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Communiqué
de presse du 22 mai 2000 : Un
outil indispensable pour aider les handicapés dans leurs démarches
Le cabinet de Dominique GILLOT, après 1 an, s'est enfin décidé
à rendre nationale la diffusion d'un document essentiel pour les malades
et les handicapés qui entreprennent une demande de prestation (Allocation
Adulte Handicapé, Carte d'Invalidité, Allocation Compensatrice
Tierce Personne, Reconnaissance Handicapé, etc.) auprès des COTOREP.
Le dossier de demande de telles prestations est en effet essentiellement constitué
d'un certificat médical que le médecin traitant doit remplir.
Face à un certificat. trop sommaire, les COTOREP s'empressent de rejeter
les demandes sans s'attarder davantage sur l'état de santé du
demandeur.
En janvier 1999, Act Up-Paris obtient de la COTOREP de Paris la diffusion d'une
notice d'information aux médecins traitants. Jointe à toutes les
demandes de prestation COTOREP, elle rappelle la nécessité de
remplir de façon exhaustive et détaillée les certificats
médicaux. Elle incite par exemple à préciser, pour chaque
déficience, son origine, son évolutivité, les traitements
pris et leurs répercussions sur la vie quotidienne. En annexe, figure
la liste des effets secondaires liés à un traitement anti-VIH,
que les médecins traitants négligent très souvent dans
la constitution des dossiers, alors qu'ils constituent un handicap important
chez les séropositifs sous traitement.
La diffusion de cette notice était jusqu'en mai 2000 confinée
à Paris. Suite aux pressions d'Act Up-Paris, le cabinet de Dominique
GILLOT a enfin décidé de joindre ce document à tous les
dossiers de demande COTOREP. Cette diffusion nationale va permettre à
tous les séropositifs et les handicapés qui entreprennent des
démarches auprès de cette administration de bénéficier
d'un outil qui améliorera le dialogue entre le malade et le médecin,
en incitant celui-ci à envisager toutes les répercussions d'un
handicap sur la vie quotidienne d'une personne. Les malades et les handicapés
ne doivent pas hésiter à recourir à cette notice pour obtenir
de leur médecin un certificat qui traduise réellement la gravité
de leur état et leurs besoins.
Ce document est un outil indispensable pour aider malades et handicapés
dans leurs démarches administratives. Il s'agit maintenant de s'assurer
qu'il sera bien diffusé partout en France, de façon permanente,
et qu'il sera régulièrement réactualisé, notamment
en prenant en compte les effets secondaires des traitements anti-VIH nouvellement
apparus, comme les troubles de la libido, les troubles cardiaques ou les problèmes
de masse osseuse qui conduisent à des ostéoporoses ou des ostéonécroses.
Communiqué
de Presse -18/05/2000
Les impératifs de Santé Publique exigent une information
exhaustive et transparente relative aux prix des médicaments.
ACT UP, HEALTH ACTION INTERNATIONAL (HAI), MEDECINS SANS FRONTIERES (MSF)
Genève, 18 mai 2000. Alors qu'aujourd'hui la 53ème Assemblée
Mondiale de la Santé (AMS) discute de la résolution (n EB105.Rl7)
" VIH/sida: faire face à l'épidémie " les partisans de
la Santé Publique demandent à l'AMS d'assurer l'accès à
des informations exhaustives sur le prix des médicaments efficaces contre
le VIH et les infections opportunistes pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Les Etats membres de l'AMS doivent aussi être informés des problématiques
administratives et légales liées aux règles du commerce
international, qui doivent être prises en compte pour assurer l'accès
à ces médicaments.
L'information sur les prix des génériques de qualité et
des médicaments sous brevet permet aux pays d'élaborer une politique
d'approvisionnement rationnelle. Les pays en développement pourraient
utiliser cet outil pour garder la maîtrise de leurs politiques de santé
publique.
Nous savons qu'à travers le monde le prix des médicaments est
considérablement réduit là où il existe une concurrence
avec les génériques. Néanmoins, il existe encore des barrières
légales et des principes régulateurs limitatifs concernant l'achat
et l'importation de médicaments. Ceux-ci doivent être levés.
" Ceci est l'Assemblée Mondiale de la Santé, et non l'assemblée
mondiale de la propriété intellectuelle,, a déclaré
Ellen Hoen, consultante Santé à MSF. " L'OMS et les pays membres
sont ici pour garantir que la santé des populations constitue bien la
priorité - et non les profits des entreprises -. Les Etats membres ont
besoin d'information sur les alternatives existantes pour garantir à
leur population les meilleurs soins. a-t-elle ajouté.
La disponibilité des données sur les prix donnera aux pays en
développement la possibilité d'acheter une plus grande quantité
de médicaments à des prix abordables et de sauver des vies. Ces
données garantiront que les choix en matière de traitements ne
seront pas réduits aux seules propositions de réductions tarifaires
limitées et conditionnelles qui dépendent de la générosité
des multinationales
La déclaration d'intention rendue publique la semaine dernière
par l'ONUSIDA et plusieurs multinationales pharmaceutiques dissimule le vrai
problème, a savoir que des solutions pérennes sont nécessaires
sur le plan international. Or cet accord n'encourage pas le transfert de technologie,
et n'incite pas non plus les pays à produire ou importer des médicaments
à bas prix, ce qui constitue pourtant un moyen légal essentiel
pour améliorer l'accès aux médicaments a long terme.
Les pays d'Afrique, les plus touchés, n'ont pas été impliqués
dans les discussions préparatoires sur la réduction des prix et
le partenariat entre organismes publics et privés. Les pays touchés
doivent être partie prenante dans ce processus pour trouver des solutions
viables à long terme.
Pour information, contactez à l'AMS
Lisa Hayes (HA I) 316 24 55 58 47
Samantha Bolton (MSF) 32 496 250 064
Gaëlle Krikorian et Asia Russell (ACT UP) (33) 06 09 17 70
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Communiqué de presse du 16 mai 2000 : Prostitution : Mme Jospin se spécialise !
Aujourd'hui, une trentaine de militants du PASTT, d'Act Up-Paris,
de Cabiria et du Bus des Femmes ont interrompu un colloque de l'UNESCO intitulé
Peuple de l'Abîme : la prostitution aujourd'hui ..
Cette réunion, qui rassemble les tenants d'un ordre moral totalement
éculé, affichera une fois de plus une méconnaissance et
un mépris inacceptables de la condition des travailleurs du sexe. Les
seuls témoignages prévus émaneront de l'historien Pierre
Chaunu et du philosophe André Comte-Sponville, qui ont probablement beaucoup
à nous apprendre de leur expérience du trottoir. Et, pour sauver
la mise, quelques prostitué(e)s ont été chargé(e)s
d'une rubrique qui parle d'elle-même un terrible constat .,. Mais de prostitué(e)s
défendent leur activité aucun(e)s.
La liste des soutiens et parrains de cette grand-messe du sexisme et de la répression
est tout aussi édifiante : J.P. Chevènement, M.G Buffet, N. Péry
pour le gouvernement. Et tout un ensemble d'intellectuel(le)s réputé(e)s
pour la " qualité " de leur " combat " en matière de discrimination
: Mme Jospin, X. Emmanuelli, M.C. Pauwels, J. De Romilly...
Alors que le mouvement abolitionniste a repris, partout en Europe, ses grandes
campagnes de chasse aux sorcières, il est inacceptable que puisse se
tenir un tel colloque qui, sous couvert de la défense de la .. dignité
humaine .., vient, une fois de plus, stigmatiser les travailleurs du sexe et
s'opposer au droit fondamental de disposer de son corps et de sa force de travail.
Il est grand temps qu'un débat s'ouvre aujourd'hui sur l'ineptie qui
consiste à confondre la prostitution qui est vente de services sexuels,
et l'esclavage ou le trafic des corps qui sont légalement condamnables.
L'Etat et l'Union Européenne feraient bien mieux de se préoccuper
de la précarité dans laquelle la vision misérabiliste,
morale et répressive de l'abolitionnisme place les travailleurs du sexe.
Plutôt que de cautionner ce type de manifestation moraliste et hygiéniste,
le gouvernement devrait oeuvrer à ce que les prostitué(e)s aient
de meilleures conditions de travail et une meilleure prise en charge sanitaire
et sociale, c'est à dire à ce qu'elles/ils puissent travailler
comme elles/ils l'entendent, et qu'elles/ils soient reconnu(e)s.
Contacts Presse
Act Up-Paris : Jérôme MARTIN 01 49 29 44 75
PASTT: Camille CABRAL: 01 53 24 15 39
CABIRIA : Martine SCHUTZ-SAMSON :04 78 30 02 65
AIDES Paris-Ile-de-France Brigitte TOUILLER : 01 44 52 00 00
Communiqué de presse du 12 mai 2000 : Tentative de diversion des labos : les malades ne sont pas dupes
Jeudi
11 mai, l'ONUSIDA a rendu public l'accord conclu entre les agences des Nations
Unies et 5 des plus grosses compagnies pharmaceutiques mondiales pour améliorer
la distribution à des prix abordables des traitements liés au
VIH/sida dans
les pays en développement ". Cette annonce n'est pas une surprise.
Elle intervient dans l'agenda politique au moment où la pression médiatique
contre les laboratoires est a son paroxysme, à quelques jours de l'Assemblée
Mondiale de la Santé et à moins de deux mois de la Conférence
Internationale de Durban. Il s'agit avant tout d'une tentative des laboratoires
pour gagner du temps et racheter leur image.
Que cette annonce soit faite le lendemain de la signature par le président
Clinton d'un décret censé faciliter le recours aux licences obligatoires
et aux importations parallèles pour les pays pauvres n'est pas une coïncidence.
Craignant un trop grand intérêt des pays pauvres pour les prix
avantageux des " génériqueurs " brésiliens, indiens ou
thaïlandais, les laboratoires veulent conserver le leadership sur la production
et la distribution et sont contraints de réagir.
Devant la mobilisation internationale contre les compagnies pharmaceutiques
et pour l'accès aux traitement dans les pays pauvres, cette déclaration
est un moindre mai pour l'industrie. Elle n'engage que quelques compagnies.
Abbott, Pharmacia & Upjohn, Dupont Pharma, Gilead qui produisent également
des antirétroviraux ne se sont pas associés au communiqué.
Pas plus que Pfizer qui persiste à vendre à des tarifs prohibitifs
son Diflucan (antifongique) dans les pays pauvres - ou tout autre compagnie
productrice de médicaments contre les infections opportunistes. En outre,
il ne s'agit que d'une annonce très floue. Aucune information fiable
n'a été transmise sur les futurs prix des médicaments.
Rien ne prouve qu'ils seront adaptés à la capacité de paiement
des pays. Aucun calendrier de la mise en exécution de cette opération
n'a été avancé. Personne ne sait à l'heure actuelle
qui seront les pays concernés. Ce qui motive aujourd'hui les compagnies
pharmaceutiques, c'est de rester maître du jeu et d'en fixer les règles.
Combien de personnes mourront d'ici à ce que les médicaments soient
enfin abordables pour les malades des pays pauvres ?Cette annonce ne doit pas
faire diversion et occulter les priorités actuelles
-Tant qu'ils ne pourront disposer de traitements à des prix suffisamment
bas, les pays pauvres doivent tirer le meilleur avantage possible des options
qu'offrent les accords internationaux (licences
obligatoires, importations parallèles).
- En Afrique francophone, les Etats doivent impérativement revoir la
proposition d'accord régional réglementant la propriété
intellectuelle qui doit être signé d'ici 2006 (accord de Bangui).
Cet accord sert avant tout le monopole des grosses compagnies détentrices
de brevets qui tentent de se soustraire à une éventuelle concurrence
avec les " génériqueurs ". En l'état, il soumet les pays
à des conditions beaucoup plus contraignantes que celles des accords
de l'OMC et représente une réelle menace pour les malades africains.
Notamment en interdisant l'achat de médicaments moins chers par importation
ou par production locale.
- La négociation avec l'industrie doit se faire à partir des besoins
des pays, non sur la base de
propositions concédées par les laboratoires.
- La concurrence doit servir la santé publique. Elle seule contraindra
les détenteurs de brevets à aligner leur prix sur ceux des " génériqueurs
".
Aujourd'hui, cette annonce prouve au moins une chose
: l'industrie ne peut maintenir impunément une logique commerciale meurtrière.
Les médicaments n e sont pas de simples biens de consommation. Les compagnies
ont une responsabilité vis-à-vis des populations qu'elles devront
assumer ; quelques soient leurs manoeuvres de diversion, les
malades entendent bien les y contraindra.
Contact presse Act Up-Paris : Gaëlle Krikorian tel 01 49 29 44 75
Communiqué de presse du 10 mai 2000 : Pfizer : la trique au Nord, la mort au Sud
Aujourd'hui
10 mai 2000, une trentaine de militants d'Act Up-Paris ont bloqué l'usine du
laboratoire Pfizer en Touraine. Cette action a pour but de dénoncer la politique
du laboratoire, responsable de la mort de milliers de malades du sida dans les
pays pauvres.
Le 13 mars 2000 Treatment Action Campaign (TAC), une coalition de malades du
sida sud africains, demandait officiellement à Pfizer de réduire drastiquement
le prix de son médicament, le fluconazole, ou de lui octroyer une licence volontaire
afin d'en produire à moindre coût une version générique.
En Afrique du Sud près de 4,5 millions de personnes sont contaminées par le
VIH, 100 000 malades meurent chaque année d'une affection associée au sida.
Le fluconazole (Diflucan® ou Triflucan®) est un médicament utilisé communément
pour traiter 2 infections opportunistes particulièrement répandues chez les
malades du sida : la méningite à cryptocoque et le muguet. En l'absence de traitement,
la survie est de moins d'un mois. Le fluconazole est vendu sous brevet en Afrique
du Sud au prix de gros d'environ 61,75 FF par capsule de 200 mg dans le secteur
privé et à environ 40,3 FF dans le secteur public. Le coût annuel d'achat du
médicament pour la prévention d'une méningite est lui d'au moins 21 670 FF,
par personne et par an -- sans compter le coût de la prise en charge médicale.
Ce prix est absolument hors de portée de la majorité des malades. Des versions
génériques du fluconazole sont disponibles en Inde à 8,13 FF et en Thaïlande
a 3,25 FF, ce qui représente 5 à 10% du prix de Pfizer en Afrique du Sud. Dans
ces pays les brevets de Pfizer ne sont pas respectés et le médicament est produit
par des fabricants de génériques. Il est cependant interdit pour les producteurs
de génériques de vendre leurs produits à l'étranger. Ainsi, à présent, il n'y
a pas de version générique du fluconazole disponible en Afrique du Sud, puisque
le traitement de Pfizer est toujours protégé par son brevet, la compagnie a
le monopole sur le marché.
Sous la pression internationale, le 3 avril, les laboratoires Pfizer annoncaient
qu'ils fourniraient gratuitement du Diflucan® à toutes les personnes malades
du sida en Afrique du Sud qui ne peuvent se le payer et sont atteintes d'une
méningite à cryptocoque. Cette réaction en témoigne : les compagnies pharmaceutiques
ne peuvent impunément continuer d'ignorer que leurs politiques tarifaires tuent.
En acceptant de donner leur produit, ils reconnaissent par la même leur responsabilité
dans la mort des malades non traités. Cette annonce prouve également que les
compagnies pharmaceutiques peuvent réduire considérablement leurs prix dans
les pays pauvres. Elles peuvent même donner leur produit gratuitement sans perte
de profit. En effet, Pfizer, de la même façon que toutes les compagnies pharmaceutiques
détentrices de brevets, dégage de considérables marges bénéficiaires à partir
du marché que constituent les pays riches (jusqu'à 95% du prix du médicament
sur certains produits). En 1999, le laboratoire a d'ailleurs gagné plus de 1,2
milliard de dollars US grâce aux ventes de Diflucan®. Une donation ponctuelle
n'est pas une solution globale et durable pour traiter les malades dans les
pays pauvres. C'est simplement le meilleur moyen de subordonner l'accès à un
traitement au bon vouloir d'une compagnie. Pfizer ne s'est d'ailleurs toujours
pas prononcé clairement sur le nombre de personnes qui seraient traitées en
Afrique du Sud, pour quelle durée et dans quelles conditions. Cette annonce
était avant tout une façon pour la compagnie de gagner du temps, d'échapper
à la pression internationale et d'éviter de poser les véritables problèmes.
Au Nicaragua, où il n'existe pas de fluconazole en générique, le seul traitement
disponible vendu par Pfizer coute 16$ par gelule de 150 mg. 300 000 malades
du sida dans ce pays n'ont pas accès au traitement, pourtant Pfizer n'a pas
hésité à refuser de le fournir. L'Ouganda qui a adressé une demande à Pfizer
n'a toujours pas reçu de réponse.
Les pays pauvres ont besoin de solutions plus durables et constructives que
de la charité ponctuelle du secteur privé. Ce que Pfizer nous a prouvé en annonçant
cette donation, c'est d'abord son cynisme et son refus de perdre le monopole
sur la vente et la distribution du fluconazole. Une fois de plus les profits
passent avant la vie des malades.
Pfizer doit s'engager publiquement à permettre un accès durable au fluconazole
pour les malades des pays pauvres En Afrique du Sud, mais aussi dans tous les
pays où cela est nécessaire, Pfizer doit réduire drastiquement ses prix et les
adapter aux ressources des pays ou accepter que des versions génériques soient
produites par les pays qui en ont besoin.
Communiqué de presse du 17/04/2000 : Dépistez votre stress oxydatif !
Réunion publique d'information d'Act Up-Paris : le mercredi 10 mai de 19h à 22h
Dépistez votre stress oxydatif !
Plusieurs stratégies permettent de pallier, avec plus ou moins d'efficacité, aux effets toxiques des traitements anti-VIH. L'usage de micro-nutriments (vitamines, minéraux, antioxydants, hormones, acides gras essentiels, oligo-éléments, acides aminés) peut-il contribuer à amoindrir ou à résorber certains effets secondaires ?
Nos invités s'efforceront de répondre à ces questions, en nous expliquant d'abord le mécanisme du "stress oxydatif" ainsi que les principales carences engendrées par le VIH ou les traitements ; un clinicien VIH témoignera ensuite de sa pratique de prescripteur ; puis nous aborderons les problèmes législatifs qui limitent la diffusion de ces produits en France, dont l'efficacité, à ce jour, n'est toujours pas établie de manière scientifique.
Avec le Dr Edeas (Antoine Béclère, spécialiste du stress oxydatif), le Dr Patrick Gelas (Hôtel Dieu, nutritionniste VIH), le Dr Olga Lopez (Salpétrière, clinicienne) et Frank Rodenbourg (Actions Traitements).
La 27éme réunion publique d'information d'Act Up-Paris aura lieu au Centre Wallonie Bruxelles - 46, rue Quincampoix - Métro : Châtelet Les Halles ou Rambuteau
Communiqué de presse 12/04/2000 : sida en Afrique : les gouvernements africains au pied du mur
La récente consultation internationale organisée par lOMS / ONUSIDA sur lemploi du cotrimoxazole en prévention des maladies opportunistes du VIH, qui réunissait à Harare du 29 au 31 mars experts, cliniciens, responsables politiques africains et activistes sest soldée par une victoire : après six mois de pression dAct Up-Paris sur lONUSIDA, des recommandations constructives ont enfin été émises : ce traitement doit faire partie, dans toute lAfrique, du minimum de soins accordé aux personnes atteintes par le VIH, dès lapparition des premiers symptômes de linfection.
A première vue, une telle recommandation pour laccès à un antibiotique de base, peu coûteux, couramment employé en Afrique pour soigner toutes sortes dinfections, et que les séropositifs dOccident ont consommé chaque jour pendant dix ans, na rien de révolutionnaire.
Le Bactrim® nest pas une panacée, à lère des antiviraux. Pourtant, lefficacité préventive de ce traitement reste largement méconnue, et inexploitée sur le continent africain.
Ces recommandations pourraient changer la donne : les gouvernements ne pourront plus se retrancher derrière dhypothétiques résistances des germes locaux à ce traitement pour ne rien faire;les médecins ne pourront plus arguer de leur impuissance pour justifier leur incapacité à annoncer les résultats du test de séropositivité à leurs patients et le recours au dépistage pourra être élargi sil est assorti dune prise en charge thérapeutique si minime soit-elle.Mais pour que ces recommandations soient appliquées sur le terrain, il ne suffira pas denvoyer aux prescripteurs la notice dutilisation.
Les responsables de programmes nationaux de lutte contre le sida doivent en faire leur cheval de bataille, et mobiliser leur ministère : laccès au dépistage anonyme et gratuit doit être renforcé ; la distribution pharmaceutique doit être améliorée ; les médecins doivent être formés et les populations informées.
Aucun centre de dépistage ne devrait désormais souvrir sans quun accès au cotrimoxazole ne soit systématiquement proposé à sa sortie. Aucun programme de réduction de la transmission du VIH de la mère à lenfant ne pourra plus laisser les mères sans soins après laccouchement, aucun programme de lutte contre la tuberculose ne devrait dorénavant laisser ses patients attendre sans recours la prochaine infection opportuniste.
Act Up-Paris exige que les gouvernements africains passent à laction. La balle est maintenant dans leur camps, et les personnes atteintes nattendront pas dix ans de plus avant quil leur soit proposé des soins décents; le cotrimoxazole est un premier pas indispensable mais insuffisant, qui ne masquera pas le besoin criant dantirétroviraux.
Communiqué de presse 7/042/000 : Pierre Fauchon, Laurent Fabius : tout va bien
Après le retour triomphal de Laurent Fabius au sein du gouvernement, cest au tour de lAssemblée Nationale dentériner le projet de loi proposé par le sénateur Pierre Fauchon.Visant à alléger la responsabilité des administrations en cas dhomicide ou de blessure involontaires, elle permettra ainsi aux conseillers ministériels de Georgina Dufoix, dEdmond Hervé et de Laurent Fabius déchapper au procès induit par la troisième instruction concernant laffaire du sang contaminé.
Act Up-Paris dénonce vivement ce projet de loi.
Dabord parce quil constitue un véritable déni de justice pour les personnes contaminées.Ensuite, parce quen limitant la notion de responsabilité au seul cas de transgression dun règlement, cette loi contribuera à protéger ceux qui, par bêtise ou par négligence, nauront pas mis en oeuvre les réglementations quils doivent produire.
La crise qua ouverte le
sida serait donc désormais terminée ? Tout va bien, nous dit-on;
lépidémie est sous contrôle... Mais lépidémie
nest pas finie. En déresponsabilisant les responsables sanitaires,
ce projet de loi ne fait que cautionner linertie générale
des pouvoirs publics face à lépidémie.
Et cest précisément cette inertie qui nous tue lentement.
Communiqué de presse 04/04/2000 : Une notice dinformation pour les usagers des COTOREP et leurs médecins traitants
En janvier 1999, Act Up-Paris a obtenu de la COTOREP (Commission Technique dOrientation et de Reclassement professionnel) du 75 une notice dinformation destinée aux médecins traitants qui remplissent les certificats de demande dune prestation pour personne handicapée (Allocation Adulte Handicapé, Allocation Compensatrice Tierce Personne, Reconnaissance Travailleur Handicapé, Carte dInvalidité, etc.).
Toute demande doit en effet être accompagnée dun certificat médical, le plus détaillé possible, indiquant lorigine, les symptômes et lévolution de chaque handicap qui justifie la prestation, mais aussi lensemble des répercussions sur la vie quotidienne. Un certificat mal rempli compromet les chances dobtenir rapidement une réponse favorable et prolonge les délais de traitement, en obligeant le demandeur à compléter par courrier ou par visite médicale son dossier, ou à faire un recours.
La notice dinformation diffusée dans le 75 est donc un document indispensable, qui incite les médecins à remplir de façon détaillée le certificat médical et améliore le dialogue malade-médecin. Le document contient en annexe la liste des effets secondaires dus à un traitement antirétroviral, effets encore trop souvent sous-estimés par les médecins traitants.
Depuis huit mois, nous demandons aux pouvoirs publics de rendre nationale la diffusion de ce document, qui intéresse non seulement les séropositifs de France, mais lensemble des personnes atteintes dun handicap. Nos demandes se sont heurtées à lindifférence du cabinet de Dominique GILLOT, et au responsable de la prise en charge des handicaps, Patrick RISSELIN. Visiblement, le cabinet ministériel se moque des difficultés rencontrées par les handicapés dans les administrations, puisquils refusent de prendre une mesure qui ne nécessite aucun moyen particulier et qui améliorerait la constitution dun dossier de demande COTOREP.
Cest pourquoi Act Up-Paris, pour compenser lindifférence des pouvoirs publics, entreprend la promotion et la diffusion de ce document auprès des associations, des CISIH et des réseaux Ville-Hôpital. Nous sollicitons par ailleurs le soutien des associations pour la diffusion massive et nationale de cette notice.
Act Up-Paris condamne lindifférence
de Dominique GILLOT et de Patrick RISSELIN vis-à-vis des handicapés
et exige la diffusion nationale de la notice dinformation aux médecins
traitants.
Communiqué de presse 27/03/2000 : Pharmacia & Upjohn : hors la loi.
Il y a plus dun mois, le laboratoire Pharmacia&Upjohn a cessé de produire la rifabutine. Aujourdhui, le marché mondial nest plus approvisionné et les pharmacies françaises - officines de ville ou pharmacies des hôpitaux - sont en rupture de stock.
La rifabutine (Ansatipine®) est une molécule incontournable pour beaucoup de patients séropositifs au VIH, notamment ceux en impasse thérapeutique (8000 en France, 50 000 en Europe), et cela pour deux raisons :
- il nexiste aucun autre traitement curatif pour les personnes atteintes dune tuberculose multirésistante ( lO.M.S. a dailleurs lancé une alerte mondiale après le constat dune propagation alarmante de cette forme de la tuberculose).
- pour le traitement préventif ou curatif des infections à MAC (Mycobacterium Avium Complex), les autres molécules disponibles présentent de fortes interactions avec certaines antiprotéases.
En France, lAFSSAPS a mis en place une ATU nominative pour un octroi en compassionnel dune " rifabutine bis ", molécule équivalente mais constituée de composants légèrement différents (ce qui résoudrait le problème dapprovisionnement en matières premières que rencontre le Laboratoire).
Pharmacia&Upjohn est cependant incapable den assurer le stock de réserve. Le laboratoire se contente de promettre sans preuve à lappui quil reprendra sa production de rifabutine à partir de septembre 2000.
Ces problèmes de production qui mettent en danger la vie de centaines de milliers de malades dans le monde, sont la conséquence dun désintérêt croissant du laboratoire pour les pathologies liées au VIH, et dune politique de réduction des sites de fabrication en vue doptimiser davantage les gains de productivité.
En effet, un seul site fabriquait la rifabutine sur les 3 théoriquement opérationnels (condition requise pour loctroi de lAutorisation de Mise sur le Marché dun médicament).
Selon le cahier des charges de leur AMM, Pharmacia&Upjohn est hors la loi. Les pouvoirs publics ont le devoir de sanctionner le laboratoire Pharmacia&Upjohn.
Act Up-Paris exige du gouvernement
français quil mette en application lArticle L.613-16 du code
de la propriété intellectuelle, lui permettant de disposer du
brevet dun médicament, à un laboratoire, lorsquil
produit ce médicament en quantité insuffisante ou a un prix anormalement
élevé.
Le gouvernement français doit confier cette licence à dautres
laboratoires pour que la rifabutine soit fabriquée en générique.
Communiqué de presse 21/03/2000 : Traitement préventif du sida en Afrique : l'ONUSIDA au pied du mur.
Du 29 au 31 mars 2000, se tiendra à Hararé (Zimbabwe) une consultation internationale sur l'utilisation du cotrimoxazole (Bactrim) en prévention des infections opportunistes du VIH. A l'issue de cette rencontre organisée sous l'égide de l'ONUSIDA et de l'OMS, des recommandations pour améliorer l'accès à ce traitement essentiel sur tout le continent africain devraient être publiées.
Ce meeting qui réunira chercheurs, médecins, activistes et politiques africains sera un test capital, qui peut et doit faire l'actualité de la lutte contre le sida : les organismes internationaux sont-ils prêts à impulser la mise à disposition massive de traitements préventifs, à l'échelle du continent ?
L'ONUSIDA va-t-elle, au contraire, se cacher derrière les scientifiques pour demander une fois de plus un supplément d'enquête ?
En l'absence de programmes conséquents pour l'accès aux antiviraux, le cotrimoxazole est encore le produit le plus efficace pour lutter contre les bactéries et parasites qui déciment les personnes atteintes. Mais ce traitement antibiotique simple, peu coûteux et relativement disponible, n'a pas non plus mobilisé les gouvernements ou les bailleurs.
Aucune vraie stratégie n'a été mise en place pour assurer sa prescription systématique dans de bonnes conditions. Résultat : les médecins d'Afrique connaissent mal son efficacité préventive et le prescrivent très rarement à leurs patients. Des rumeurs infondées circulent sur les limites de son efficacité et la gravité de ces effets secondaires.
Un luxe de mises en gardes et de recherches préliminaires à l'éthique douteuse a retardé et interdit la mise en place d'une prévention basée sur l'usage quotidien de ces traitements antibiotiques - dont les pays occidentaux bénéficient pourtant depuis longtemps.
Le scandale n'est pas nouveau : il y a deux ans déjà, l'Agence française de Recherche sur le Sida était contrainte d'interrompre avant terme un essai sur l'efficacité du cotrimoxazole (comparée à celle d'un placebo !) tant il devenait évident qu'une telle recherche, au coût humain exorbitant, ne ferait que confirmer ce que l'on savait déjà : le cotrimoxazole est efficace, sauf chez ceux qui n'en prennent pas. L'essai - mené en Côte d'Ivoire - a débouché sur un consensus national : ce traitement doit être administré à tous les séropositifs dès l'apparition des premiers symptômes de l'infection ! A Harare, il sera sans doute question d'ergoter sur les spécificités régionales de la flore bactérienne afin de mesurer l'applicabilité des résultats ivoiriens aux autres pays
Act Up l'affirme clairement :
nous en savons assez sur le plan scientifique.
Le passage de la recherche aux actes n'est pas aujourd'hui affaire d'expertise,
mais suppose un engagement des institutions internationales qui en ont la charge,
et des décisions politiques de la part des gouvernements africains.
En organisant la consultation d'Hararé, l'ONUSIDA se place elle-même
devant une alternative.
Soit cette instance joue son rôle, et publie une résolution où
les contributions scientifiques s'inscrivent dans un programme précis
et global de dispensation des traitements préventifs.
Soit elle ne promulgue que de vagues conseils, tire excuse de ce qu'il faudrait
encore apprendre, laisse aux gouvernements nationaux le soin d'envisager ce
qu'il convient de faire. On pourra alors sérieusement se poser la question
de l'utilité de cette institution.
Act Up-Paris sera présent à Hararé, et ne se privera pas
d'en tirer les conclusions qui s'imposent.
Aujourdhui, 13 mars 2000, Treatment Action Campaign (TAC), une coalition de malades du sida sud africains, demande officiellement à Pfizer de réduire drastiquement le prix de son médicament, le fluconazole, ou de lui octroyer un licence volontaire afin den produire à moindre coût une version générique.
En Afrique du Sud près de 4,5 millions de personnes sont contaminées par le VIH. Près de 100 000 malades meurent chaque année.Le fluconazole (Diflucan® ou Triflucan®) est un médicament utilisé communément pour traiter la méningite à cryptocoque, particulièrement répandue chez les malades du sida.
En labsence de traitement la survie est de moins dun mois (source ONUSIDA). " Le diagnostic est facile à réaliser.
Cependant, le traitement (...) et la prophylaxie sont souvent impossibles dans les pays en développement du fait du coût élevé et de la disponibilité limitée du médicament " (ONUSIDA, Octobre 1998).
Actuellement, il ny a pas de générique du fluconazole disponible en Afrique du Sud puisque, ce médicament étant toujours sous licence, Pfizer en détient le monopole. Le traitement quotidien de la méningite par fluconazole revient à environ 117 FF par malade.
Le coût annuel dachat du médicament pour la prévention dune méningite est lui dau moins 20 000 ZAR, soit 21 670 FF (source MSF), par personne et par an sans compter le coût de la prise en charge médicale. Ce prix est absolument hors de portée de la majorité des malades.
Cependant le coût réel du fluconazole est bien en deça des prix pratiqués par Pfizer.
En Thaïlande et en Inde, des compagnies productrices de génériques vendent ce même médicament 10 ou 20 fois moins cher Pfizer na pas obtenu de licence de production pour le fluconazole dans ces deux pays. A ces prix des milliers de patients pourraient être traités.
Mais le fluconazole nest quun exemple de lutilisation abusive des licences par les compagnies pharmaceutiques.
Le débat autour des accords de lOMC et des licences obligatoires qui agite lopinion publique depuis plus dun an a permis de mettre en évidence un certain nombre de faits :
Cest pourquoi Act Up-Paris, exige :
Laction des TAC est soutenue par Act Up en France comme aux Etats Unis, ainsi que par MSF partout dans le monde.
Communiqué de presse 14/02/00 : Ostéoporose, Ostéonécrose : lenquête dAct Up-Paris.
Aujourdhui, la panoplie des effets secondaires due aux antirétroviraux, qui affectent les malades du sida, sélargit.
En plus des troubles du métabolisme des graisses (lipodystrophie, lipoatrophie, etc.), de la toxicité mitochondriale, des neuropathies périphériques, des troubles du système nerveux central, nous sommes confrontés aux maladies des os (ostéoporose, ostéonécrose).
Suite à la 6ème conférence de Chicago sur les Rétrovirus (février 99), Act Up-Paris a entrepris de collecter des informations sur les patients séropositifs souffrant de manifestations atypiques dostéoporose et dostéonécrose et ne présentant, par ailleurs, aucun des facteurs à risques propres à ces pathologies.
Cette recherche a été menée auprès de plusieurs structures hospitalières.
A ce jour, les services contactés font état dun nombre inquiétant de cas dostéonécrose, majoritairement de la tête fémorale. Cette enquête est corrélée par deux abstracts publiés fin janvier 2000 à la conférence sur les rétrovirus de San Francisco.
Aucune étude na été menée en France, alors que nous sommes 80000 séropositifs traités dont plus de 70% souffrent deffets secondaires à court, moyen et long terme.
Nous avons été dans lobligation de mener nous-mêmes cette enquête, lensemble des structures en charge du suivi de pharmacovigilance (ANRS, AFSSAPS et DGS) ne prenant pas en compte cette nouvelle chez les personnes séropositives, malgré les publications déjà existantes.
Ce qui montre, dune part, les insuffisances de la pharmacovigilance pour une épidémie qui reste mortelle et que dautre part, les effets secondaires ne sont pas correctement étudiés, ni suivis par les structures créées pour faire avancer la recherche contre le sida.
Act Up-Paris exige que la Direction Générale de la Santé prenne rapidement les dispositions suivantes :
Pour tout renseignement complémentaire, contacter Younès Mezziane, coordinateur de la commission Traitements et Recherche dAct Up-Paris, au 01 49 29 44 75 ou par mail acttrait@actupp.org
Communiqué de presse 11/02/00 : la prison nous tue
Aujourdhui, 40 militants dAct Up-Paris, AC!, le PASTT et de lOIP ont mené une action contre lAdministration Pénitentiaire, rue du Renard (4ème arrdt) afin de dénoncer les conditions dincarcération des personnes séropositives et malades du sida. Les militants ont manifesté pendant presque une heure aux cris de " séropos incarcérés, séropos assassinés " ,
" Assez de lamentations : en prison, nous mourrons " et " Guigou : moins de paroles, des actes ". Quelques imagesÀ lheure actuelle, létat sanitaire des prisons nest pas compatible avec lasepsie et lhygiène nécessaire à tout soin.
La prison nous refuse le droit de choisir notre équipe médicale. Elle nous accorde au mieux trois douches hebdomadaires.
Elle nous impose un rythme qui ne correspondent pas à la prise en charge de nos pathologies.
Elle favorise le développement de maladies opportunistes. Les besoins spécifiques au sida sont les mêmes en prison, Mais les compléments nutritionnels, vitamines, produits dhygiène... y sont rares et chers.
On ne nous soigne pas en prison. Au mieux nous sommes traités, au pire nous y devenons plus malades. Régulièrement on est gracié à la veille de mourir.
Etre soigné lorsquon a contracté le VIH ou le virus de lhépatite C ne consiste pas seulement à prendre des traitements et à rencontrer un médecin compétent.
Une politique de santé ne peut se limiter à loctroi de médicaments.
Par ailleurs le secret médical est régulièrement violé en prison, du fait de la promiscuité, ou de la coopération des personnels médicaux avec le personnel pénitentiaire.
De la même manière, la situation sociale des détenus est incompatible avec toute pathologie grave. Pendant la période dincarcération les minima sociaux sont considérablement réduits. Et Madame Vergiat, référent minima sociaux auprès de Martine Aubry, déclare "Il ne peut pas y avoir de revenu minimum dinsertion en prison, parce quil ny a pas de logique dinsertion en prison ". De son côté, Madame Viallet, directrice de lAdministration Pénitentiaire, déclare "Cest tout de même une chance pour des personnes qui ont un niveau de qualification très bas, voire pas de qualification du tout dêtre payées 17 F de lheure",!
Légalité des soins à lintérieur et à lextérieur de la prison, comme stipulé par la loi de janvier 1994, est directement liée à laccès à un revenu pour les détenus.Nous refusons cette double peine : PRISON + MALADIE.
Act Up-Paris exige immédiatement :
La sortie de louvrage du Docteur Vasseur, médecin chef de lUCSA (Unité de Soin et de Consultation Ambulatoire) de la prison de la Santé, aura permis à lopinion publique de se faire une idée des conditions réelles de détention. Pourtant, si, à Act Up-Paris, nous navons jamais cessé de critiquer lAdministration Pénitentiaire pour les conditions de vie quelle impose aux personnes séropositives et malades incarcérées, nous savons aussi quelle nest pas seule responsable. Car il existe une instance habilitée à surveiller et résoudre les problèmes dhygiène et de soin posés par la détention : lInspection Générale aux Affaires Sanitaires. Qui ne fait rien.
LIGAS intervient dans les établissements pénitentiaires de deux façons : lors de la visite annuelle obligatoire, mais aussi lorsquelle se retrouve saisie sur un problème sanitaire précis. Mais les conditions de détention stagnent misérablement. Act Up-Paris ne peut plus tolérer que les instances sanitaires censées exercer un contrôle sur les prisons ne remplissent pas leur mission, et que les détenus continuent à payer au prix fort cette incapacité. La complaisance des rapports des médecins inspecteurs de lIGAS lors de leur visite annuelle nous exaspère. Le mépris de lIGAS envers les détenu(e)s - puisque les médecins inspecteurs ne sont pas tenus de rencontrer les personnes qui les sollicitent - est scandaleux. Le silence dans lequel les dossiers sont classés trahit seulement le désintérêt de lIGAS envers les personnes incarcérées. Et pourtant, lIGAS est tenue de savoir quen prison plus quailleurs, notre mot dordre est dune actualité aiguë : Silence = Mort.
Lincompétence de lIGAS na dégale que son inertie : cest pourquoi Act Up-Paris investit ses locaux. Nous ne supportons plus lopacité dun système de contrôle coupable, qui ne rend aucun compte aux personnes incarcérées, et ne sert quà pérenniser des conditions de détention pathogènes.
Cest pourquoi Act Up-Paris exige que :
A loccasion de la sortie du livre Médecin chef à la prison de la Santé du docteur Vasseur, ladministration pénitentiaire sest empressée dorganiser une journée "portes ouvertes" où elle a convié la presse à filmer en toute liberté la prison de la Santé (mais non les détenus). Act Up-Paris ne peut que se réjouir quenfin un médecin rompe le silence qui entoure le système de soins et les conditions de détention dans les prisons françaises.
Act Up-Paris na jamais eu de cesse de dénoncer les conditions daccès aux soins des détenus séropositifs ou malades du sida. Si ce qui est dit par Madame Vasseur est valable pour la Maison darrêt de la Santé, il serait souhaitable que dautres médecins, surveillants, intervenants extérieurs, disent également ce qui se passe dans dautres prisons.
Qui parle des détenus séropositifs dont létat de santé est incompatible avec la détention ?
Qui dénonce lincompatibilité des tri thérapies avec les horaires des repas et de travail, pour ceux qui peuvent travailler pour quelques francs.
Sans parler de la qualité de la nourriture, de la cherté des compléments nutritionnels ou de lachat de produits frais dont les séropositifs ont besoin.
Sans oublier les produits dhygiène de première nécessité renouvelés au bon gré de ladministration pénitentiaire, les 3 douches par semaine réglementaires qui ne sont pas appliquées dans tous les établissements pénitentiaires.
Comment peut-on vivre sa maladie dignement dans la promiscuité des cellules lorsque lon a des diarrhées et que lon doit faire ses besoins au vu de ses codétenus ?
Qui parle de lHôpital Carcéral de Fresnes où les pratiques médicales et pénitentiaires se confondent au détriment des détenus hospitalisés ?
Qui parle de la réforme nécessaire des grâces médicales pour les personnes en fin de vie ou atteintes de pathologies graves ?
Qui parle des problèmes des usagers de drogues qui reçoivent un traitement de substitution selon le bon vouloir du médecin ?
Aujourdhui, ladministration pénitentiaire assure mettre tout en uvre pour une amélioration des conditions de vies de détenus.
Pourtant, nous savons quau quotidien les améliorations sont inexistantes. Aujourdhui encore, la confidentialité des dossiers médicaux est bafouée par les membres de ladministration ; de nombreux détenus séropositifs sont stigmatisés ; les violences et brimades sont courantes. La loi de 1994 a certes amélioré la dispensation des soins en prison. Elle na pourtant pas permis de changer profondément les conditions de détention.
Le docteur Vasseur a dénoncé
des conditions de vie indignes et pourtant réelles. LAdministration
Pénitentiaire a beau jeu de réfuter ce témoignage, sa gêne
laisse entrevoir la réalité des faits.
Le docteur Vasseur parle, et dautres parleront peut-être. Mais quand
les détenus pourront-ils eux-mêmes témoigner et surtout
être entendus ?
Communiqué de presse 13/01/00 : Nous sommes vivantes et belles
Aujourdhui, la plupart des femmes séropositives vivent encore leur sida dans le secret, comme une maladie honteuse. Beaucoup dautres ne sont pas dépistées, à cause du silence et de la peur qui entourent toujours la maladie. La honte, le rejet et lopprobre sont loin davoir disparu. On nous a dit " coupables " de vagabondage sexuel. On nous a dit " victimes " de partenaires inconscients. Deux versants dun même discours : autant dire quaujourdhui encore, la vie sexuelle des femmes a difficilement droit de cité. Les pouvoirs publics reculent devant leurs responsabilités et négligent les campagnes de prévention. Les préservatifs féminins sont quasiment introuvables. La recherche sur les gels virucides stagne, faute de moyens suffisants. Cest à cause de ces attitudes que lépidémie continue de progresser. Il y aujourdhui 13 contaminations par jour en France, dont au moins la moitié de femmes.
Tout cela nous exaspère. Nous ne sommes ni coupables ni victimes. Nous sommes simplement des femmes contaminées qui, grâce à lavancée des traitements, sommes en bonne santé pour la majorité dentre nous, et sans doute pour longtemps. Nous sommes vivantes et belles. Nous avons le droit de vivre au même titre que toutes les autres femmes. Nous en avons assez de rester à la porte dessais thérapeutiques plus accessibles aux hommes quaux femmes. De peiner à voir prendre en compte les problèmes spécifiques (gynécologiques, notamment) que nous pose le VIH. Dentendre discourir sur notre compte, de loin et sur un ton gêné.
Ce que les pédés ont réussi à conquérir, en partie au travers de la lutte contre le sida la fierté dêtre gay ou lesbienne, la fierté dêtre ce quon est, la possibilité de " sortir du placard " nous avons encore à le conquérir. Cette épidémie nous a conduits à demander la reconnaissance des droits des homosexuels. Elle nous a conduits à contester les lois sur les drogues ou sur limmigration. Elle nous demande aussi de réinventer le féminisme.
Nous, femmes séropos, ne nous en sortirons, comme les autres minorités
avant nous, quen nous affichant. En brisant le silence. En refusant de
laisser les autres parler à notre place. En revendiquant les droits qui
sont les nôtres : celui de vivre, de travailler, de séduire, dêtre
aimées, davoir une sexualité libre et heureuse, sans être
obligées pour cela de cacher notre statut sérologique. Nous aimons
vivre, et nous navons pas lintention de nous en priver.
Manifestation 15 janvier 2000 14H30 - Place de la Bastille
Communiqué de presse 7/01/2000 : Un malade assigné à résidence entame une grève de la faim
communiqué de presse 10/01/2000Un malade assigné à résidence entame une grève de la faim Youssef M., né au Maroc et vivant en France depuis son plus jeune âge, co-infecté par le VIH et le VHC, est assigné à résidence à Paris depuis plus de 30 mois, suite à une peine de 10 ans et six mois de prison.
Inexpulsable du fait de ses pathologies, mais pourtant sous le coup d'une Interdiction du Territoire Français liée à sa condamnation (ce que l'on appelle la double peine), il est depuis l'été 97 enfermé dans les limites de la ville, et surtout privé de tout titre de séjour par la Préfecture de Police de Paris, alors même que le Ministère de lIntérieur sest prononcé à quatre reprises pour lattribution dune autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail.
Sans-papiers officiel et malade, sa survie depuis trente mois dépend entièrement des dispositifs caritatifs, du logement jusqu'à la nourriture, puisqu'il na ni le droit de travailler, ni la possibilité d'obtenir le RMI ou l'Allocation Adulte Handicapé. Dans le grand cafouillage de la mise en place de la Couverture Maladie Universelle, il est actuellement dépourvu de couverture santé, son aide médicale ayant pris fin le 31 décembre dernier.
Youssef est pris en otage par les décisions contradictoires du Ministère et de la Préfecture. Celle-ci le convoque régulièrement pour des "examens de situation" qui reconduisent systématiquement sa situation invivable. Bien que nous désapprouvions pour dévidentes raisons de santé les grèves de la faim de malades, Youssef, usé moralement et physiquement, a contre notre avis entamé depuis mercredi dernier une grève de la faim et arrêté de prendre son traitement.
Act Up-Paris tient le Ministère
de lIntérieur et la Préfecture de Police de Paris pour responsables
des conséquences du geste de désespoir de Youssef M.
Lassignation à résidence est une entrave inacceptable à
la liberté des personnes, un véritable bannissement intérieur.
Aggravée par la privation de tout titre de séjour, elle condamne
des malades à survivre dans des conditions insupportables. Parce que
tous les malades doivent avoir accès au revenu et être libres de
se faire soigner où ils veulent, Act Up-Paris revendique la suppression
de lassignation à résidence et de la double peine, et la
régularisation de tous les sans-papiers.
Act Up-Paris exige du Ministère de lIntérieur et de la Préfecture
de Police de Paris, que la situation de Youssef M. soit régularisée
dans les plus brefs délais.
Act Up-Paris:
©Act Up-Paris, 04/00.