Hugues Berbain, conseiller technique chargé de l’administration pénitentiaire, et Jean Luc Blouet, conseiller technique sur les questions de société et les études législatives, n’ont pas hésité pas à afficher l’incompétence du ministre, en affirmant n’avoir aucune donnée au sujet des personnes détenues malades. Depuis, le ministère continue de nous mentir en prétendant être toujours à la recherche de ces données.
Pendant ce temps, dans la presse, Dominique Perben confiait pourtant d’autres chiffres : 2 no-nagénaires, 39 octogénaires et 369 septuagénaires sont actuellement incarcérés. Interrogé sur la surpopulation carcérale accélérée par la politique de criminalisation, Dominique Perben s’est enorgueilli de son programme « immobilier » sur 5 ans avec construction et rénovation de 11 000 places ; rien sur les suspensions de peines, les grâces médicales, les libertés conditionnelles. Le seul objectif du ministre et du gouvernement semble être l’enfermement dans des prisons pourtant qualifiées « d’humiliation pour la République » par un rapport sénatorial déjà vieux de deux ans. Nous sommes loin des propos rassurants de Pierre Bédier, secrétaire d’état au programme immobilier pénitentiaire, trouvant « convenable » et « moins pire » qu’il ne le craignait les centres de détention lyonnais.
Pourtant, rappelons-le : aujourd’hui, en France, la prison tue. À l’hôpital pénitentiaire de Fresnes, six détenus sont mourants et 20 sont déjà morts depuis le début de cette année. Sans revenir sur un taux de suicide particulièrement alarmant (104 suicides en 2001), il est de la responsabilité de l’Etat de faire sortir sans délai touTEs les malades souffrant de pathologies graves. L’indifférence de Dominique Perben vis-à-vis des malades incarcéréEs n’est pas simplement une marque d’incompétence, elle condamne ces personnes à mort.
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