule à nous soutenir sans faille, sans réserve et sans interruption. Elle ne faisait pas le partage entre un sida présentable et un autre qui le serait moins. Avec nous, elle se battait pour les prisonniers, les étrangers, les homosexuels, les prostitué(e)s, les toxicomanes.
Grâce à son soutien et aux droits qu'elle nous a cédé pour sa chanson "Le Couloir", nous avons pu mené un combat qui lui tenait à coeur.Aujourd'hui, les militants d'Act Up-Paris sont tristes.
Avec la mort de Barbara, c'est à la fois une figure de la culture gaie et lesbienne ainsi qu'un modèle singulier d'engagement sans concession dans la lutte contre le sida que nous perdons.
Notre lutte continue, c'est le meilleur hommage que nous puissions lui rendre.
(photo : une partie du staff Act Up au cimetière de Bagneux, à l'occasion dela cérémonie)
Communiqué de presse du 05/11/97 : l'ONUSIDA tente vainement de masquer son impuissance
A travers l'annonce très médiatique de son programme d'amélioration de l'accès aux médicaments pour la prise en charge de l'infection à VIH dans les pays en voie de développement (PVD), l'ONUSIDA affiche des ambitions inversement proportionnelles aux moyens dont il dispose pour les mettre en oeuvre.
Un million de dollars sur cinq ans pour quatre pays : c'est la somme qu'ONUSIDA a débloquée pour la phase pilote.
Moins de 0,3% de son budget global sera donc consacré à un domaine capital sur lequel ONUSIDA n'avait encore rien fait depuis sa création :
certainement pas de quoi faciliter l'accès aux traitements antiviraux, adapter les infrastructures sanitaires et les circuits de distribution, donner des moyens techniques de suivi biologique aux laboratoires, assurer une meilleure formation du personnel soignant pour garantir l'usage approprié des médicaments...
Mis à part l'engagement très flou (à quelle hauteur? pour quelle durée? sur quelle échelle?), de seulement deux des principaux producteurs d'antiviraux, ONUSIDA dont la mission est pourtant de mobiliser et cordonner l'investissement des bailleurs de fond mondiaux, n'a rien obtenu de concret.
Charge est laissée aux gouvernements des PVD de rassembler les fonds nécessaires à l'amélioration de leurs infrastructures, à l'achat des médicaments et à la gestion sur le long terme de cette politique !
A ce compte-là, le programme risque d'avoir des effets pervers dramatiques : risque d'envolée incontrôlable des phénomènes de résistance, sélection clientéliste des malades dans les rares infrastructures viables, monopoles des grandes compagnies pharmaceutiques sur un marché ou les génériques pourraient faire leur entrée, surinvestissements de fonds publics au détriment d'une politique démocratique de santé publique axée sur les soins primaires, etc.ONUSIDA joue avec le feu et son directeur le sait.
Mais l'opération tombe à point nommé pour faire oublier le bilan unanimement controversé des trois années d'existence de cette agence. La faiblesse de son engagement ne fait que confirmer l'impuissance de cet organisme chargé depuis sa création de gérer la pénurie. ONUSIDA n'est que le cache misère de la baisse drastique de l'engagement international sur le sida dans les PVD depuis l'avènement des trithérapies en Occident.
Contact presse: Act Up-Paris / Marie Hellouin de Cenival 01 49 29 44 75
Communiqué de presse du 23/10/97 : Rétention de sans-papiers: cela arrive aussi à Melun
Le 23 octobre à 9h, la Coordination nationale des sans-papiers, soutenue par Act Up-Paris et d'autres organisations engagées dans le combat des sans-papiers, ont investi les locaux de la préfecture de Melun, pendant qu' un goupe effectuait un picketing devant la préfecture aux cris de "Melun, camp de rétention" et "Le Préfet de Melun a du sang sur les mains", une quinzaine de sans-papiers et de militants d'Act Up-Paris entraient dans les locaux. Ils ont manifesté devant le bureau du préfet pour obtenir une audience. Ceci dans le but d'exiger du préfet qu'il vienne visiter les caves du commissariat de Melun qui servent illégalement de centre de rétention.
En effet, à l'occasion, l'Etat français y enferme discrètement des sans-papiers en cours d'expulsion, dans l'attente de leur passage devant un juge. Le tribunal administratif vient de reconnaître l'existence de ce centre, et admet que les conditions d'hygiène et de sécurité y sont déplorables. Il a pourtant refusé de nommer un expert, au motif que «les locaux du commissariat (...) ne sont pas susceptibles de modifications immédiates ». Depuis, les trois sans-papiers qui avaient fait cette demande ont probablement été reconduits à la frontière.
Le préfet a refusé de recevoir les militants qui ont été retenus par les forces de l'ordre au commissariat principal de Melun.
Dans la seule préfecture de Seine-et-Marne, on compte plusieurs centres de rétention : à Melun, à Chessy, où les conditions d'hygiène sont déplorables. La répression de l'immigration n'est donc pas le monopole des grandes métropoles ou des régions frontalières : à côté des grands camps officiels (Vincennes, le Mesnil-Amelot, le «dépôt» de Paris, etc.), l'Etat s'est doté de petites oubliettes clandestines, disséminées sur tout le territoire. La fermeture des frontières, aujourd'hui, "ça arrive aussi près de chez vous".
Le commissariat de Melun, c'est la réalité ordinaire de la «maîtrise des flux migratoires» que le nouveau gouvernement a repris à son compte.
Tant qu'on s'épuisera à « lutter contre l'immigration clandestine », il faudra des lois d'exception, des pouvoirs administratifs exorbitants, des rétentions arbitraires et indignes. Il faudra aussi des citoyens complaisants. Lionel Jospin refuse d'abroger les lois Pasqua-Debré, Jean-Pierre Chevènement veut encore allonger la durée de rétention, 120 000 sans-papiers attendent leur régularisation : le gouvernement espère ses engagements seront oubliés et compte sur l'indifférence de l'opinion.
Nous exigeons la fermeture du centre de rétention de Melun.
Le 25 octobre à Paris aura lieu une manifestation pour l'abolition de la retention, l'abrogation des lois répressives et la régularisation de tous les sans-papiers. Rendez-vous à 15h00, place Edmond Rostand (métro Luxembourg, face au Sénat).
Depuis le 15 octobre, la préfecture de police de Paris fait obstacle à un rassemblement prévu vendredi 17 octobre pour réclamer la régularisation des sans-papiers et l'abrogation des lois Pasqua-Debré. Cette manoeuvre intervient alors que le Conseil des Ministres vient d'adopter le projet de loi Chevènement. La décision de la préfecture est politique. Selon M. Mure, sous-directeur à l'ordre public, elle émane directement du Préfet de police : M. Massoni.
Depuis le 18 juillet 1997, un rassemblement, organisé notamment par la Coordination nationale des sans-papiers et Act Up-Paris, a lieu devant la préfecture de police de Paris tous les vendredis pendant une heure. Il réunit chaque semaine entre 100 et 400 personnes. Un accord avait été négocié avec la préfecture afin que ce rassemblement hebdomadaire se déroule dans les meilleurs conditions et que les sans-papiers qui y participent ne risquent pas d'être arrêtés.
Aujourd'hui, la préfecture remet en cause cet accord de manière unilatérale. C'est pourquoi nous avons décidé de maintenir ce rassemblement, quelle que soit l'attitude de la préfecture. A quelques jours de l'ouverture des débats parlementaires, il nous semble plus que jamais nécessaire que les acteurs du mouvement des sans-papiers puissent s'exprimer.
Un rassemblement aura donc lieu à 13 h, vendredi 17 octobre devant la Préfecture de Police de Paris (Métro Cité).
Comme chaque semaine, les manifestants se livreront à un picketing: ils tourneront pendant une heure en brandissant des pancartes et en criant des slogans.
Des représentants des associations seront présents pour répondre aux questions des journalistes.
Communiqué de presse
du 8 octobre 1997 :
Rapport Dormont : Act Up-Paris exige un nouveau système d'élaboration
des recommandations thérapeutiques.
Demain, le rapport du groupe Dormont d'actualisation
des recommandations en matière de traitement du VIH sera rendu public.
Act Up-Paris se félicite de ce que les avancées thérapeutiques
de ces derniers mois soient enfin rassemblées d'une façon
claire et cohérente. Act Up-Paris regrette cependant un flou persistant
sur trois points :
Communiqué de Presse
du 3/10/1997 :
L'Hôpital Hôtel-Dieu de Paris complice du sida : en attendant
la prophylaxie, les contaminations continent.
Vendredi 3 octobre, une quinzaine de militants d'Act Up-Paris a envahi les locaux de la direction de l'Hôtel-Dieu pour protester contre l'absence, dans cet hôpital, de dispositif d'accueil d'urgence des personnes exposées au VIH au cours d'une relation sexuelle ou d'un échange de seringues. C'est ainsi que les 18 et 24 septembre 1997, le service d'urgence a refusé de prendre en considération la demande de deux personnes ayant téléphoné suite à une exposition au VIH due à une rupture de préservatif.
Pourtant, depuis le 24 juillet 1997, les hôpitaux ont obligation de mettre en place des mesures de prophylaxie pour toutes personnes ayant été exposées au VIH quelle que soit la nature de l'exposition, afin d'éviter de nouvelles contaminations. En effet, le 24 juillet 1997, Bernard Kouchner a rendu publique une lettre aux CISIH leur demandant de prendre en charge l'exposition au VIH au cours de rapports sexuels. Cette mesure a été prise suite à l'intervention et à la pression d'Act Up-Paris qui dénonçait, dans un encart paru le 24 juin 1997 dans Libération, la note 666 du 28/10/96 qui organisait l'inégalité des soins en cas d'exposition au VIH. En effet, cette note envisageait une prophylaxie uniquement pour les personnels de santé en cas d'exposition au sang.Le 12 août, une circulaire est publiée ( DGS/DH n° 97/560 du 12/08/97) : elle indique :
"les demandes de prophylaxie après un accident de prévention récent doivent trouver une réponse adaptée. Dans l'attente de recommandations, le public sera orienté vers des lieux identifiés en coordination entre les CISIH, les services prescripteurs, les sévices d'urgence, les consultations de dépistage et les médecins libéraux. L'évaluation des situations et les prescriptions relèvent de la responsabilité médicale. Aucune facturation de doit être fait au patient. Le financement et le règlement seront précisés ultérieurement."
La plupart des hôpitaux de l'Assistance Publique a mobilisé ses services, y compris les services d'urgence, pour répondre à cette nouvelle demande et propose à toutes personnes des traitements de prophylaxie en cas d'exposition avérée au VIH. Il est donc inadmissible que l'Hôtel-Dieu, qui dispose du plus important service d'urgence de Paris , s'y soit encore refusé.
Le directeur de l'Hôtel-Dieu, Monsieur MEYOHAS a reconnu devant les militants d'Act Up-Paris que rien n'était encore prévu pour répondre aux attentes et permettre l'accès aux soins nécessaires des personnes se trouvant dans cette situation. Il s'est engagé à y remédier au plus vite.Act Up-Paris ne se contentera pas de cette vague promesse. Act Up-Paris continuera à vérifier régulièrement que les établissements hospitaliers accueillent effectivement les personnes exposées au VIH.
Tract distribué à l'occasion de la manifestation du 14/09/97 relative à la fermeture des établissements Gays :
«Un jour, un dealer ferme un établissement qu'on aime».
Pourtant, le Queen, le Cox, l'Enfer, le Folies Pigalle et le Scorpion n'ont pas été fermés par des dealers. Ces établissements ont été fermés par un juge d'instruction en vertu d'une loi qui réprime le trafic et l'usage des drogues.
Ceux qui dénoncent l'amalgame entre la fête et l'usage de l'ecstasy sont hypocrites.
Nous sommes des consommateurs d'ecstasy, nous sommes là pour défendre notre plaisir et non pas pour défendre des établissements.
C'est parce que nous voulons agir conformément à nos pratiques que nous réclamons l'abrogation de la loi du 31 décembre 1970.
Communiqué de presse du 29/08/97 : dans sa guerre à la drogue, l'Etat trouve un nouveau bouc-émissaire : les gays
En décidant de fermer cinq établissements gais parisiens, la préfecture de police exerce sciemment une discrimination à l'encontre de la communauté homosexuelle. Le prétexte à ces fermetures autoritaires pour six mois serait le trafic de stupéfiants dans ces établissements.
Une fois de plus, les services de police et les pouvoirs publics ont choisi la répression. Cette situation met clairement en lumière le caractère insupportable de la législation française en matière d'usage de stupéfiants et plus particulièrement de la loi du 31 décembre 1970.
Faisant de l'usage un délit, de l'usager un délinquant, cette loi oppose en fait la répression aux impératifs de la prévention et de la santé publique. En la maintenant en application, les gouvernements successifs ont permis que l'épidémie de sida se transforme en hécatombe dans les populations toxicomanes. C'est ainsi qu'en 1995, 4,7 milliards de francs étaient dépensés par l'Etat dans sa guerre contre la drogue pour seulement 0,629 milliards de francs pour la prise en charge sanitaire des toxicomanes.
Enfin Act Up-Paris s'interroge sur l'attitude du Syndicat National des Entreprises Gaies (SNEG). Celui-ci en lançant, il y a quelques mois, sa campagne contre la toxicomanie, a voulu faire des établissements des auxiliaires de police. Cette stratégie se retourne contre l'ensemble de la communauté.Act Up-Paris exige du gouvernement qu'il décide au plus vite l'abrogation de la loi de 70.
Act Up-Paris exige la dépénalisation et la légalisation des drogues.
Communiqué de presse du 28/08/97 : Act Up-Paris obtient de nouvelles garanties pour l'attribution de l'Allocation adulte handicapé
Le ministère de la solidarité répond favorablement aux exigences d'Act Up-Paris concernant l'Allocation adulte handicapé (AAH) :
Depuis, plusieurs mois nous dénoncions l'augmentation des délais d'instruction des demandes d'AAH ainsi que la remise en cause des droits des personnes atteintes par le VIH. En effet, avec la mise en place des polythérapies et l'arrivée des antiprotéases, de nombreuses personnes atteintes par le VIH se voient refuser par la COTOREP des taux de handicap suffisant pour ouvrir droit à l'AAH ainsi qu'à certains droits afférents.
En attribuant des pourcentages à peine inférieurs aux taux de 50% ou 80%, la COTOREP montre son incapacité à comprendre ce qu'est l'épidémie de sida, ce qu'implique de vivre avec le VIH et la situation sociale de nombreux malades. Ainsi, le taux de 80%, outre le versement de l'AAH permet l'attribution d'un complément de 549 F d'aide au logement ainsi que l'attribution de la carte d'invalidité donnant accès à certaines exonérations comme celle de la redevance télé.Une circulaire du 25 Août obtenue suite aux pressions d'Act Up-Paris sur le ministère de la Solidarité devrait permettre de remédier à certaines décisions aberrantes de la COTOREP.
Elle constate « que si les nouvelles thérapeutiques apportent une amélioration de l'état général d'un certain nombre de personnes atteintes, cette amélioration n'est pas assurée à long terme. De plus, une partie notable des malades échappent à cette efficacité thérapeutique ».
Elle demande donc aux COTOREP « l'attribution d'un taux justifié et compréhensible par le demandeur, afin d'éviter les incompréhensions voire des contentieux » et exige que « la détermination d'un taux très légèrement inférieur aux taux de 50% ou 80% requis selon les cas, doit faire l'objet d'une motivation suffisamment explicite pour éviter des contestations ».
En publiant ce texte, le ministère de la Solidarité montre la force de l'expertise d'Act Up-Paris en matière de droits sociaux des personnes atteintes par le VIH.
Act Up-Paris ne saurait s'en contenter. Nous exigeons la revalorisation de l'AAH à hauteur de 80% du SMIC alors que son montant actuel de 3433,08F mensuels est absolument dérisoire et ne permet pas à une personne malade de vivre dignement.
Communiqué de presse
du 29/07/97 :
Exposition au VIH : Act Up-Paris dénonce le coup médiatique
de Bernard Kouchner
Le 24 juin dernier, Act Up-Paris dénonçait publiquement l'inégalité d'accès au traitement prophylactique après une exposition au VIH.
La note de la Direction Générale de la Santé n°666 du 28 octobre 1996 limitait l'accès à ce traitement aux personnels de santé en cas d'accident d'exposition au sang . Act Up-Paris exigeait l'extension des dispositions de cette note à toutes les situations d'exposition au VIH.
Le 30 juin 1997, Act Up-Paris a été finalement invité au sein du groupe de travail de la DGS sur le diagnostic précoce de l'infection VIH mis en place en avril 1997.Dans ce groupe, auquel participent les associations AIDES et Sida Info Service, Act Up-Paris a exigé qu'une note soit adressée immédiatement aux médecins traitant des personnes atteintes par le VIH afin qu'ils informent "spontanément leurs patients séropositifs de ce qu'il faut faire en cas d'accident" avec un partenaire séronégatif. Les malades et les séropositifs d'Act Up-Paris veulent pouvoir informer eux-mêmes leurs partenaires séronégatifs en cas d'accident de capote. Les membres du groupe, médecins et représentants associatifs, se sont unanimement opposées à cette proposition, en s'appuyant sur "l'état de la réflexion (...) et du consensus" qui ne permettrait pas, selon eux, "un affichage d'orientations dès maintenant".
Craignant un nouveau scandale de santé publique, et contre l'attentisme des médecins et des associations consultés par la DGS, Bernard Kouchner a été contraint de suivre les exigences d'Act Up-Paris. Mais conformément à ses habitudes, le secrétaire d'Etat à la santé a choisi le mode du coup médiatique et de l'effet d'annonce. Une fois de plus, Act Up-Paris a pris ses responsabilités : combien de temps encore les malades devront-ils dicter leur conduite aux autorités de santé publique?
Act Up-Paris exige des mesures d'accompagnement immédiates :
Act Up-Paris dénonce l'hypocrisie et la lenteur du système de réflexion et de consultation des experts mis en place par la DGS.
Act Up-Paris exige une nouvelle fois la mise en place rapide, avant le 30 septembre, de nouvelles campagnes de prévention et d'information sur le diagnostic précoce, le traitement et la prophylaxie de l'infection par le VIH.
Encart "Libération"
du mardi 24 juin 1997 :
Exposition au VIH : l'Etat organise l'inégalité des droits.
En France, quand un professionnel de santé médecin, infirmière, aide-soignant(e) se blesse avec une aiguille contenant du sang appartenant à un malade infecté par le VIH, il peut bénéficier dans les quatre heures qui suivent cet accident d'un traitement prophylactique pour prévenir une éventuelle contamination. Il s'agit d'une bithérapie AZT/3TC ou d'une trithérapie AZT/3TC/Indinavir de 30 jours, dont la puissance antirétrovirale peut empêcher le virus du sida d'infecter les cellules.
Ces dispositions sont contenues dans la note d'information DGS/DH/DRT n°666 du 28 octobre 1996 « relative à la conduite à tenir pour la prophylaxie d'une contamination par le VIH en cas d'accident avec exposition au sang ou à un autre liquide biologique chez les professionnels de santé ».
Elle fixe de façon extrêmement détaillée les règles médicales à suivre immédiatement après un accident.
Dès l'exposition, les professionnels de santé connaissent les gestes simples qui limitent les risques de transmission : comment désinfecter efficacement la plaie, comment se nettoyer les yeux en cas de projection de sang, etc. Ils ont le choix de suivre ou de ne pas suivre la prophylaxie, ils peuvent évaluer avec un médecin compétent la nature de l'exposition qu'ils ont subie massive, intermédiaire ou minime et sont informés des avantages du traitement, de ses effets secondaires, et des incertitudes quant à son efficacité.Ce dispositif est inégalitaire. Il ne prend pas en compte les accidents avec exposition au sperme. Il ne s'applique qu'aux professionnels de santé. Il exclut donc la quasi-totalité de ceux qui sont effectivement exposés au VIH, c'est-à-dire les milliers de victimes d'accidents de capote et les usagers de drogue ne disposant pas de matériel propre.
Sur la foi des connaissances scientifiques actuelles, l'Etat sait qu'un usage prophylactique des médicaments antirétroviraux est possible dans les heures qui suivent l'exposition au virus du sida. Mais il a choisi de limiter la diffusion de ce savoir. Des médecins le savent aussi : les professeurs Catherine Katlama, Willy Rozenbaum et Jacques Leibovitch prescrivent déjà une trithérapie aux patients séronégatifs qui se présentent dans leur service immédiatement après avoir été en contact avec le VIH (cf. Remaides n° 24, juin 1997).
Pourtant, ce savoir reste clandestin, inaccessible et sélectif. Act Up-Paris a décidé de le rendre public.
En cas d'exposition au virus du sida :
Demandez au Directeur Général de la santé, Jean-François Girard, de vous expliquer pourquoi il continue d'opposer les bonnes et les mauvaises contaminations. Tél. 40 56 40 40. Fax. 01 40 56 40 56
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